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Le diagnostic du docteur Macron

Publié le par Daniel Sario

Le diagnostic du docteur Macron

Par Jean-Paul Piérot

Étonnant diagnostic que celui établi par Emmanuel Macron. À l’entendre, notre pays n’est pas malade du chômage de masse, ni des bas salaires qui plombent la consommation, ni de la pauvreté qui s’étend… Les trois pathologies dont souffre la France sont d’une tout autre nature : «la défiance, la complexité et les corporatismes». S’il existait un prix Nobel de l’enfumage, le nouveau locataire de Bercy aurait vraiment toutes ses chances. On l’aura compris, le triptyque énoncé par le ministre de l’Économie a sa cohérence, vu des fenêtres de la banque. Il désigne trois obstacles auxquels le capitalisme demeure confronté : le scepticisme des Français à se laisser bercer par le chant des sirènes du libéralisme, un droit social s’opposant à la loi de la jungle et la capacité des salariés à défendre leurs intérêts collectifs.

Abolir toute résistance sociale, faire place nette pour les chasseurs de profit, est une quête constante dans le monde des affaires, des philippiques de Denis Kessler contre le programme du Conseil national de la Résistance aux considérations pseudo-philosophiques de Laurence Parisot sur la précarité en toute chose. Emmanuel Macron, qui il y a quelques jours ajoutait sa pierre à la campagne de dénigrement des chômeurs, s’inscrit dans cette veine-là. Ces propositions qui devraient prendre place dans un projet de loi prétendument destiné à donner de la «fluidité» à la vie économique ont certes un goût de déjà-vu. Ce saupoudrage touchant au travail du dimanche, à la dérégulation des transports publics, n’est pas sans rappeler le rapport de Jacques Attali réalisé à la demande de Nicolas Sarkozy pour «libérer la croissance». Macron affirme vouloir «déverrouiller», «libérer l’activité des règles inutiles», promet des stock-options aux cadres dirigeants des PME. Bref il veut «diffuser la culture entrepreneuriale dans la société», ce qui signifie que toutes les règles qui protègent les profits des actionnaires et les bonus faramineux des grands patrons demeurent un sujet tabou.

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