Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 15:48

Christine lagarde

Tollé général après les propos tenus par Christine Lagarde sur la Grèce, ce week-end. L'économiste Jacques Sapir démontre que les Grecs payent davantage leurs impôts que ce qui est raconté et que c'est l'investissement et les taux d'intérêt sur la dette qui asphyxient le pays. 

 

M adame Christine Lagarde, ci-devant responsable du FMI et ancienne ministre des Finances de la République française, est décidément fâchée avec les chiffres. Elle a une excuse, elle n’est pas la seule ! En effet, contrairement aux idées reçues, et à ce qu’affirment tant les dirigeants allemands que Mme Christine Lagarde, les impôts représentent une part non négligeable de la richesse intérieure grecque. Il est donc parfaitement faux de dire que les Grecs ne payent pas d’impôts, même si on peut supposer que l’assiette fiscale est injuste et mal répartie et que certains contribuables fraudent de manière conséquente. 

Importance des prélèvements fiscaux en Grèce

  2007 2008 2009 2010 2011
Part des recettes en % du PIB 40,8% 40,7% 38,2% 39,7% 40,9%
Montant brut des recettes en milliards d'euros 90,91 94,83 88,60 90,25 88,07
Charge des intérêts en milliards d'euros   11,94 11,92 13,19 15,03
Intérêts en pourcentage du PIB   5,1% 5,1% 5,8% 6,99%
Déficit budgétaire en % du PIB   -9,8% -15,6% -10,3% -9,1%
Déficit hors charge des intérêts   -4,7% -10,5% -4,5% -2,1%


Source : ELSTAT (Hellenical Statistical Authority), Fiscal data for the years 2008-2011 et Fiscal data for the years 2007-2010, Press release, 23 avril 2012 et 17 octobre 2011, Athènes. 

Si l’on fait exception de l’année 2009 où il y a eu, effectivement, une importante dérive des comptes publics dans l’année électorale, on voit qu'une part majeure, et en 2011 absolument décisive, du déficit budgétaire grec est provoqué par la charge des intérêts de la dette. Plutôt que de chercher à culpabiliser la population grecque, Madame Lagarde ferait mieux de s’attaquer aux effets des intérêts de la dette.
D’ailleurs, la contraction rapide du PIB, provoquée par le mémorandum qu’elle défend avec autant d’obstination que de mauvaise fois, joue elle aussi un rôle très néfaste dans l’aggravation de la situation économique de la Grèce. Les politiques d’austérité mises en œuvre depuis le début de 2010 ont en effet provoqué une contraction importante du PIB qui a accru le poids nominal de la dette et par là même le poids des intérêts. Pire encore, ces politiques ont provoqué un effondrement de l’investissement productif, ce qui empêche l’économie grecque de retrouver un dynamisme et une compétitivité mise à mal dans les années précédentes. 

Impact de la crise sur les investissements

  2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011

Montant des investissements

en milliards d'Euros (à prix constants)

39,380 40,307 38,205 48,198 52,182 49,873 43,753 37,519 29,935
Investissements en % du PIB 25,3% 24,8% 23,4% 28,1% 29,4% 28,00% 25% 22,8% 19,9%

 

Source : ELSTAT, base de données sur la Formation brute de capital fxe

 

Pourtant, on constate un frémissement du commerce extérieur de la Grèce. La baisse autoritaire des salaires et le compression de la demande ont provoqué un accroissement des exportations et une baisse des importations.

 

Mouvements de la balance commerciale grecque

    2007 2008 2009 2010 2011
Exports en % du PIB 26,8% 27,5% 21,5% 24,4% 27,3%
Imports en % du PIB 42,2% 43,8% 34,2% 34,4% 35,7
Balance commerciale en % du PIB -15,4% -16,4% -12,7% -10,1% -8,5%

 

