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Candidature communiste à la présidentielle : Amplifier et consolider la dynamique !

Publié le par Daniel Sario

Les délégués à la Conférence nationale du PCF ont fait majoritairement le choix de la candidature communiste à l’élection présidentielle de 2017 par 52,79 % des votants, 42 % choisissant le soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Ce résultat est d’autant plus remarquable qu’à la veille de la conférence, Pierre Laurent s’engageait au dernier moment pour un soutien ambigu à Jean-Luc Mélenchon indiquant ainsi son refus profond d’une candidature communiste et sa volonté de continuer à nous perdre dans les tractations politiciennes.

Ce vote est une bonne nouvelle,de la même nature que celui qui avait conduit les communistes en 2007 à refuser la fin de leur parti. La volonté des communistes d’aller au combat politique en toute clarté et autonomie, leur engagement pour l’avenir du PCF, leur refus de voir leur parti disparaître du paysage politique national...Le PCF peut prendre un tournant positif qui rompe avec l’effacement qui a marqué les 20 dernières années et retrouver toute son utilité pour notre pays et le monde populaire.

Pour notre part, nous avons toujours défendu la candidature communiste à la présidentielle et nous l’avons porté avec fermeté dans les débats du 37éme congrès dans ces termes : « Loin des présidentiables éphémères, notre parti peut porter un candidat et un programme communistes, se renforcer en influence idéologique et forces organisées, contribuer à ce que les forces populaires gagnent en conscience et en force face aux combats qui s’annoncent. Le PCF peut porter un candidat représentatif de ces millions de travailleurs qui ont combattu la Loi El Khomri et ne veulent pas baisser les bras. Cette candidature sera un point d’appui pour nos 577 candidats aux législatives, qu’il nous faut désigner rapidement, et affirmera notre volonté de continuer le PCF. »

Nous nous félicitons qu’à partir de positions initiales diverses, un large rassemblement ait pu s’opérer à la conférence nationale sur l’ option de la candidature communiste. André Chassaigne s’est dit disponible pour la candidature et notre parti dispose de plusieurs camarades pouvant mener une telle bataille. L’appel à candidature doit se concrétiser sans tarder.

Une première étape est gagnée. Mais l’essentiel de la bataille est devant nous, d’autant que l’hypothèse d’un retrait de la candidature n’est pas écartée et que certains continuent de lorgner du côté de la primaire du parti socialiste. Un nouvel effacement du PCF, que ce soit derrière Jean Luc Mélenchon, Montebourg ou un autre, serait mortifère pour notre parti, pour nos candidats aux élections législatives, pour notre existence nationale.

Les communistes voteront les 24, 25, 26 novembre. Plus le nombre de voix se portant en faveur de la candidature communiste sera important, plus cette candidature sera confortée, ancrée dans la vie politique, dans les quartiers et les entreprises, plus il sera difficile de la remettre en cause, plus elle aura de force dans la campagne des présidentielles.

C’est pourquoi, nous appelons tous les communistes qui veulent que leur parti joue pleinement son rôle dans la bataille nationale de 2017 à se rassembler, à créer ainsi les conditions d’un vote très largement majoritaire pour la candidature communiste jusqu’à la rendre incontournable.

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Rejet wallon du CETA, nouvel accroc pour le libre échange

Publié le par Daniel Sario

Par Pierre Kohler (Economiste au Département des affaires économiques et sociales (DAES) de l’Organisation des Nations unies (ONU) et Servaas Storm (Maître de conférence en économie à l’université de Delft (Pays-Bas) - Dossier Le Monde Diplomatique)

Alors que les chefs d’État du Canada et des pays membres de l’Union européenne s’apprêtaient à se réunir à Bruxelles le 27 octobre prochain pour adopter le texte de l’Accord économique et commercial global (AECG, plus souvent désigné sous l’acronyme anglais CETA), deux parlements régionaux belges viennent d’y opposer leur veto. Cette décision suffira-t-elle à enterrer ce projet ? Rien n’est moins sûr. Une nouvelle étude présentée au Parlement de Wallonie affûte pourtant les arguments économiques des opposants en identifiant, chiffres à l’appui, ses uniques bénéficiaires : les investisseurs.

 L’accord que nous avons conclu avec le Canada est le meilleur accord commercial que l’Union européenne ait jamais conclu. (1) » En juin 2016, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ne cachait pas son enthousiasme sur le CETA. Il lui fut à l’époque reproché de brûler les étapes : l’accord n’avait pas été « conclu », mais négocié. Le CETA devait encore recevoir la validation du Conseil des ministres et des chefs d’État européens les 18 et 27 octobre avant d’être soumis au Parlement européen au printemps prochain. À majorité conservatrice, ce dernier aurait dû autoriser la mise en œuvre provisoire de l’accord dans l’ensemble des pays européens en attendant que les parlements nationaux ratifient le traité. Lesquels auraient joui d’une marge de manœuvre toute relative, le texte privant leurs votes d’effet suspensif. Autrement dit : les parlementaires des différents pays auraient pu s’exprimer sur la participation, ou non, de leur nation à l’accord. Pas sur sa mise en œuvre.

À présent, la réalisation de ce scénario attendu pourrait bien être repoussée, voire compromise. En effet, cette semaine, les parlements régionaux de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de Wallonie ont sonné la révolte contre l’agenda commercial (néo)libéral de la Commission européenne et adopté des résolutions interdisant à leur gouvernement fédéral de signer l’accord, mettant les chefs d’État de toute l’Union européenne dans l’embarras.

