Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

L'Assemblée nationale renforce le droit à l'IVG

Publié le par Daniel Sario

L'Assemblée nationale renforce le droit à l'IVG

Les députés de gauche ont voté ce mardi soir, avec le soutien de quelques voix de droite, la suppression de notion de "détresse" inscrite dans la loi Veil sur le recours à l'interruption de grossesse, malgré l'opposition farouche des plus rétrogrades de droite et d'extrême-droite.

Fait rare à une heure si tardive, l'hémicycle était garni d'une centaine de députés, pour débattre de cet article 5 de la loi-cadre sur l'égalité hommes-femmes, combattue par une majorité de la droite dans le sillage des anti-IVG. Sur les bancs de l'UMP, la majorité des orateurs, souvent des membres de l'Entente parlementaire pour la Famille très actifs il y a un an contre le mariage pour les couples de même sexe, ont plaidé pour supprimer une "modification dogmatique" remettant en cause "l'équilibre" de la loi Veil et conduisant à une "banalisation de l'avortement".

Déremboursement. Deux jours après une importante "Marche pour la vie", ils ont aussi reproché à la majorité de vouloir diviser les Français et de vouloir se "ressouder" autour d'un sujet de société entre "sociaux-démocrates, gauche, Front de Gauche qui n'ont plus grand chose en commun sur le plan économique et social". Une quinzaine de députés UMP a même appelé à voter pour le déremboursement de l'IVG par la Sécurité sociale. L'amendement, avec laquelle le président du groupe a rappelé son "désaccord", a heureusement été massivement rejetée. Ce qui n'a pas empêché le député et médecin, Bernard Debré de se dire "écoeuré" par cette initiative.

Mais des élues du groupe UMP comme Nicole Ameline ou Françoise Guégot ont défendu la disparition de la notion de "détresse". "Dénier aux femmes la capacité de décider serait un recul juridique et une défaite de la pensée", a lancé l'ancienne ministre de la Parité, pour laquelle si la France "ne sert pas la cause du droit des femmes, elle trahira sa tradition".

La gauche fait bloc. La gauche elle a soutenu cette disposition depuis son introduction par les députés socialistes en décembre et défend même "haut et fort" le droit à l'IVG depuis sa remise en cause en Espagne. "Des tas d'hommes et de femmes espagnols vont peut-être avoir envie de descendre dans la rue pour ne pas laisser passer la loi chez eux car en France on leur a dit qu'on était solidaires", s'est exclamée la députée communiste Marie-George Buffet.

Socialistes, écologistes ou communistes ont fait bloc pour défendre "un toilettage" d'une "formulation devenue obsolète" de la loi Veil, clamer le droit des femmes à disposer librement de leur corps et dénoncer tout diktat d'un "ordre moral" et toute tentation de "retour en arrière" sur l'IVG, à un temps d'"aiguilles à tricoter" et de "faiseuses d'anges". Le "courage" de Simone Veil pour imposer sa loi en 1975, marquée par des débats violents dans l'hémicycle, ont été évoqués par beaucoup, surtout à gauche.

Nombre des oratrices et orateurs de gauche, y compris le chef de file des députés PS Bruno Le Roux, ont souligné qu'une IVG n'était "jamais un acte banal" mais une "décision douloureuse" et qu'une femme n'y recourait pas "pour le plaisir" ou comme "moyen de contraception". La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a notamment souligné que "l'IVG est un droit à part entière et pas une simple tolérance assortie de conditions".

Commenter cet article