Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Une confiance de plus en plus relative

Publié le par Daniel Sario

Une confiance de plus en plus relative

Les députés ont finalement accordé leur confiance au nouveau gouvernement de Manuel Valls, mardi 16 septembre. Avec 269 pour contre 244 voix contre, le scrutin est cependant bien plus serré que le 8 avril dernier, 31 députés socialistes s'étant abstenus.

Manuel Valls est sorti de l’Assemblée nationale avec le vote d’une minorité de parlementaires qui lui fait une majorité toute relative, et dans un climat de défiance ou d’hostilité dans le pays et, en dépit de toutes les pressions, avec une opposition à sa politique renforcée au cœur même de sa majorité. EELV, le MRC, les députés frondeurs lui ont manqué et parmi ceux qui se sont résignés à l’accompagner, nombreux sont ceux qui n’en pensent pas moins.

La politique du tandem gouvernant se traduit en un cuisant échec et une majorité des électeurs de gauche de gauche ne considère pas que gouverner c’est trahir. En effet, les trémolos républicains, l’exposé des souffrances du pays n’ont habillé hier qu’une politique qui sert les marchés au point que par moment les députés de droite l’ont applaudi à tout rompre, trouvant dans les mots du Premier ministre une fidèle traduction de leurs idées. Dans la poussière de la solennité, n’émergent que l’austérité, les sacrifices à venir et l’obsession des cadeaux aux entreprises. Quand il parlait de République, il n’en restait que l’écorce sans l’aubier de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Une gauche moderne ? A condition qu’elle avale la ringardise des discours libéraux. Notre modèle social ? Le Premier ministre veut bien le sauvegarder à condition de lui ôter ses points forts. Même quand il évoque les Français, c’est pour hasarder une formule monarchique, son «infinie bienveillance...» Elle se mesure aux 26 centimes d'augmentation par jour du minimum vieillesse!

Ce discours en trompe-l’oeil est un nouveau répulsif pour la politique, brouillant les repères entre droite et gauche, roulant tambour sur des barriques vides, maquillant la démission idéologique devant le Medef par des coups de mentons autoritaires. Il y aurait de quoi désespérer Billancourt et bien au-delà si ne s’amorçaient de nouveaux dialogues dans une gauche de gauche rétive à l’austérité et aux oukazes patronaux. La fête de l’Humanité a, nous dit-on, irrité le gouvernement, au point de susciter une sortie du ministre chargé des tensions avec le Parlement. «Résistance n’est qu’espérance», écrivait René Char. Des millions de Français pourraient bien le signer avec lui.

Pierre Laurent : "Le Premier ministre ne dispose plus que d'une majorité peau de chagrin". : "Le Parti communiste français s'emploiera dans les semaines à venir à à renforcer le rassemblement pour une autre politique", affirme son secrétaire général. "269 députés sur 577 ont voté la confiance à un Manuel Valls «droit dans ses bottes», totalement sourd à la défiance populaire qui ne cesse de grandir. Confirmant une politique qui mène à l'échec, le Premier ministre a tenté de l'habiller d'un vernis prétendument de gauche. En réalité, le cap de l'austérité est totalement maintenu. Résultat : le Premier ministre ne dispose plus que d'une majorité peau de chagrin, ce vote de confiance n'est qu'une victoire à la Pyrrhus sans aucune perspective. 65 voix de gauche venant des bancs communistes et Front de gauche, socialistes, écologistes, MRC, manquent à l'appel, soit 31 de plus qu'en avril pour le gouvernement Valls I. Minoritaire dans le pays et dans la gauche, le Premier ministre n'a plus qu'une majorité rétrécie à l'Assemblée. Les députés Front de gauche ont eu raison de voter contre, car cette politique conduit à coup sûr à l'échec. Je renouvelle mon appel, à tous ceux qui n'ont pas voté la confiance et à tous ceux qui l'ont encore voté la peur au ventre, pour que nous travaillions ensemble à d'autres choix politiques pour la justice sociale, l'emploi et la solidarité. Le Parti communiste français s'emploiera dans les semaines à venir à à renforcer ce rassemblement pour une autre politique."

Commenter cet article