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Le Medef en veut toujours plus

Publié le par Daniel Sario

Pierre Gattaz met la pression sur le gouvernement
Pierre Gattaz met la pression sur le gouvernement

Un document de travail du Medef a été publié, il y est question de supprimer des jours fériés comme de salaires inférieurs au Smic. Les syndicats français ont dénoncé unanimement "une provocation" du patronat.

Ce document de travail, publié lundi par le quotidien les Echos, contient des propositions que le Medef doit soumettre au gouvernement le 24 septembre prochain. L’organisation patronale tempère un peu sur Twitter la tempête prêt à se lever, indiquant que «cela ne correspond pas exactement aux propositions que nous ferons». En conclusion de ce document de 50 pages le Medef reconnait que ces proposition pourraient "apparaître certainement agressives ou caricaturales à certains"… Le Medef estime ainsi que la suppression de deux jours fériés sur onze permettrait la création de 100.000 emplois. Une allégation qui semble aussi solide que le million d’emploi promis par le patronat en retour du cadeau fiscal de 40 milliards. Le Medef propose aussi de vider le Smic de sa substance, en instaurant un salaire inférieur au minimum pour les "populations les plus éloignées de l'emploi et qui pourrait être complété par des allocations sociales afin de garantir un pouvoir d'achat équivalent au smic". L'organisation réclame encore une remontée des seuils sociaux, une plus grande permissivité du travail de nuit et du dimanche, de même qu’un nouveau détricotage de la loi sur les 35 heures pour toutes les entreprises.

La CGT et la CFDT ont dénoncé une "provocation" du Medef. D’autant plus que le document sort opportunément la veille du discours de politique générale du Premier ministre, suivi du vote de confiance sur sa politique, qui inclus la réduction des impôts et des cotisations pour les entreprises. "Sur le contenu des mesures, pour la CFDT, il est hors de question d'aller sur ce terrain- là", a déclaré le secrétaire général Laurent Berger. "C'est de la provocation gratuite" également pour Philippe Louis de la CFTC. "Je ne sais pas à quoi (le Medef) joue, est-ce qu'il cherche à déstabiliser le gouvernement? On peut se le demander. Mais si c'est ça, c'est vraiment trop grave". Il poursuit: le Medef "veut tirer tout le monde vers le bas, le temps de travail, les salaires, les contrats de travail". Jean-Claude Mailly de Force Ouvrière a estimé que le Medef était "dans l'outrance" avec ce document. "Je me demandais si on était le premier avril", a-t-il déclaré sur BFM TV, estimant que ces propositions n'étaient pas négociables. "Peut-être qu'il (le patronat) se sent pousser des ailes dans la (mesure) où ces derniers temps le gouvernement avait tendance à répondre fortement à ses revendications". "Il faut travailler le dimanche, il faut augmenter les seuils sociaux, il faut augmenter la durée légale du travail. La prochaine étape c'est quoi, on va faire travailler les enfants ?".

De son côté, la députée communiste Marie-George Buffet a souligné qu "Il fallait lire ce matin le journal « les Echos » pour connaitre le nouveau diktat du MEDEF à « notre » gouvernement. Elle poursuivait : "après avoir été doté de 40 milliards pour créer des emplois et les avoir utilisés à autre chose, le patronat en redemande, toujours avec le même prétexte. Cette fois ce sont aux acquis des salariés auxquels le MEDEF intime l’ordre à Messieurs Valls et Hollande de s’en prendre. Les 35H, le SMIC, les congés payés sont maintenant dans le collimateur. Elle concluait : "Le gouvernement a joué à l’apprenti sorcier en pliant devant le patronat, va-t-il demain se mettre à genoux? Encore une fois je lui demande de choisir : soit il se couche une nouvelle fois devant les exigences du CAC 40, soit il respecte les femmes et les hommes de ce pays !"

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