Source ELSAT, base de données du commerce international

Ceci montre que l’élasticité des exportations aux coûts internes est très forte contrairement à ce qui est affirmé tant hors de Grèce (par Patrick Artus de Natixis par exemple) que parfois même en Grèce. En cas d’une sortie de l’Euro, une importante dévaluation serait très probablement en mesure de rétablir l’équilibre de la balance commerciale. Cette dévaluation pourrait faire baisser les importations de 4% à 5% (en partie par une substitution des produits locaux aux produits importés) tandis que les exportations pourraient continuer de progresser de 4% à 5%.
On voit bien alors que la situation de la Grèce est loin d’être sans issue. Au sein de l’Euro, si la Troïka (et le FMI) acceptait de sacrifier les intérêts de la dette pendant une période de 5 années et se mettait d’accord sur un plan d’investissement à hauteur de 15 milliards d’euros par an, il est parfaitement concevable que la Grèce puisse récupérer de son déficit de compétitivité. Hors de l’Euro, si la Grèce se décide à répudier sa dette, et décide de financer son déficit résiduel (2% du PIB) par des avances de la Banque Centrale, elle ne devrait pas connaître de mouvements inflationnistes excessifs, et la dévaluation de la Drachme est à même de reconstituer la compétitivité externe du pays. 
Il convient donc de soutenir ceux qui en Grèce exigent une renégociation du Mémorandum visant à la fois un allègement des charges d’intérêts et des investissements dans l’économie grecque comme préalable à tout nouvel effort. Mais il convient aussi de garder en mémoire qu’une politique de rupture, une répudiation de la dette et une dévaluation de 50%, est parfaitement possible pour la Grèce si les négociations devaient échouer.

 

C'est Christine Lagarde qui ne paie pas d'impôts

Voilà qui ne devrait pas arranger les affaires de Christine Lagarde. Quelques jours après qu'elle a provoqué un véritable tollé en conseillant aux Grecs, dans un entretien au quotidien britannique The Guardian, vendredi 25 mai, de "s'entraider mutuellement" en "payant tous leurs impôts" - l'obligeant à s'expliquer sur sa page Facebook -, plusieurs internautes ont rappelé, lundi 28 mai, que la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) ne paie elle-même pas d'impôt sur le revenu, malgré un salaire annuel de 380 939 euros. 
Comme l'indiquait le site Tout sur les impôts en juillet 2011, la directrice générale du FMI bénéficie en effet d'un statut fiscal spécifique en qualité de fonctionnaire internationale. Tous ses revenus et traitements issus du Fonds ne sont pas imposables. Cette situation est définie par les articles 34 et 38 de la convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques (voir le traité en PDF), qui affirment que "l'agent diplomatique est exempt de tous impôts et taxes, personnels ou réels nationaux, régionaux ou communaux". Il est toutefois redevable de certains impôts sur "les biens immeubles privés situés sur le territoire de l'Etat accréditaire" ou encore sur les "services particuliers" (la liste complète est disponible sur le site de France diplomatie).

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Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 17:21

La CGT remettra mardi au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, une liste destinée au ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, de 46 entreprises en redressement ou en liquidation, soit près de 45.000 emplois menacés en France.

carte-emplois pics 390 Ce recensement "des plans sociaux, redressements et liquidations" effectué par les fédérations CGT, dont fait état dimanche Le Journal du Dimanche, "montre que ce que l'on avait craint - c'est-à-dire qu'il y avait des consignes pour ne pas annoncer de plans sociaux avant la présidentielle - se vérifie", a souligné Mohamed Oussedik, en charge de l'industrie à la CGT. La CGT doit être reçue mardi par le Premier ministre, qui a convié successivement tout au long de la journée les leaders des syndicats et du patronat pour fixer l'agenda des réformes sociales. La centrale enverra ensuite au ministre du Redressement productif cette liste, ainsi que ses propositions pour l'emploi, a précisé M. Oussedik.


