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Emploi : Rebsamen tombe le masque

Publié le par Daniel Sario

Emploi : Rebsamen tombe le masque

Le mistre du travail, François Rebsamen prend acte de l’échec du gouvernement dans la lutte contre le chômage, mais maintient le même cap politique : austérité, précarisation du travail, stigmatisation des chomeurs et ... cadeaux aux patronat.

François Rebsamen est au pied du mur. Avec la publication vendredi des chiffres du chômage catastrophiques de septembre, + 1% de demandeurs d’emploi toutes catégories confondues, soit 50 200 personnes supplémentaires inscrites sur les listes de Pôle emploi, le ministre du travail la joue profil bas. «Soyons honnêtes, nous sommes en échec», a-t-il déclaré au Parisien. «On a beau faire feu de tout bois, tant qu’une croissance forte n’est pas là, il n’y a pas assez de créations d’emplois», annonçant au passage qu’il n’y aurait pas de recul du chômage avant mi-2015.

La fuite en avant. Si la sortie du ministre du Travail peut surprendre, pas question, en revanche, de remettre en cause la politique du gouvernement, notamment en matière de cadeaux fiscaux aux entreprises. À peine évoque-t-il «un manque de pédagogie» envers les entreprises sur le crédit impôt compétitivité emploi (CICE). Au contraire, le gouvernement persiste dans ses vieilles recettes inefficaces, comme la flexibilisation du marché du travail. La semaine dernière, Manuel Valls se disait d’accord avec la création d’un contrat de travail unique Une idée qui avait été une promesse de la campagne avortée de Nicolas Sarkozy. Elle consiste à faire disparaître le Contrat à Durée Indéterminée (CDI), jugé trop contraignant par le patronat, pour le remplacer par un contrat de travail plus facile et moins coûteux à casser. À l’image du «jobs act» mis en place en Italie en ce moment même.

Le renforcement des contrôles, un flicage insultant. Pour Éric Aubin, en charge des questions d’emploi à la CGT, ce dispositif ne ferait que «renforcer la précarité et augmenter les chiffres du chômage». Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, estime que «cela va tirer les contrats de travail vers le bas et museler les salariés qui veulent protester !». Le ministre du Travail avoue avoir échoué sur le front du chômage, mais ne renie pas ses propos polémiques sur le renforcement du contrôle des demandeurs d’emploi. Des déclarations que les associations de chômeurs, qui donnaient une conférence de presse vendredi, avec la FSU, n’ont toujours pas digérées. «Les chômeurs se sont réellement sentis insultés», explique Zalie Mansoibou, du MNCP. Christiane Grave, de l’Apeis, rappelle que «nous ne sommes pas que des statistiques». Tous exigent la non-généralisation du flicage expérimenté par Pôle emploi.

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