Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Passer du Front de gauche au front du peuple

Publié le par Daniel Sario

Passer du Front de gauche au front du peuple

Après une séquence électorale révélatrice d’une profonde crise politique, le Front de gauche est confronté à un nouveau défi : comment ouvrir une perspective avec une gauche en lambeaux et un FN qui menace ? Ses composantes tentent d’y répondre. Par Cédric Clérin

Au sortir des élections aux résultats assez calamiteux pour la gauche, le Front de gauche n’est plus tout à fait dans la même situation. Son relatif échec, la chute de l’ensemble de la gauche et le score élevé d’un FN qui se rapproche de plus en plus du pouvoir posent la question crûment : à quoi sert le Front de gauche ? « Ce qui a présidé à son lancement, ouvrir une alternative à gauche, est devenu une nécessité absolue au regard de là où nous entraîne la politique du gouvernement » répond Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.

Du NPA au PS. Dans le marasme, le FG peut se féliciter de ne plus être isolé dans la critique de la politique libérale menée par le pouvoir. Il est rejoint dans son constat par les écologistes qui ont quitté le gouvernement et des pans de plus en plus importants du Parti socialiste. Les espaces de débats entre sensibilités de gauche se multiplient. Après les Socialistes affligés et le courant un Monde d’avance, les « Socialistes contre l’austérité » autour notamment de Gérard Filoche se rassemblent avec toute la gauche ce weekend dans l’Allier. « Cette situation nouvelle ouvre des possibilités pour obtenir de nouveaux choix politiques », explique Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, pour qui « la France est mise en danger par les politiques d’austérité ». PCF, PG et Ensemble, les trois principales composantes du FG, tenaient leurs conseils nationaux le week-end du 15 juin pour se pencher sur la nouvelle période politique et tracer les perspectives pour un Front de gauche traversé par des débats houleux ces derniers mois. Au PCF, on voit dans un FG transformé le « possible moteur du rassemblement », quand le Parti de gauche appelle également à « le transformer, à commencer par l’élargir, voire le dépasser ». Ensemble constate également que « le rassemblement offrant une alternative de pouvoir ne peut se résumer au Front de gauche seul ».

Les cinq axes du PCF. Sur le plan des idées, le conseil national du PCF appelle à mener des campagnes politiques "dans la durée" autour de 5 axes : le coût du capital, une société de biens communs, la reconquête industrielle, une nouvelle démocratie et la refondation de l’Union européenne. Ces campagnes sont, pour le Parti communiste, des moyens pour faire avancer les idées de la gauche de transformation et de contribuer à faire émerger « un nouveau projet de gauche pour la France ». Dans le même esprit, le PG appelle à « travailler à un programme à la fois radical et crédible, c’est-à-dire en rupture avec le système et répondant aux aspirations populaires ». Pour élaborer ce projet et le porter, les différentes forces du Front de gauche appellent à construire, « un front du peuple », façon de sortir le FG de son actuel état de cartel d’organisations et de retrouver son élan de 2012. Un conseil national du FG, élargi à toutes les personnalités politiques, associatives ou syndicales qui s’en sentent proches ou parties prenantes, devrait se tenir au début du mois de septembre en lieu et place des traditionnelles « estivales »

Les composantes du Ffront de gauche veulent sortir du cartel d'organisations pour retrouver l'élan de 2012... Reste la question du rassemblement à opérer pour changer la politique du gouvernement. Si le PCF veut travailler à construire « sans exclusive » un projet de gauche pour la France, le PG, sans exclure le dialogue, insiste sur la nécessité pour le FG de n’être « en rien associé » au gouvernement et réitère son appel aux socialistes critiques à « rompre les rangs ». Reste que, dès maintenant, les luttes autour des intermittents, des cheminots ou les débats budgétaires ou encore la lutte sur la réforme territoriale offrent « des possibilités de convergences et de victoires immédiates », selon Pierre Laurent. Alors que la direction du PS est de plus en plus tentée par une mutation « démocrate » et un appel à l’union derrière lui face au FN, que les écologistes se verraient bien en incarnation de l’alternative à gauche en 2017, le chemin de l’émergence d’une nouvelle offre politique à gauche semble à la fois encore sinueux, mais sa nécessité n’a jamais été si partagée

Commenter cet article