La liste "intègre des PME, mais elle n'est pas exhaustive", relève le secrétaire confédéral, alors que les procédures de sauvegarde prononcées par les tribunaux (redressement ou liquidation) concernent traditionnellement dans leur très grande majorité les micro-entreprises de moins de 10 salariés. Elle "ne prend pas en compte aussi les 35.000 emplois perdus dans le BTP sous forme de départs volontaires et ruptures conventionnelles", précise le secrétaire confédéral en insistant sur cette forme "déguisée" de licenciements que représentent selon lui les ruptures conventionnelles (12% des sorties de CDI, selon les chiffres officiels, le double des licenciements économiques).
Arnaud Montebourg, qui retrouvera dans cette liste un grand nombre d'entreprises aux difficultés connues (PSA, Petroplus, Carrefour, Arcelor, EON Francve, etc.), planche sur un "plan de reconquête industrielle" qu'il soumettra à Jean-Marc Ayrault "dans les semaines qui viennent", a-t-il annoncé samedi à l'AFP. La CGT lui fera notamment des propositions pour multiplier par cinq les financements du chômage partiel, renforcer les droits des salariés dans les conseils d'administration, mettre en place un "droit de préemption" à la reprise d'entreprises en difficulté et restructurer l'appareil industriel pour répondre au plan de transition énergétique promis par le président François Hollande.

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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 12:12

sebastien-guenneau-et-stefan-enoch-assurent-pouvoir-devier-

Sébastien Guenneau et Stefan Enoch assurent pouvoir dévier les ondes d’une vague de tsunami. Du moins, de manière conceptuelle.
Des chercheurs internationaux présentaient mercredi dans un colloque au CNRS les avancées de la science en matière d’invisibilité et les applications pratiques qui en découlent. Par Marine Ditta 

Ils ne travaillent pas à Poudlard mais au CNRS, et utilisent la science plutôt que la magie. Leur Harry Potter ? Sébastien Guenneau, ce chargé de recherche parvenu à mettre au point un prototype de détournement des ondes sismiques et des vagues en faisant tout bonnement « disparaître » la zone à protéger. Tout est parti d’une expérience en laboratoire : «En perforant de manière concentrique une plaque de plexiglas et en la faisant vibrer, on s’est rendu compte que les ondes ne se diffusaient pas partout mais passaient de trou en trou en épargnant la zone centrale, sans pour autant être diffractées», expliquait Guenneau mercredi pour présenter son projet. La zone épargnée serait donc en quelque sorte ignorée par les ondes, comme si elle n’existait pas.

Protéger les zones à risques. Le test s’est révélé assez concluant pour qu’une expérience à grande échelle soit envisagée à Grenoble le mois prochain. L’entreprise de BTP Vinci s’est associée à ce projet gigantesque : creuser des colonnes de 30 mètres de profondeur pour un mètre de diamètre sur un terrain de 5000 m², puis provoquer un microséisme en larguant une cloche de 30 tonnes du haut d’une grue, et observer si la diffusion des ondes est conforme aux prévisions et contourne la zone préétablie. Une expérience analogue est également en cours d’élaboration concernant les tsunamis, qui consisterait à ériger des pylônes au fond de la mer selon le même schéma, afin de dévier les vagues. 
Si la pratique vient confirmer la théorie, le projet risque de faire des émules. Le scientifique a d’ailleurs déjà déposé trois brevets pour protéger ses découvertes. «À terme, notre but est de pouvoir protéger les zones à risques, comme les centrales nucléaires, les structures offshore ou les ports, en déviant les ondes vers des zones inhabitées», détaille Sébastien Guenneau, précisant ensuite que l’Institut Fresnel, dont il dépend, s’est vu attribuer 1,3 million d’euros sur cinq ans par l’Union Européenne pour développer l’idée.

Les scientifiques «très optimistes». Modeste, le chercheur estime qu’il se base essentiellement sur les travaux de John Pendry, également présent au colloque. Théoricien renommé de l’Imperial College de Londres, Pendry a en effet inauguré l’ère de l’invisibilité en créant, à la fin des années 1990, des structures aux propriétés exceptionnelles de réflexion des ondes, les métamatériaux, des matériaux conçus en laboratoire car n’existant pas à l’état naturel. En 2006, il a ainsi élaboré la «cape d’invisibilité», assemblage concentrique complexe de fines plaques de métamatériaux au centre duquel il a placé un objet pour le protéger des ondes lumineuses, tout en laissant celles-ci se diffuser comme s’il n’y avait ni objet ni cape. La perception par l’œil étant uniquement due à la diffusion de la lumière, la cape de Pendry parvenait à rendre l’objet invisible. Ce sont les propriétés de réflexion de cette cape qui ont inspiré Guenneau dans l’élaboration de son projet. Mercredi, les scientifiques se disaient «très optimistes» quant à l’avenir des recherches sur l’invisibilité. Ils envisagent l’application des théories de Pendry à d’autres propriétés physiques, projetant la fabrication d’une cape thermique, acoustique, voire temporelle… Cependant, ils tenaient à prévenir, non sans un sourire, que «pour une cape d’invisibilité digne du petit sorcier à lunettes, il faudra attendre encore un peu».

