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Quelques chiffres à l’usage d’un président

Publié le par Daniel Sario

Quelques chiffres à l’usage d’un président

"Pierre Gattaz, le président du Medef, confesse entendre quasiment le « pacte de confiance » qu’il avait réclamé. Qui dira ce gouvernement sourd aux rendications?" Par Patrick Apel-Muller

Un flirt cache-t-il l’autre? Ces derniers jours sont envahis par de doctes commentaires sur la vie privée d’un président sur laquelle nous n’avons rien à dire. En revanche, le pas de deux engagé avec le Medef mérite tout notre intérêt, sachant que celui du grand patronat est bien entendu en première ligne. C’est lui qui va être secouru, vers lui que sera déversée la manne réunie à coup de sacrifices imposés aux salariés. Comme si l’univers douillet des actionnaires du CAC 40 avait à se plaindre des dernières années! Comme si les inégalités ne s’étaient pas déjà creusées jusqu’au vertige! Durant les dix dernières années, le revenu annuel moyen des 10 % les plus modestes en France s’est accru de 400 euros tandis que celui des 10 % les plus riches progressait de 8 950 euros. Pour les 0,01 %, les plus fortunés gagnent en moyenne 735 000 euros par an, le gain était bien plus considérable en valeur absolue et en pourcentage. Les 500 plus grandes fortunes professionnelles ont augmenté de 25 % en 2012.

La crise et la récession n’ont pas que leurs mauvais côtés: ainsi, a-t-on appris hier que plus de 3 500 dirigeants de banque en Europe avaient touché plus de 1 million d’euros en 2012, en salaire, bonus ou primes. L’austérité est pour certains très confortable et promet aux plus riches des profits croissants. Ils n’ont pas à craindre la chasse aux abus que François Hollande veut appliquer à la Sécurité sociale. Ils ont un permis en bonne et due forme et savent qu’en sciant cet arbrisseau, le président masque le maquis des allégements de cotisations, des crédits et subventions en tout genre dont sont abreuvées les grandes entreprises sans qu’elles créent le moindre emploi. Le pacte de responsabilité, qui doit nous être détaillé demain, repose sur les piliers libéraux que le chef de l’État a fait ouvertement siens lors de ses vœux : réduire le coût du travail c’est-à-dire les rémunérations directes et indirectes ; diminuer les dépenses publiques et donc la redistribution d’une partie des richesses créées ; moins de contraintes sur les activités patronales avec une édulcoration des lois sociales, liquidation des élections prud’homales comprise....

En appréciant tout cela, Pierre Gattaz, le président du Medef, confesse entendre quasiment le « pacte de confiance » qu’il avait réclamé. Qui dira ce gouvernement sourd aux rendications ? Les syndicats de travailleurs sans aucun doute, le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, dénonçant un « marché de dupes », et celui de la CGT, un choix « en faveur du capital, contre l’emploi, le développement social et les salariés ».

Cela fait quarante ans que ces recettes sont répétées avec des résultats tout aussi piteux pour les peuples. Le tandem Reagan-Thatcher s’en était fait le prophète, bientôt relayés par les apôtres Tony Blair et Gerhard Schröder. Un nouveau tandem prend la suite cahin-caha, Angela Merkel devant et François Hollande derrière. Il trace des perspectives inquiétantes, comme cette « initiative européenne » qui vise à enfermer les politiques économiques du continent dans le carcan de l’austérité. L’urgence d’une riposte massive des syndicalistes, militants du Front de gauche, acteurs associatifs, démocrates et progressistes devient un impératif et une urgence.

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