Les accords commerciaux de « nouvelle génération » : objectifs et moyens

Le CETA appartient à la famille des accords de commerce dits de « nouvelle génération », comme le Grand marché transatlantique (GMT) ou l’Accord sur le commerce des services (ACS). Tout comme ces autres accords, qui ambitionnent, bien au-delà des simples questions de commerce, de créer des règles libéralisant les économies et les sociétés plus en profondeur, il se donne quatre grands objectifs : supprimer les derniers tarifs douaniers en vigueur entre le Canada et l’Union ; éliminer les « entraves au commerce » dites non-tarifaires, c’est-à-dire les réglementations techniques, sociales, sanitaires ou encore environnementales qui freinent les échanges ; mettre en place un dispositif de règlement des différends entre investisseurs et États, les tribunaux d’arbitrage privés ; libéraliser des secteurs d’activité trop peu soumis aux lois du marché et de la concurrence internationale (éducation, santé, marchés publics, culture, etc.). Dans la cohorte des accords de libre-échange actuellement négociés par l’Union européenne, le CETA semblait le mieux placé pour aboutir prochainement.

Opacité chronique

Inaugurées en 2008 par l’ancien premier ministre canadien Stephen Harper et l’ancien président de Commission européenne José Manuel Barroso, les négociations (secrètes) autour du CETA ont duré six ans. Elles ont été encadrées par les armées de lobbyistes également impliquées dans les discussions autour du GMT, et elles ont abouti le 26 septembre 2014, lorsque les deux dirigeants politiques ont signé un texte commun. Réputé « final », celui-ci a néanmoins connu différents amendements cosmétiques, afin notamment de modifier le dispositif controversé des tribunaux d’arbitrage privés, que le mandat des négociateurs ne mentionnait pas. Aucune panique du côté des multinationales : la nouvelle formule leur permet toujours d’exiger aux États des dédommagements non plafonnés lorsqu’elles estiment que leurs profits ont été grevés par des décisions politiques (par une hausse du salaire minimum ou une taxe carbone, par exemple) et ce, même quand elles n’ont encore investi aucun euro.

Les négociations sont désormais closes et ont abouti à un texte de 1 600 pages, sans table des matières : les citoyens qui ne disposent pas du temps nécessaire pour se plonger dans la lecture du texte rendu public le 29 février 2016 devraient donc croire les négociateurs sur parole.
Le CETA générateur de croissance, selon quel modèle économique ? Les promoteurs du CETA justifient leur posture en invoquant la « science » économique. Ne proclame-t-elle pas que le libre-échange profite à chacun ? Différentes études calculent en effet que l’adoption du CETA se traduirait par des gains de croissance du produit intérieur brut (PIB) européen. Au total, quatre recherches (2), directement ou indirectement financées par la Commission européenne ou le gouvernement canadien, prédisent une croissance supplémentaire du PIB variant de 0,03 % à 0,76 % pour le Canada et de 0,003 % à 0,08 % pour l’Union européenne.

Mais, de quelle « science » économique est-il ici question (3) ? Le « consensus scientifique » que dessinent ces quatre études épouse celui de la théorie économique néoclassique, largement discréditée par la crise financière de 2008. Les économistes issus de cette école abordent leur objet d’étude à travers les mêmes lunettes épistémologiques qu’Isaac Newton observant l’univers physique au XVIIe siècle : l’économie leur apparaît comme un univers mû par des forces naturelles dont l’énergie se conserve, qui tend à retourner vers un équilibre prédéfini, et dont la connaissance parfaite à un moment t permet de prédire tous les états futurs avec un degré de certitude quantifiable.

Derrière les projections des modèles, quelles hypothèses de travail ?

Les quatre études mentionnées se fondent toutes sur un même modèle statique d’équilibre général calculable (EGC) du Global Trade Analysis Project (GTAP). Dans l’univers panglossien de ce modèle, point de capitaux oisifs, point de chômage ni d’inégalités : tous les ménages disposent des mêmes aptitudes à travailler et de la même quantité de capital, cependant que la main invisible du marché garantit l’utilisation optimale et permanente de toutes les ressources productives. Ici, pas de coûts macro-économiques et sociaux à la libéralisation approfondie des échanges et des sociétés et à la nécessaire transition « dynamique » qu’elle implique (recherches d’emploi, déménagements, pertes de qualifications, formations continues, fermetures d’usines, emprunts commerciaux, etc.).

N’en déplaise à la Commission européenne, l’économie néoclassique n’est pas la seule. L’étude que nous avons menée (4) s’appuie sur les projections économiques dynamiques du Global Policy Model (GPM), utilisé depuis 2008 aux Nations unies. Celui-ci envisage la possibilité pour une économie de ne pas tourner à plein régime, de connaître chômage et inégalités, ainsi que l’existence d’effets de rétroaction. En effet, le processus de concentration du capital peut menacer son accumulation. En compressant les salaires, les inégalités croissantes réduisent le pouvoir d’achat de la majorité des consommateurs, sans pour autant stimuler l’investissement privé inhibé par des perspectives de ventes déclinantes. Au lieu de contraindre l’économie observée à retourner à son « équilibre naturel » prédéfini — une attention caractéristique des modèles néoclassiques — le GPM prend en compte le phénomène d’hystérésis, par lequel les trajectoires futures des économies observées sont influencées par les événements passés.

De plus, notre modélisation du CETA ne se limite donc pas à simuler une simple baisse des coûts bilatéraux du commerce entre le Canada et l’Union européenne, comme le font les études néoclassiques qui abordent le CETA comme un accord de nature purement commerciale. Nous tenons compte de ses implications politiques plausibles. Selon nous, l’intensification des pressions compétitives et la financiarisation accrue des économies transatlantiques suite à la mise en œuvre du CETA mèneront les entreprises à lutter pour défendre leurs parts de marché en diminuant les coûts de production, c’est-à-dire principalement la masse salariale, tout en cherchant à augmenter la valeur boursière des entreprises, c’est à dire les profits. Cependant, les emplois détruits ne seront pas « naturellement » remplacés par d’autres emplois, ainsi que l’imaginent les modèles néoclassiques. Le phénomène pourrait donc conduire à une hausse du chômage et une pression baissière sur les revenus des travailleurs.