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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 11:26

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Les tensions s’accumulent en Grèce. La déclaration faite mercredi soir par Lucas Papademos,le Premier ministre sortant,  sur une possible sortie de l’euro n’a fait que confirmer une tendance nette depuis près de dix jours.  La Grèce sortira-t-elle de la zone euro avant les élections du 17 juin ?  Par Jacques Sapir*

La Grèce a un besoin urgent d’une renégociation du mémorandum afin d’en assouplir les termes et d’en allonger le délai. Elle ne peut respecter ses engagements, cela se voit et cela se sait. Mais l’Allemagne, et malheureusement la France, s’obstinent à refuser cette renégociation. On peut comprendre pourquoi ; toute renégociation impliquerait la possibilité d’autres renégociations. En termes techniques, c’est l’introduction d’un « aléa moral » massif dans les relations entre la Grèce et ses partenaires. Mais, en réalité, le mémorandum est en train de tuer le pays, de le conduire au chaos économique, social et demain politique. Nous répétons le drame des « réparations » allemandes au lendemain de la Première Guerre mondiale ou l’obstination, là du gouvernement français, avait plongé l’Allemagne dans le chaos. Ce retour aux erreurs des années 20 et des années 30 (les politiques de déflation) a quelque chose de tragique, comme si les politiciens n’avaient rien appris, ou tout oublié.

Cette renégociation se heurte à l’inflexibilité de l’Allemagne, suivie sur ce (mauvais) terrain par notre gouvernement qui, obnubilé par les euro-obligations, veut croire qu’il pourra arracher de substantiels compromis en échange d’un front commun sur la « rigueur » face à la Grèce. Jamais stratégie de négociation ne s’est avérée aussi tragiquement fautive. Si un compromis peut être arraché à l’Allemagne, ce ne sera pas avant plusieurs mois, et pour des montants qui s’avèreront très inférieurs aux espoirs français. D’ici là nous aurons le drame grec et très probablement un retour de la crise espagnole (le gouvernement s’avère incapable de tenir les budgets des régions et doit dans le même temps consacrer des sommes immenses à la recapitalisation bancaire) et irlandaise. Il faut comprendre que la crise grecque ne peut être dissociée de la crise générale de la zone euro, crise dont les manifestations sont évidentes en Espagne, mais aussi au Portugal et en Irlande, ou encore en Italie.

La seule stratégie possible et jouable consiste à mettre l’Allemagne devant ses responsabilités, en la menaçant de lui faire porter le fardeau d’un éclatement de la zone euro. Croit-on, en effet, que Berlin serait très heureux d’une sortie de la France accompagnée d’une dévaluation de 25% ? Croit-on que, politiquement, l’Allemagne puisse assumer l’éclatement de l’Europe ? On oublie trop souvent que ce n’est pas avec des ris et des sourires que l’on négocie. Et si jamais l’Allemagne s’entêtait, alors la France devrait en tirer les conséquences et proposer à ses autres partenaires la solution d’une dissolution de la zone euro, avec une entente sur les montants des dévaluations respectives. À terme, cela permettrait de reconstituer une zone de coordination monétaire en se protégeant soigneusement des marchés financiers, dont l’Allemagne et ses alliés seraient exclus.

Faute d’une renégociation, il est donc probable que la Grèce sortira de l’euro avant les élections du 17 juin. La dimension d’une politique de classe est présente en Grèce. Les possédants ont déjà fait sortir le maximum d’argent du pays. Ils espèrent qu’une sortie chaotique leur permettra de renforcer leur pouvoir sur l’économie du pays, et d’ores et déjà ils rachètent les biens des classes moyennes brutalement appauvries par la politique du mémorandum. Dans les conditions qui s’annonce, la sortie de l’euro sera l’occasion d’une immense redistribution de la propriété aux profits des quelques-uns qui ont déjà sécurisé depuis plusieurs mois leur fortune.

