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Thon rouge : quotas de pêche en hausse

Publié le par Daniel Sario

Les populations de thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus) vivent dans l’Atlantique sur une vaste plage de latitudes, ainsi qu’en Méditerranée. © Ifremer
Les populations de thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus) vivent dans l’Atlantique sur une vaste plage de latitudes, ainsi qu’en Méditerranée. © Ifremer

Au vu du renouvellement partiel des stocks après les restrictions des années passées, les pays pêcheurs ont décidé de remonter de 20 % par an les quantités de prises autorisées pour les trois années à venir pour le thon rouge à l’est de l’Atlantique et toute la Méditerranée. Quant à l’espèce du Pacifique, elle est en danger d’extinction. Par Jean-Luc Goudet ( Futura-Sciences)

La dix-neuvième réunion extraordinaire de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Cicta, ou encore Iccat, de son acronyme anglais) vient de se terminer. Elle a réuni à Gênes, en Italie, des représentants de 47 pays plus l’Union européenne, tous pêcheurs du grand thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus), vivant dans cet océan ainsi qu’en Méditerranée. La baisse drastique des stocks avait conduit à réduire les quotas de pêche. En 2011-2012, ils étaient de 12.900 t par an pour l’Atlantique est et la Méditerranée, et de 1.750 t pour l’Atlantique ouest. L’étau s’est desserré (pour les pêcheurs) en 2013-2014 par une petite augmentation, avec 13.500 t de prises cette année, à l’est de l’Atlantique et en Méditerranée. Les stocks de thon rouge, constatent les scientifiques, se sont en partie reconstitués dans ces deux dernières régions, ce qui, après négociations, a conduit à décider d’une hausse annuelle de 20 % par an des quotas de pêche autorisés de 2015 à 2017. La pêche y atteindra alors 23.155 t dans l’année, ce quota étant toutefois soumis à la vérification de l’état des stocks en 2016. Dans l’Atlantique ouest, où les stocks sont très bas, la Cicta a monté les quotas à 2.000 t par an.

La biodiversité toujours en érosion. Le WWF, par la voix de Sergi Tudela, responsable pour l’association du Programme pêche en Méditerranée, se dit « très préoccupé » par « cette augmentation trop rapide », craignant que «les immenses efforts de conservation qui ont été menés ces dernières années puissent disparaître rapidement». L’association déplore également que les discussions n’aient porté que sur les quotas et pas sur la pêche illégale. Dans le même temps, l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), qui maintient à jour sa fameuse liste rouge, vient d’y inscrire dans la catégorie «vulnérable» le thon rouge du Pacifique (Thunnus orientalis), alors qu’il se trouvait jusque-là dans la colonne «préoccupation mineure». En clair, il est considéré comme menacé d’extinction. Créée il y a 50 ans, cette liste comprend désormais 76.199 espèces évaluées, dont 22.413 sont menacées d’extinction. Le fugu (Takifugu chinensis), poisson prisé des Japonais, a vu sa population diminuer de 99,99 % en 40 ans, affirme l’UICN.

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