De même, des nouvelles contraintes (principe de liste négative, existence d’un tribunal d’arbitrage privé, etc.) et le poids politique croissant des multinationales et des investisseurs étrangers vont intensifier les pressions exercées sur les gouvernements et réduire leur marge d’action pour déterminer les revenus, balances budgétaires et dépenses publiques. Les coupes affectant les revenus et les dépenses de l’État, visant à favoriser la profitabilité du secteur privé et son expansion dans des sphères ayant jusque-là échappé au marché et à la compétition internationale, pourraient créer un vide qui, dans un environnement économique morose, ne serait pas « naturellement » comblé par un regain de consommation des ménages, par des investissements privés ou par une demande venant de l’étranger, comme cela serait imposé dans l’univers idéalisé des modèles néoclassiques.

Nos simulations comparent deux scénarios différents : un scénario de base « sans CETA » et un autre, « avec CETA ». Les variations (par exemple, des niveaux de PIB) s’interprètent donc en termes relatifs entre les deux scénarios. Nous avons choisi un horizon de sept ans pour épouser celui de l’étude de référence de 2008 et faciliter la comparaison. En tenant compte de la croissance des exportations bilatérales entre le Canada et l’Union européenne, ainsi que des coûts et des coupes ignorés à dessein dans les modèles néoclassiques (et de leurs effets de rétroaction), nos projections brossent un tableau moins lumineux. Voici quelques-uns de nos résultats.

L’impact du CETA, en tenant compte des coûts économiques et sociaux

Sept ans après sa mise en œuvre, le CETA pourrait détourner une partie des flux commerciaux intra-européens, affaiblissant l’intégration européenne au prétexte d’améliorer la « compétitivité » internationale. L’accord détruirait près de 204 000 emplois en Europe et mènera à une compression des hausses de salaire équivalant à une perte annuelle moyenne de 651 euros par employé, transférant par-là même 0,66 % du PIB européen des travailleurs vers les détenteurs du capital. Au final, le niveau du revenu intérieur brut de l’Union serait diminué de 0,49 % d’ici à 2023 (toujours par rapport au scénario de base), une perte de revenu inférieure à la hausse des revenus du capital. Les effets de redistribution excédant les effets de croissance, les détenteurs du capital sortiraient gagnant de ce scénario, malgré un déclin relatif du niveau du PIB européen.

En France et en Italie, où les salaires et la taille du secteur public dépassent en général la moyenne européenne, les efforts requis pour participer à la « course à la compétitivité » seraient encore plus significatifs. Pour la France : 45 000 emplois détruits, réduction de 1 331 euros du revenu annuel moyen des employés et baisse du PIB de 0,65 %. En Italie : perte de 42 000 emplois, réduction de 1 037 euros du revenu annuel moyen des employés et chute de 0,78 % du PIB. En Allemagne, nous calculons une perte de 19 000 emplois, relativement plus faible, mais à l’origine d’une réduction du salaire annuel moyen de 793 euros, diminuant la consommation et amputant le PIB de 0,37 %. Au Royaume-Uni (s’il participait à l’accord), la réduction de la part de la richesse revenant au travail et l’érosion du poids de secteur public survenus ces dernières décennies limiteraient l’impact du CETA : 9 000 emplois perdus, 316 euros de moins par travailleur et par an, et PIB de 0,23 % inférieur à ce qu’il serait sans CETA. Pour les autres pays européens, les effets moyens se situeraient entre ceux du Royaume-Uni et de l’Allemagne. Quant au Canada, dont les travailleurs et le secteur public seraient soumis à des pressions compétitives plus intenses que les pays européens, il perdra 23 000 emplois, et verra le salaire annuel moyen amputé de 1 788 euros (soit en transfert de 1,74 % du PIB vers le capital), pour un PIB en recul de 0,96 % par rapport au scénario de base.

En l’état, le CETA est mauvais pour l’économie et la société

Selon nos simulations fondées sur des hypothèses de travail plus plausibles à nos yeux que les modèles panglossiens de l’économie néoclassique, le CETA profiterait aux seuls investisseurs. Si les parlementaires (européens et nationaux) venaient à adopter le texte, ils suggèreraient donc qu’ils ne représentent que cette catégorie de la population.

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Espagne : la "trahison historique" des socialistes

Publié le par Daniel Sario

Le Parti socialiste d'Espagne a choisi de laisser la droite de Mariano Rajoy revenir au pouvoir plutôt que de s'allier à Unidos Podemos pour une alternative de gauche. Le PSOE s’abstiendra lors du vote de confiance pour laisser la droite, minoritaire, poursuivre sa politique conservatrice.

Le roi d'Espagne a entamé hier, lundi, les consultations avant de confier au conservateur Mariano Rajoy la formation d'un nouveau gouvernement. Celui-ci se présentera alors devant le Parlement, où il est assuré d'être investi avec le soutien des 137 députés de son Parti populaire (PP) et des 32 libéraux de Ciudadanos, grâce à l'abstention des 85 élus socialistes.

Sans majorité au Parlement,  Rajoy devra la jouer fine, mais le Parti socialiste qui, en s'abstenant, cautionnne sa reconduction au pouvoir  peut-il prétendre incarner une opposition sérieuse? Ce rôle devrait plutôt revenir à  Unidos Podemos qui, promet une grande manifestation de protestation le jour même de l'investiture qui aura sans doute lieu avant la fin de ce mois.

Le Parti socialiste avait la possibilité de construire une alternative à gauche avec Unidos Podemos (Izquierda Unida et Podemos) mais les caciques du parti conduit par l'ancien premier ministre Felipe Gonzalez et Suzanna Diaz, la présidente de l'Andalousie, ont fait capoter cette possibilité en organisant une sorte de coup d'Etat qui a eu la tête du secrétaire général du PSOE Pedro Sanchez.

Celui-ci refusait catégoriquement de laisser le conservateur Mariano Rajoy se maintenir au pouvoir, après un premier mandat marqué par d'innombrables scandales de corruption, la volonté de limiter l’IVG, la criminalisation de l'action syndicale, la montée du chômage et l'explosion des  inégalités sociales. Les socialistes ont pourtant préféré Rajoy plutôt que de risquer un résultat électoral encore plus humiliant qu'en décembre 2015 et en juin 2016, dans le cas de nouvelles élections.