Le gouvernement issu des élections du 17 juin aura donc devant lui la formidable tâche de faire en sorte que cette sortie de l’euro, accompagnée d’un défaut sur la dette publique, puisse se passer du mieux possible. Il devra reprendre la main sur la question du partage des propriétés et faire en sorte que la croissance attendue profite en premier lieu au plus grand nombre. Il serait logique de l’y aider. Mais, on peut craindre que les pays de la zone euro ne pratiquent à l’égard de la Grèce une politique de la «terre brûlée», ne serait-ce que pour démontrer les «coûts» d’une sortie. Que notre gouvernement prenne garde. S’il devait donner la main à une telle politique, ce serait une rupture totale entre lui et la gauche réelle. Notre avenir passe par Athènes. 

 *Jacques Sapir est directeur d’études à l’EHESS et professeur associé à la MSE-MGU (Moscou).

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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 18:27

Non-aux-licenciements-boursiers.jpg

Le Premier ministre a répondu ce vendredi à la lettre ouverte de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, qui l'interpellait sur la multiplication des plans sociaux. Jean-Marc Ayrault indique ses actions à venir et parlent de mesure contre les licenciements boursiers.

La Lettre de Pierre Laurent (secrétaire national du PCF), Nicole Borvo Cohen-Seat (sénatrice de Paris et présidente du groupe CRC) et Roland Muzeau (député des Hauts-de-Seine président du groupe CRC-PG). 

"Monsieur le Premier ministre,

Passées sous silence au cours des dernières semaines de campagne de l'élection présidentielle, les menaces de plans sociaux drastiques se précisent et se multiplient aux quatre coins du pays. 3 000 emplois en ligne de mire à Air France, 3 000 également à PSA-Aulnay, 3 000 encore à Carrefour, 10 000 dans toute la filière de la grande distribution, des milliers encore à Fralib, Nouvelles Frontières, ArcelorMittal, Petroplus, SeaFrance, H2M ex-Québécor, Meryl Fiber, c'est une hécatombe annoncée.
Il nous paraît inacceptable que le gouvernement assiste impuissant à ces destructions massives de l'emploi industriel français alors que les Français ont exprimé avec force leur volonté de mettre un coup d'arrêt à ce gâchis et que votre gouvernement a affiché dans l'intitulé de son ministère l'ambition d'engager le redressement productif du pays. C'est pourquoi, nous vous demandons instamment de prendre ce jour les deux décisions d'urgence qui s'imposent.
Premièrement, l'adoption d'un moratoire à effet immédiat sur les plans sociaux et licenciements jusqu'à l'entrée en fonction de la nouvelle Assemblée nationale.
Secondement, l'inscription en priorité à l'ordre du jour de la rentrée parlementaire d'un débat sur les mesures anti-licenciements dès le début de la session. Nous vous proposons d'inscrire dans ce débat la discussion sur la proposition de loi contre les licenciements boursiers débattue au Sénat le 16 février dernier."

 

La réponse du Premier ministre

Dans sa réponse à la lettre cosignée par Pierre Laurent, Nicolas Borvo Cohen-Seat et Roland Muzeau, Jean-Marc Ayrault indique que deux nouvelles possibilités de recours des salariés contre les plans de licenciements et les cessation d'activité. Le Parlement sera saisi "pour adopter rapidement un certain nombre de mesures précises sur les licenciements boursiers et sur l'obligation pour un groupe, de céder à un repreneur un site industriel rentable qu'il envisagerait de fermer".
Par ailleurs, Jean-Marc Ayrault souligne l'action du "Ministre du redressement productif" qui "s'est saisi dès son installation de l'ensemble des dossiers en cours". Ce vendredi, Arnaud Montebourg s'est rendu à Gémenos auprès des Fralib et a annoncé le retour d'Unilever à la table des négocations, qui voulait pourtant cesser toute activité sur ce site de production du thé l'Eléphant, ainsi que la nomination d'un médiateur. "Chaque situation fait l'objet d'un examen et d'un suivi particuliers. Il est mobilisé avec le Ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social sur les plans sociaux en cours afin de trouver les meilleures solutions pour sauvegarder les emplois et préserver notre tissu industriel et notamment nos PME", assure le Premier ministre.

