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Pendant que les patrons du CAC se gavent...

Publié le par Daniel Sario

Pendant que les patrons du CAC se gavent...

Le système néo-libéral sait être d'une grande absurdité. Mais pour en saisir parfaitement la cruelle ironie, il faut parfois simplement ouvrir les yeux et "fusionner" les informations. La preuve, hier, quand deux études, l'une signée de l'Insee, l'autre du cabinet de conseil Spencer Stuart, ont été publiées séparément par tous les médias. Par Loïc Le Clerc


En ce mercredi 9 septembre ensoleillé, l'actualité bat son plein. Les infos tombent, les unes après les autres, a priori sans lien aucun, ou si peu. Mais, pour autant, quelque chose d'étrange flotte dans l'air. Ce quelque chose d'étrange tient à deux informations que tous les médias vont reprendre. Mais séparément. Et allez savoir pourquoi, c'est sur le site du Figaro que l'injuste réalité du monde nous a le plus clairement sauté aux yeux.

Parcourant la page d'accueil du site de nos confrères, voici deux titres publiés à quelques pixels de distance :
- « Qui sont les patrons d'entreprises du CAC 40 les mieux payés ? »
- « Le niveau de vie des Français a baissé en 2012 »

Pour ce deuxième article, Le Monde a opté pour un titre plus direct : « En France, les pauvres encore plus pauvres »

En prenant ces articles séparément, le grand écart de la société ne peut sauter aux yeux. Et pourtant, il est criant. D'un côté, une «revue d'effectifs des conseils d'administration des entreprises du CAC 40» où l'on apprend que Maurice Lévy, big boss de Publicis, n'a toujours pas pris sa retraite et empoche 4,5 millions d'euros (soit près de 260 fois ce que gagne un smicard par an ou encore environ 737 fois ce que perçoit un bénéficiaire du RSA sur la même période). De l'autre, une étude de l'Insee où l'on «découvre» qu'en 2012, «8,5 millions de personnes étaient considérées comme pauvres en métropole, vivant avec moins de 987 euros par mois».

D'un côté, ce commentaire : «Le patron le moins bien payé est celui d'EDF, Henri Proglio, avec 450 000 euros par an». Un petit joueur bridé par le «plafond pour la rémunération fixe annuelle des mandataires sociaux des entreprises publiques». De l'autre, on nous dit que «la pauvreté touche un peu moins de Français mais ceux qui en souffrent sont de plus en plus démunis.»

Et même si «le niveau de vie a baissé dans tous les échelons», on a du mal à plaindre ces «10 % de Français les plus aisés, qui vivent avec plus de 37 430 euros par an, (et qui) ont vu leurs revenus reculer de 2 % en 2012.» Tout ça à cause de la baisse des revenus sur le patrimoine (assurance-vie en tête), du recul des salaires et des hausses d'impôts. Car dans l'autre camp, «les 10 % les moins aisés, qui vivent avec moins de 10 610 euros par an, ont quant à eux surtout pâti du chômage et d'une moindre revalorisation des prestations sociales.»

Mais, après tout, qu'y a-t-il d'étonnant à ce que ces deux informations n'aient pas été reprises ensemble ? La rémunération des patrons et les salaires des pauvres, ça n'a rien à voir ! Il ne manquerait plus qu'on accuse les premiers de manger le beurre produit par les seconds...

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