Malgré le vote de dimanche, certains députés PSOE, notamment les catalans, refusent de se plier à la discipline de parti. "Nous désobéissons, et nous sommes prêts à en assumer les conséquences", a déclaré lundi à la radio leur chef, Miquel Iceta. Ils accusent le Parti Populaire de Rajoy d'être responsable de la montée de l'indépendantisme et dénoncent le divorce entre les organes dirigeants du parti et les militants, plus favorables au "non à Rajoy".

Le leader de Podemos, Pablo Iglesias, a déclaré dès dimanche soir que "les masques sont tombés", dénonçant la formation d'une "grande coalition" entre les socialistes et la droite. De son côté Alberto Garzon, le coordinateur d'Izquierda Unida, dénonce une  "trahison historique qui a des bénéficiaires". "Des millions de personnes qui attendaient une alternative sont frustrées tandis que d'autres, une minorité sociale qui en profite avec le PP vont déboucher le chamagne". "Les masques sont tombés. Au PSOE ce ne sont pas les militants et les électeurs qui gouvernent, mais une oligarchie".

Le co-porte-parole d'Unidos Podemos à conclu : "Le PSOE a préféré être la garde prétorienne et les subalternes du seigneur de la Gürtel (1), plutôt que de l'alternative (à gauche)". Et il a lancé : "l'opposition c'est nous !"

(1) - Allusion au scandale des détournements de fonds publics de la Gürtel, actuellement jugé, qui ont financé le Parti Populaire.

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Libertés syndicales : militants syndicaux, pas criminels !

Publié le par Daniel Sario

La CGT donnait rendez-vous aujourd’hui à Amiens comme dans plus de 40 villes dans toute la France, aux salariés et aux citoyens qui refusent la criminalisation de l’action syndicale. Aujourd’hui comparaissaient en appel au tribunal 8 salariés dont 5 militants CGT de Goodyear ; plus de 10000 manifestants ont accompagné les camarades jusqu’au palais de justice et leur ont apporté leur entière et franche solidarité.

Une journée confédérale d’action rythmée par un meeting permanent sur Amiens, alimenté de prises de paroles de plusieurs responsables syndicaux comme Philippe Martinez, mais aussi du monde du spectacle, du secteur associatif et des personnalités politiques. Tous sont venus soutenir les Goodyear mais aussi défendre les libertés syndicales et demander un autre traitement de l’action collective dans ce pays.

Un grand moment de débats, d’expressions et de fraternité pour dire non à l’arbitraire patronal et gouvernemental, car pour la CGT comme pour beaucoup d’autres mobilisés ce 19 octobre, il ne s’agit là que d’une décision éminemment politique visant à poursuivre la criminalisation de l’action syndicale et une attaque grave contre les libertés d’expressions, contre ceux qui contestent les contours d’une société imposés par les libéraux ou pseudo libéraux de tous bords.

Trop régulièrement, les militants syndicaux sont discriminés, intimidés, mis à pied, bloqués dans leur carrière, licenciés, quand ils ne sont pas traînés devant les tribunaux. La liberté syndicale est un droit humain universellement reconnu, parce que sans elle, «  il n’y a pas de conquêtes sociales  », il s’agissait aujourd’hui de lancer sur tout le territoire et particulièrement d’Amiens un signe fort de mécontentement, de colère au gouvernement, au patronat, et à certaines formations politiques.

La CGT sera toujours aux côtés de ceux qui luttent pour un avenir meilleur, parce que les salariés qui ont décidé de ne plus rester seul face à leur direction et de se rassembler avec d’autres collègues dans un syndicat et de porter leurs aspirations, leurs revendications, ne sont ni des criminels, ni des délinquants mais aspire tout simplement à mieux vivre dans et hors du travail.

Parce que le mouvement syndical permet de gagner des avancées sociales et de défendre le salarié dans l’entreprise et qu’il ouvre par son renforcement de véritables perspectives d’émancipation, le droit syndical doit être renforcé et non pas stigmatisé ou criminalisé. Dans ce sens, la CGT demande la relaxe des huit de Goodyear, l’arrêt de toutes les entraves à l’action syndicale et une loi d’amnistie pour tous les militants syndicaux condamnés ou traduits devant la justice.

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Pétition pour un candidat communiste : "Pour un choix clair"

Publié le par Daniel Sario

Je mets  en ligne cette pétition que j'ai signée. Fruit d'une démarche collective, elle prépare la conférence nationale du PCF qui aura lieu le 5 novembre, en se positionnant sur la troisième hypothèse :  "Une candidature issue de nos rangs, engagée dans la campagne pour porter nos propositions et poursuivre en grand nos efforts de rassemblement"

Face à la menace qui pèse sur notre pays, face au risque de voir s’imposer les programmes ultra-réactionnaires de la droite et de l’extrême droite, et disparaître durablement les forces de progrès, les communistes ont décidé en juin dernier de construire un large rassemblement « de toutes celles et ceux qui ne veulent pas se résigner aux renoncements de ceux qui gouvernent, qui ne veulent pas de la droite et de l’extrême droite, qui espèrent contribuer à une société plus égalitaire, plus juste et fraternelle, qui veulent faire émerger une alternative à l’austérité libérale ». Où en sommes-nous ? L’évolution du débat politique confirme l’urgence de ce choix. Et pourtant, nous ne parvenons pas à construire ce rassemblement populaire et à faire émerger une candidature qui puisse lui donner une traduction politique lors de la prochaine élection présidentielle. 

 Comment sortir de l’impasse ? Menons en grand le débat sur les propositions, en rencontrant toutes les forces de progrès disponibles pour construire un projet d’avenir pour la France, sur la base des résultats de la consultation citoyenne. Mais comment faire avancer un programme sans un candidat ou une candidate, qui soit son porte-parole auprès des citoyens, et que ceux-ci puissent appuyer, sauf à leur donner à penser qu'il s'agit d'une cartouche à blanc ? Notre conférence nationale doit prendre une décision sur la candidature aux présidentielles.