Celui-ci reprend les promesses de campagne de François Hollande concernant la mise en place "de nouveaux outils de financement de l'économie et de la Banque publique d'investissement. Il rappelle enfin aux élus communistes qui l'ont interpelé la tenue de la "conférence sociale qui se réunira d'ici le 14 juillet et dont j'engagerai mardi 29 mai prochain la préparation en recevant les organisations syndicales de salariés et les organisations d'employeurs".

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Présentation

L'Editorial

Feu social : l'épreuve

Par Jean-Emmanuel Ducoin


«La manière de penser des hommes dépend beaucoup des gens avec qui ils ont à vivre et des tentations qu’ils ont à vaincre.» Pour comprendre une certaine idée du bien commun, beaucoup devraient relire le Discours sur les richesses publié par Rousseau en 1753. Sait-on jamais. Les cyniques du capitalisme ensauvagé (pléonasme) y puiseraient, peut-être, quelques illustrations symboliques, voire quelques leçons de morale auxquelles ils se plaisent à échapper en fuyant dans cette espèce d’obscurité du libéralisme nommée «loi du marché», véritable point aveugle de la financiarisation et de la «loi du chiffre» de nos sociétés. L’actualité des entreprises nous en donne une nouvelle preuve flagrante. Oui, les plans dits sociaux, cachés dans les tiroirs pendant la présidentielle, existaient bel et bien. Et d’une ampleur dramatique…

Nous ne dénoncerons jamais assez l’amoralité des patrons et des banquiers concernés, prédateurs-en-chef au cœur de cette jungle trempée dans la fange de la rentabilité, tous dénués de ce sens prétendument naturel des proportions humaines. Selon les estimations, entre 45 000 et 100 000 emplois seraient menacés, dans tous les secteurs. Un été meurtrier en prévision ? Après cinq années d’une France répugnante où les voyous en smoking ont profité de la Sarkozye, les salariés en question redoutent, une fois encore, de passer dans l’engrenage destructeur des laminoirs sociaux… Pour le gouvernement, l’ampleur du défi a de quoi donner le vertige. Car la nature de l’urgence est telle qu’il ne pourra, à aucun moment, se réfugier dans l’épaisseur du temps-long avant d’agir. Déjà, toutes leurs décisions sont jugées à l’aune de la perception d’intentionnalité et de crédibilité. Les premiers engagements et actes, en particulier ceux du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, paraissent rassurants. Mais chacun l’a bien compris : l’épreuve du feu social réclame plus de preuves que de mots. Le volontarisme affiché se transformera-t-il en actions de combat capables de faire vaciller le monde de la finance ? On n’arrête pas une hémorragie avec des compresses.

Les Français ne s’y trompent pas. Dans un sondage exclusif Harris Interactive, ils placent l’emploi en tête de leurs préoccupations et souhaitent que ce dossier soit une priorité lors des rencontres, aujourd’hui et demain, entre Jean-Marc Ayrault et les syndicats, qui visent à organiser le contenu de la conférence sociale promise par François Hollande. Interpellé dans une lettre ouverte par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, qui réclame des «mesures d’urgence» et un «moratoire» sur tous les licenciements, le premier ministre a répondu, indiquant que le Parlement serait saisi de mesures concernant «les licenciements boursiers», de nouvelles «obligations» pour les grandes entreprises, et de « propositions d’ensemble permettant le renouveau industriel ».

Alors? D’ici quinze jours, l’enjeu politique est à la fois simple et clair : obtenir une majorité de gauche à l’Assemblée et faire en sorte que le nombre de députés du Front de gauche élus permette d’orienter cette nouvelle majorité vers des propositions radicales de sortie de la crise austéritaire incarnée, par exemple, par Christine Lagarde… Ignorante et ordurière, nourrie de la moelle de la puissance aveugle du FMI, cette dernière vient, après tant d’autres, d’insulter le peuple grec. La rupture totale avec ces idéologues est autant une obligation qu’une vertu. Rousseau avait raison : «Pour connaître les hommes, il faut les voir agir.»

