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NSA: Obama veut rassurer sans rien changer

Publié le par Daniel Sario

NSA: Obama veut rassurer sans rien changer

Barack Obama a annoncé vendredi quelques mesures visant à calmer les alliés des États-Unis, principalement les dirigeants étrangers espionnés. Sur le fond rien ne change, si ce n'est que la surveillance généralisée sera quelque peu encadrée, au moins sur le papier. Un discours de 45 minutes bien vide, qui n'a pas convaincu grand monde.

Avec aplomb, le président américain a assuré que les services de renseignement américains, comme c'est leur mission, continueraient à recueillir des informations sur les intentions des gouvernements étrangers et n'avaient pas à s'excuser auprès de qui que ce soit pour leur efficacité. Sur la surveillance généralisée des télécommunications des personnes et entreprises ? Elle continuera sans changement si ce n'est une pieuse promesse que la vie privée serait respectée et que les entreprises américaines ne s'en servirait pas pour obtenir un avantage concurrentiel. "Avec les réformes que je propose aujourd'hui, les Américains doivent savoir que leurs droits sont protégés, même si le renseignement et la police conservent les instruments nécessaires pour assurer notre sécurité".

"Les critiques ont raison de dire que sans garde-fous appropriés, ce genre de programme pourrait être utilisé pour obtenir davantage de renseignements sur nos vies privées, et ouvrir la voie à des programmes de collecte plus indiscrets" a expliqué Barack Obama. Ainsi, pour faire face au scandale qui a suivi la révélation de la mise sur écoute du téléphone portable d'Angela Merkel, il assure que les dirigeants étrangers ne seront plus écouté, sauf «raison impérieuse». Sans préciser ce que veut dire cette explication. "Les dirigeants des pays amis et alliés doivent savoir que si je veux apprendre ce qu'ils pensent sur un sujet particulier, je décrocherai mon téléphone et je les appellerai - plutôt que les faire surveiller", a dit le président américain.

Une surveillance toujours aussi généralisée. Sur la collecte massive des métadonnées et des échanges téléphoniques (200 millions de SMS récupérés par jour par exemple), le seul changement est qu'elle sera désormais encadré par un groupe d'experts en affaires de terrorisme (Foreign Intelligence Surveillance Court, Fisa), les données recueillies ne seront plus sous le contrôle direct du gouvernement. Barack Obama a reconnu que l'exécutif n'avait pas à détenir une telle masse d'informations téléphoniques. Cette disposition sera assortie de la mise en place d'une procédure de contrôle judiciaire confiée à la Foreign Intelligence Surveillance Court. Une autorisation de la justice sera requise avant d'interroger la base de données dont dispose la NSA.

Autre crainte, Barack Obama a laissé entendre que le contrôle de la masse de données collectées pourrait être confiée à des entreprises privées, comme les opérateurs télécoms. Comme cela n'empêchera pas le gouvernement d'y avoir accès (mais pourrait lui permettre de faire des économies de stockage), la crainte est que cette quantité astronomique d'informations privées serve en plus quelques grosses industries privées. "Le point le plus important, ce sera le côté systématique de cette autorisation judiciaire préalable", a assuré le général de réserve Michael Hayden, ancien directeur à la fois de la NSA et de la CIA, l'Agence centrale du renseignement. Malheureusement, Obama ne remet pas du tout en cause cette collecte massive de données, bien que la commission nommée par le président lui même pour le conseiller sur cette réforme avait conclue que l'exploitation de ces immenses banques de métadonnées ne s'était montrée déterminante dans aucune affaire.

Le fondateur de Wikileaks, interrogé sur CNN suite au discours d' Obama, a dénoncé les mensonges du "Commander in Chief " américain. "Nous avons entendu beaucoup de mensonges dans le discours d'Obama. Je crois que c'est embarrassant pour un chef d'État de discourir pendant 45 minutes et ne dire pratiquement rien". Il a en outre rappelé que sans les révélations d'Edward Snowden, les États-Unis n'auraient pas eu à faire face à leurs responsabilités. "Ce qui reste de ce discours est que le droit à la vie privée demeure gravement menacé", a de son côté réagi Amnesty International.

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