 Dans le cas contraire, on irait vers une Conférence nationale invitée à décider d'attendre jusqu'à fin janvier, date de la primaire du PS, pour seulement continuer, voire amplifier avec une pétition, notre posture de rassemblement.

Cette démarche, sans candidat, n'est-elle pas dangereuse ? Ne nous enferme-t-elle pas dans le piège du ralliement, à l'un ou à l'autre, et de l'effacement ?

 Jusqu'en janvier, en effet, les candidats déclarés vont développer leur campagne électorale, alors que le parti communiste, si louables soient les intentions et propositions qu'il cherchera à porter, risque fort de rester inaudible sur ses idées, sans levier pour peser dans le rapport de force politique médiatique, et de contribuer à installer comme un fait accompli l'absence du PCF de la campagne présidentielle.

 La conférence nationale doit réaffirmer notre stratégie de rassemblement. Mais elle doit aussi aller de l’avant et faire un choix : pensons-nous, comme le défendent quelques camarades, que le ralliement à Jean-Luc Mélenchon et à sa conception étriquée du rassemblement est maintenant la seule solution possible ? Ou bien choisissons-nous de proposer une candidature issue de nos rangs pour porter nos propositions, poursuivre jusqu 'au bout nos efforts de rassemblement, retirant le cas échéant notre candidat pour une candidature commune? Les communistes doivent pouvoir, sans tarder, se prononcer et choisir l’une de ces deux options. 

 Il n’y a pas de solution idéale. Mais la candidature de Jean-Luc Mélenchon n’est plus, aujourd’hui, une candidature de rassemblement. Le « populisme de gauche » n’apporte pas de solutions réelles à la crise. Un ralliement par défaut à cette candidature risque de démobiliser durablement les militants, avec des conséquences importantes sur nos campagnes, sur nos résultats aux législatives et sur nos capacités à mener les batailles dont notre peuple aura besoin dans les années à venir. 

 Une candidature issue de nos rangs, engagée dans la campagne pour porter nos propositions et poursuivre en grand nos efforts de rassemblement, peut au contraire faire bouger la situation à gauche. En donnant une visibilité nouvelle à nos propositions et à notre démarche, en permettant la mise en mouvement des militants, elle peut changer la donne du débat politique dans le pays et donner une nouvelle chance à la construction d’un rassemblement politique. Elle serait aussi un atout pour entrer le plus tôt possible dans la campagne des législatives, avec des candidatures à parité qui donnent à voir le visage du PCF d’aujourd’hui, pour gagner le plus grand nombre possible d’élu-e-s utiles au peuple.

 Premiers signataires :

 Joël Allain (Bas-Rhin), Albert Ancona (Pyrénées Orientales), Serge Arla (Pyrénées Atlantiques), Pierre Assante (Bouches du Rhône), Daniel Bachelet (Saône et Loire), Paule Ballut (Hts de Seine), Paul Barbazange (Hérault), Jean-Marc Barès-Crescence (Hte Garonne), Thierry Barre (Val-de-Marne), Philippe Barrière (Hautes-Pyrénées), Jean-Pierre Basset (Drôme), Patrice Beaupin (Yonne), Colette Becquet (Nord), Serge Bédrines (Paris), Amar Bellal (Paris), Dominique Ben (Nord), Maryline Bénard (Hérault),Hélène Bidard (Paris), Claude Billard (Loiret), Thibaut Bize (Doubs), Jean-Jacques Blanc (Hauts-de-Seine),Frédéric Boccara (Hts-de-Seine), Paul Boccara (Val-de-Marne), Alain Bolla (Var), Béatrice Bonneau  (Paris), Gilles Bontemps (Loire-Atlantique), Serge Borgnard  (Ille-et-Vilaine), Alain Bouchez (Lot et Garonne), Alain Boussard (Doubs), Julien Brugerolles (Puy de Dôme), Erwan Briand  (Paris), Gisèle Cailloux (Hts-de-Seine), Jean-Louis Cailloux (Hts de Seine), Michel Cerutti (Lot et Garonne), Jean Chambon (Rhône), Claude Chapet (Seine-Saint-Denis), Claudine Charfe  (Hts-de-Seine), JC Chazottes  (Hte-Garonne), Yannick Cheneau (Loire-Atlantique), Mahama Compaoré (Calvados), Christian Cordelier (Paris), Nicolas Cossange (Hérault), Pierre Daspre  (Var), Christian Debout (Nord), Yann Del Rio (Savoie), Michel Demolder (Ille-et-Vilaine), Philippe Denis (Loire-Atlantique), Roland Desloges (Val-de-Marne), Yves Dimicoli (Paris), Jean-François Dirringer (Seine-et-Marne), Denis Durand (Paris), Jean-Marc Durand (Drôme), Jean-Louis Durand (Vienne), Roland Farré (Hte-Savoie), D. Fourmy  (Hte-Garonne), Jean Robert Franco (Paris), René Fredon (Var), Pascal Gabay (Paris), Jean-Michel Galano (Paris), Jean-Michel Gama (Essonne), Benoit Garcia (Gironde), Alain Gautheron (Eure), Alain Glemet (Var), C. Gourmelin (Moselle), Roger Grévoul (Gard), Odile Grosgeorge (Val-de-Marne), Gilles Grosgeorge (Val-de-Marne), Aurélien Guillot (Mayenne), Jean-Claude Guionie (Corrèze), Florian Gulli (Doubs), Stéphane Guyard (Calvados), Jean-Pierre Hapiot (Nord), Yvan Hart (Seine-et-Marne), Alain Hénault (Hts-de-Seine), Jacky Henin (Somme), Philippe Himber (Var), Paul Huttl (Var), Pierre Ivorra (Var), Alain Janvier (Seine-et-Marne), Jean-Marie Jegou (Var), Pascal Joly (Val-de-Marne), Robert Kissous (Hérault), Victor Laby  (Paris), Pierre Lacaze (Hte-Garonne), Eliane Lacombe (Hts-de-Seine), Anne Lafaurie (Val-de-Marne), Marie-José Lagunas (Hérault), Bernard Lamirand (Oise), Françoise Landois (Pyrénées Atlantiques), Claude Laridan (Rhône), Guy Lazar (Doubs), Pascale Lebreton (Hts-de-Seine), Jean Le Duff (Ille-et-Vilaine), Fabienne Lefebvre (Val-de-Marne), Michèle Leflon (Ardennes), Sylviane Lejeune (Essonne), Gérard Le Puill (Hts-de-Seine), Didier Le Reste (Paris), Christophe Lime (Doubs), Yvette Lucas (Pyrénées Orientales), Gisèle Malaval (Aube), Henri Malberg (Paris), Roger Maly (Nord), Mitra Mansouri-Guilani (Paris), Nasser Mansouri-Guilani (Paris), Nicolas Marchand (Val-de-Marne), Georges Mati (Paris), Thierry Méot (Paris), André Meyer (Hts-de-Seine), Catherine Mills (Paris), Jérôme Moinet (Paris), Arsène Montarou (Sarthe), Raymond Monteil (Val-d’Oise), Alain Morin (Essonne), Geneviève Morin (Essonne), Jean-Pierre Morvan (Essonne), Marie-France Nardot (Lot et Garonne), Monique Nironi (Var), Bruno Odent , Alain Pagano (Maine et Loire), Nicole Pasquier (Val-de-Marne), Michel Pedussaud (Hte-Garonne), Franck Périllat (Val-de-Marne), Roland Perrier (Essonne), Christian Picquet (Haute-Garonne), Hervé Poly (Pas-de-Calais), Jean-Jacques Porcheron (Val-de-Marne), Fabienne Pourre (Val de Marne), Jean-Claude Pradeau (Yvelines), Raphaelle Primet (Paris), Yves Quignon (Nord), Yvon Quiniou (Vendée), Yvon Quintin (Nord), Jean Rabaté, Frédéric Rauch (Lot et Garonne), Denis Recocquillon  (Val-de-Marne), Jean-Pierre Richard (Doubs), Jacquy Rivoalan  (Ille-et-Vilaine), Catherine Robineau (Hts-de-Seine), Marine Roussillon (Paris), Alain Saint Patrice (Rhône), Evelyne Saliba (Paris), Roger Saliba (Paris), Pascal Sancere (Hérault), Dominique Satgé (Hte-Garonne), Guy Schmaus (Hts-de-Seine), Jean Solbes (Hérault), Michel Sturaro (Hts-de-Seine), Jean-François Téaldi  (Alpes-Maritimes), Evelyne Ternant (Doubs), Jacques Thomas  (Val-de-Marne), Adrien Tiberti (Paris), Franca Tord (Hérault), Yvon Touil (Val-de-Marne), Rémi Troadec (Loire-Atlantique), Catherine Vieu-Charrier (Paris), Maurice Wannepain (Nord), Marcel Zaidner  (Val-de-Marne), Ludovic Zanolin (Hts-de-Seine),