Le dessin du jour

 Trouden.jpg

Sur un air...

 

 

 

 

 

 

 

Agenda

Législatives : Michel Passet et Nadine Despretz à Balaruc

Balaruc-le-Vieux : Samedi 2 juin (18h - salle polyvalente)

Mercredi 6 juin (18h - salle Montgolfier)

Affiche-Passet---Despretz.jpg 

Fête de la Fédération de l'Hérault du PCF : samedi 7 juillet
affiche_fete_2012.jpg

10 hOuverture dela fête – Accueil du public en musique avec le groupe Adentro (musiques et chants d’Amérique Latine)

11 hAu stand de la librairie – Hommage à Louis Aragon poète et communiste, avec le comédien Patrick Hannais et le chanteur Jacques Palliès

12 hAnimation musicale dans les allées et les stands de lafête, avec Adentro et le Trio Lecho (émanation déambulatoire du groupe créole Zoréol)

12 h 30Au stand fédéral réception officielle des invités

15 hSur la grande scène : Chansons du temps qu’il fait, par Julien Heurtebise, accompagné au piano par Cécile Veyrat (A travers ses premières chansons, un hommage vibrant à Allain Leprest)

16 hAnimation dans les allées et les stands avec la participation du Don Quijote Ukulélé Orchestra et de la chorale Lo Cocut

17 h 30Rencontre politique avec un dirigeant national du PCF

18 hSur la grande scène : concert du chanteur occitan Joanda avec sa nouvelle formation (une voix occitane moderne et populaire)

19 h 30 - Animation musicale dans les allées et les stands de la fête, avec l’ensemble des groupes

21 hSur lagrande scène, « On lâche rien » : HK et les Saltimbanks avec leurs nouvelles chansons et leur nouveau spectacle… Assurément ça va chauffer !

23 hClôture festive de la fête avec le groupe de musique irlandaise Murphy

 

 


Gros plans

Printemps érable : déjà 100 jours de lutte

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Space X Dragon : vers la privatisation des vols spatiaux ?

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Dans le chaudron politique chinois

par Martine Bulard 

Dirigeants politiques chinois à l'occasion du nouvel an

 

Traité européen : le vote des députés dans le détail
Sources Assemblée nationale

Assemblée nationale 

 

L’ALBA s’élargit et monte en puissance

Par Bernard Cassen

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De la rigueur à la récession : les Grecs sous le scalpel
Par Noêlle Burgi

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Rejeter le nouveau traité européen

Par Patrick Le Hyaric

Patrick-le-Hyaric

 

ACTA : Signature de l'accord sur la privatisation des savoirs
Manifestation contre ACTA

 

Euro : pourquoi la sortie du tunnel est encore loin 

Par Jacques Sapir

205532-une-dom-europe-jpg 98993

 

 

La France, un paradis fiscal pour résidents qataris...

Par Régis Soubrouillard 

nicolas-sarkozy-ici-avec-le-cheikh-tamim-bin-hamad-al-thani

 

La dette publique ou la reconquista des possédants

Par Frédéric Lordon 

 

euros billet

 

Un état palestinien mais lequel ?

Par Dominique Vidal 

Palestine - un demi siècle de grignotage

 

 

Etats-Unis, vers une société post-européenne
par  Jim  Cohen et Philip  S. Golub

Diversité aux Etats-Unis

 

Le projet planétaire des multinationales : vers l'eau technologique ?

Par Riccardo  Petrella

  eau technologique

 

Leïla Trabelsi, la cleptodame
Ecartant les clans rivaux, l’omnipotente épouse de Ben Ali a pillé le pays au profit de sa famille. Par Christophe  Ayad (Libération)

Leila-Trabelsi.jpeg

 

Paul Boccara : "une autre civilisation est en gestation"

Lors d’une audition récente devant le Conseil économique, social et environnemental, l’économiste Paul Boccara a présenté ses nouveaux travaux. Pour lui, la crise actuelle n’est pas qu’économique. Une autre civilisation est en gestation. Entretien : Pierre Ivorra.

Paul Boccara

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