Contact : choixclair@gmail.com




 






 





 

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A Béziers, Adolf Ménard choisit la haine contre l'emploi

Publié le par Daniel Sario

A Béziers, Adolf Ménard choisit la haine contre l'emploi
A Béziers, le maire Robert Ménard veut faire oublier les 370 emplois menacés à la SNCF et à la Cameron en lançant une nouvelle campagne raciale et xénophobe qui s'attaque cette fois aux réfugiés syriens.

La liste de ces faiseurs de haine s’allonge d’autant que la médiatisation de leurs méfaits, à l’exemple de Béziers, semble plus forte que celle des actes de celles et ceux qui organisent l’accueil et la solidarité et qui cherchent des réponses dans la dignité. Les saillies des uns et la « com » ignoble des autres font le buzz médiatique. Elles deviennent le jeu politique de ceux qui, porteurs du même programme de casse économique et sociale, font le choix dangereux d’exacerber la tendance ethnocentrique de leurs électeurs sur le terrain identitaire.

C'est le cas à Béziers où 370 emplois sont menacés au dépôt SNCF et à la Cameron sans que le maire Robert Ménard ne bouge le petit doigt. Il est vrai que le chômage est son fond de commerce. Et, c'est sans doute pour tenter de faire diversion sur ce problème vital pour la ville que cette émule d'Adolf Hitler vient de lancer une nouvelle campagne de haine raciale en diffusant une affiche honteuse sur les murs de la cité. De quoi faire retourner Jean Moulin dans sa tombe.

Le prétexte invoqué par le maire serait la création dans cette ville d'un nouveau Centre d'acceuil des demandeus d'asile. Or contrairement à ce qu'affirme la municipalité pour justifier cette campagne xénophobe, aucun nouveau CADA n'est créé à Béziers, il s'agit en réalité de l'extension d'un des deux centres préexistant. Ce dernier va accueillir 90 places contre 50 places actuellement, soit quarante places pour une ville de 70 000 habitants.

L'élu communiste Aimé Couquet vient de s'adresser au sous-préfet pour qu'il fasse cesser ce scandale et cet appel au meurtre. Monsieur le Sous-Préfet, Voici cette lettre : "Robert Ménard, Maire de Béziers, vient de faire placarder dans toute la ville des affiches qui portent un message racial, haineux et intolérable. Le cout de cette campagne est supportée par le contribuable local. Je vous demande de saisir la justice pour que ces messages de haine raciale soient retirés de la voie publique et Robert Ménard condamné. Je vous prie d’agréer, Monsieur le Sous-Préfet, l’ expression de mes sentiments distingués."

Egalement saisi par la DICRA (délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme) et par SOS Racisme, le parquet de Béziers, dans l'Hérault, a annoncé qu'une enquête avait été ouverte. "Dès à présent, le SRPJ (Service régional de police judiciaire, ndlr) de Montpellier a été saisi par le parquet pour enquête" a indiqué le parquet.

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La mobilisation des polonaises met en échec la loi contre l'IVG

Publié le par Daniel Sario

La mobilisation des polonaises met en échec la loi contre l'IVG

Bousculé par la mobilisation des Polonaises contre cette loi inique condamnant à la prison des femmes qui auraient recours à l’avortement, le Parlement, à majorité conservateur, a fini par voter contre lors du vote de ce jeudi.

La proposition de loi d'initiative citoyenne qui visait à interdire complètement l’avortement (à part en cas de mise en danger de la vie de la mère) et à punir de prison ferme les médecins comme les femmes qui le pratiqueraient a finalement été largement rejeté. Après de longues journées d’hésitation, les parlementaires conservateurs ont fini par céder face à la mobilisation des Polonaises. Le texte a donc été rejeté par 352 votes contre, 58 pour et 18 abstentions.
Le parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir, largement majoritaire au Parlement, a beaucoup hésité. Ces conservateurs étaient pourtant pour encore durcir encore la loi, qui est déjà la plus restrictive d’Europe. Elle n’autorise en effet l'avortement que lorsque la vie ou la santé de la mère est en danger, qu’un examen prénatal indique une grave pathologie irréversible chez l'embryon, ou que la grossesse est le résultat d'un viol ou d'un inceste.

La proposition examinée ne laisserait la possibilité d’une IVG que pour sauver la vie de la femme. Elle fixait la peine de prison maximale pour la femme qui avorte à cinq ans de prison. Et c’est ce dernier point qui a fait hésiter le PiS, dont les députés n’étaient tout de même pas pour condamner les patientes. "Nous avons le plus grand respect pour les signataires de la proposition de loi, mais en observant la situation sociale, nous constatons qu'elle (la proposition) conduirait à un processus dont l'effet serait contraire à ses objectifs" a expliqué le président du parti, Jaroslaw Kaczynski. Plus de 100 000 "femmes en grève" vêtues de noir avaient manifesté en Pologne lundi contre cette loi.

Le projet a également suscité des protestations en Europe, au moment où les relations entre Varsovie et Bruxelles sont déjà tendues sur plusieurs autres dossiers. Le Parlement européen s'est saisi de ce dossier mercredi et de nombreux députés y ont vivement critiqué le texte lors d'un débat. La Première ministre a en contrepartie annoncé "trois actions" du gouvernement moins radicales: l'élaboration, avant la fin de l'année, d'un programme de soutien aux familles et aux femmes décidant de garder des enfants nés de grossesses difficiles et élevant des enfants handicapés, la mise en place, début 2017, d'allocations à ces personnes et une "vaste action d'information pour promouvoir la défense de la vie".

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Présidentielles : l'inquiétante interview de Pierre Laurent

Publié le par Daniel Sario

Présidentielles : l'inquiétante interview de Pierre Laurent
Par Daniel SARIO

Je lis et relis l'interview de Pierre Laurent publiée par l'Huma de mardi et n'y voit là rien de bon pour la troisième hypothèse, celle du candidat issu de nos rangs qui ferait tant de bien au parti et nous permettrait de (re) mobiliser sur notre programme. Bien au contraire, il semble évacuer ce choix en expliquant : « Notre seule décision jusqu'ici, et c'est un choix politique, a consisté à ne pas mettre un candidat dans la discussion ... ».

Derrière cette affirmation qui ne me paraît pas correspondre à ce qui a été décidé par le CN, il est clair que la direction du parti veut attendre (Hypothèse 1), mais attendre quoi ? Tout simplement le résultat de la primaire du Parti socialiste prévue en janvier, et donc l'éventualité d'un ralliement derrière Montebourg. C'est un pari très dangereux d'autant qu'il ne nous restera que très peu de temps pour préparer un candidat PCF si François Hollande s'en sortait.

Mais Pierre Laurent a déjà prévu cette situation et s'avance déjà vers un rabattage de dernière minute sur la candidature Mélenchon. En fait, la direction du parti n'envisage que deux hypothèses, toutes deux marquées par la soumission à la social-démocratie. Pierre Laurent prend ainsi le risque de voir des milliers de communistes se démobiliser, s'isoler et se figer dans le vote blanc ou, carrément, le refus de vote.

Au delà des présidentielles, ce ne sera pas non plus la meilleure situation pour aborder les législatives surtout en cas d'allégeance à Mélenchon. Je pense qu'à la suite de cet interview de Pierre Laurent qui nous place devant un fait accompli, il devient urgent que les partisans d'un candidat communiste réagissent, prennent langue et passent à l'action sans plus attendre. C'est la seule façon d'éviter que le piège ne se referme dans une impasse.

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L'autodestruction du PSOE

Publié le par Daniel Sario

Sympathisant de Sanchez devant le siège du PSOE à Madrid
Sympathisant de Sanchez devant le siège du PSOE à Madrid

Le parti socialiste, et par extension la gauche espagnole, vécu hier une des journées parmi les plus noires de son histoire. Après 10 heures d'affrontements, broncas, pleurs, cris et à la limité d' agressions dans le comité fédéral, Pedro Sanchez demissiona comme secrétaire général du PSOE après avoir perdu un scrutin sur la proposition de tenir un congrès extraordinaire afin d'aborder la crise de la formation. Sanchez a été battu probabement par 25 votes, car la manoeuvre dénoncées par les "critiques" de tenter un vote à bulletins secrets sans garanties le priva de quelques appuis.

Mais la tendance "critique" refusa durant toute la journée de voter la proposition de la direction de convoquer un congrès extraordinaire en réclamant un comité de gestion, ce qui indique qu'elle n'avait aucune certitude sur sa victoire. Les statuts sont clairs puisqu'ils indiquent dans leur article 3 que le processus c'est la tenue d'un congrès et non l'élection d'un comité gestionaire.

Dans tous les cas, le comité fédéral donna durant toute la journée un spectacle lamentable, les deux clans face à face -ce que Suzanne Diaz dit qu'ils n'existent pas- sur des questions de procédure. Sachez a comis des erreurs dans cette crise, mais ses opposants ont encore une plus grande responsabilité, en forçant la démission de la moitié de l'exécutif avec l'intention de ne même pas parvenir au comité fédéral d'hier.

Cette mesure inédite, que les partisans de Sanchez ont qualifié de "coup d'Etat", déclencha la crise finale, qui culmina hier soir avec la démission du leader socialiste. Tout paraît indiquer que les "critiques" cherchaient la "gestion" pour diluer les responsabilités si finalement le groupe parlementaire socialiste s'abstenait pour que puisse gouverner Mariano Rajoy, une fois que Sanchez réitera qu'il continuait de défendre le "Non" à cette éventualité. Un "non" qui, rappelons-le fut aprouvé au cours d'un comité fédéral que seul un autre pouvait remettre en cause.

Une des premières inconnues est de savoir comment les militants du PSOE vont accepter ce coup de force, ceux à qui Sanchez, lors de son retrait, a demandé fidélité et orgueil. Mais, en marge de la politique immédiate, la honte d'hier aura de graves conséquences pour le PSOE et pour la gauche dans son ensemble.

Si la gauche était déjà fracturée en deux espaces de taille similaire après l'apparition de Podemos, ce qui comportait la nécessité de pactes entre plusieur forces pour détrôner le Parti Populaire, maintenant l'autodestruction du parti socialiste peut signifier la disparition de l'alternative pour plusieurs années.

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C’est le moment d’Unidos Podemos

Publié le par Daniel Sario

C’est le moment d’Unidos Podemos
Par Alberto Garzón Espinosa - Coordinador Federal de Izquierda Unida

Finalement, la mutinerie des oligarques du PSOE a eu du succès. Les partisans de Susana Diaz et Felipe Gonzalez ont cherché de nombreuses excuses ces derniers temps, mais il paraît évident que le péché majeur de Pedro Sanchez a été celui de laisser entendre qu’il tenterait un Gouvernement alternatif avec Unidos Podemos. Aux émeutiers, peu leur importe l’accord avec Ciudadanos, pas plus que l’abstention face à l’investiture de Rajoy et du Partido Popular ; ce qui les dérange, et les préoccupe, c’est que la gauche puisse avoir de l’influence dans les décisions politiques et économiques d’Espagne. Définitivement, l’Espagne qui préoccupe Suzana Diaz ce n’est pas celle des travailleurs, mais celle des grandes entreprises et des grandes fortunes, la même Espagne qui a parlé par la bouche de Felipe Gonzalez (1).

Cependant, le drame de la social-démocratie européenne ce ne sont pas ces luttes fratricides, mais l’absence d’un projet politique cohérent. On sait que les partis sociaux-démocrates ont abandonné la cause socialiste depuis longtemps, mais il est moins connu qu’ils ont aussi abandonné, il y a des décades, la cause social-démocrate. Le virage du Labour britannique, avec sa conversion au social-libéralisme sous la main de Blair, et la pratique politique de gouvernement comme celui d’Hollande ou de José-Luis Rodriguez Zapatero sont la manifestation que la rhétorique des partis socio-démocrates ne correspond plus aux actes. Le projet politique de la social-démocratie, qui contribua à construire l’Etat social après la seconde guerre mondiale, est entrée en contradiction aigüe avec le modèle institutionnel de l’Union européenne et avec le monde globalisé à la manière néolibérale.

L’immense quantité de désertions dans le secteur social-démocrate, exprimée tendanciellement dans toute l’Europe par les résultats électoraux, trouve son origine dans ces contradictions de fond. Un monde néolibéral qui pousse à la précarité et à la misère des secteurs chaque fois plus importants de la société ; une situation face à laquelle la social-démocratie n’a pas offert d’alternative aussi crédible que rigoureuse. Au contraire, dans la pratique, leurs gouvernements se sont comportés de façon identique aux gouvernements conservateurs.

La classe laborieuse n’est pas étrangère ni à ces transformations économiques de fond ni aux va-et-vient politiques des organisations qui disent la représenter. La crise économique continue dans notre pays, comme aussi, avec d’autres intensités, dans le reste de l’Europe, et les conditions matérielles de vie de la majorité sociale se détériorent à des rythmes dramatiques. La classe laborieuse nécessite un projet politique qui lui procure sécurité et protection face à l’agression du néolibéralisme et de ce monde globalisé.

Un projet, qui, à mon avis, peut seulement avancer si les causes profondes de cette crise y sont reconnues. Pour cela la recette n’est pas plus social-démocrate que populiste, mais un pari ferme et rigoureux de gauche, c’est-à-dire, une gauche capable de connecter avec les préoccupations et les problèmes de la classe laborieuse. Ni liturgie, ni langage fossilisé et inintelligible, ni débats scolastiques, ni posture télévisée. Ce qu’il nous faut c’est une gauche qui se mette en quatre pour fournir des solutions à la classe laborieuse, question qui pourra seulement se faire à partir du travail depuis le conflit social.

Tout n’est pas mauvais. Les crises sont aussi des opportunités. Si quelque chose a clairement laissé une telle situation dans le PSOE c’est que nous avions raison : il s’agit d’une structure organique au service de l’oligarchie et, cependant, elle est soutenue par des militants et des électeurs de la classe laborieuse qui s’identifient avec la gauche politique. L’explosion de cette contradiction peut générer un séisme d’une envergure suffisante tel que la classe laborieuse de ce pays peut se réorganiser dans un outil capable d’affronter l’oligarchie avec succès, et construire aussi un modèle de justice sociale. C’est la tâche qui correspond, je crois, à Unidos Podemos, se consacrer corps et âme à unir la classe laborieuse dans un projet politique de gauche, indépendamment de ce qu’a été sa loyauté politique et quelles qu’aient été ses décisions électorales passées.

Je ne sais pas si un gouvernement Rajoy sera inévitable. Tout paraît montrer que oui. Mais, cependant, nous, nous ne nous rendons pas. Ni devant le parlement, ni dans la rue. Cela ne fait que commencer et le nouveau monde que nous portons dans nos cœurs exige d’aller à la rencontre de la réalité concrète dans nos quartiers et cités.

Notes :
  1. L’ancien premier ministre socialiste émarge dans plusieurs conseils d’administration de l’Ibex 35 (Le CAC 40 espagnol)

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