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Béji Caïd Essebsi (Alliance laïque) élu président de la Tunisie

Publié le par Daniel Sario

Béji Caïd Essebsi (Alliance laïque) élu président de la Tunisie

Le candidat de l'alliance laïque, Béji Caïd Essebsi, a remporté l'élection présidentielle en Tunisie, selon les résultats définitifs du second tour publiés par l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE). Dans le courant de l'après-midi du lundi 22 décembre, le président sortant, Moncef Marzouki, a appelé son rival victorieux pour le féliciter, selon son directeur de campagne. M. Caïd Essebsi, 88 ans, a obtenu 55,68 % des suffrages, soit plus de 1,7 million de voix, contre plus d'un 1,3 million pour son rival (44,32 % des suffrages), a annoncé le président de l'ISIE, Chafik Sarsar. Le taux de participation a atteint 60,1 % des inscrits. Premier président démocratiquement élu depuis l'indépendance du pays en 1954, Béji Caïd Essebsi verra ses prérogatives largement limitées par la nouvelle Constitution, au profit du gouvernement, que devraient diriger ses troupes.

Bien que Moncef Marzouki se soit présenté, quelque peu tardivement, en défenseur de la révolution face au retour des tenants de l'ancien régime, accusant son adversaire de préparer des fraudes tout en jouant sur son âge (88 ans), il paie le prix de sa compromission avec les islamistes d’Ennahdha et ses milices, les Ligues de protection de la révolution (LPR), qui ont assuré et encadré sa campagne électorale. Une majorité de Tunisiens, notamment la société civile, la base des partis de gauche et progressistes, celle du Front populaire (FP) mais aussi d’El Massar ( issu de la mouvance communiste) n’ont pas pardonné au président de transition sortant ses hésitations et son absence de fermeté face à la violence islamiste, qui s’est traduite par la mort de deux dirigeants du FP – Chokri Belaid et Mohamed Brahmi – et par des saccages de manifestations artistiques et des agressions contre les femmes durant l’année 2012-13 notamment.

Dans l’ensemble, cette campagne n’a été marquée par aucun incident majeur. On retiendra que la Tunisie a réussi son pari démocratique. Les djihadistes n’ont pas réussi à empêcher que le processus démocratique se poursuive. Toutefois, de lourds dossiers (dette, économie en berne, chômage, pauvreté et terrorisme), rarement évoqués durant ce dernier tour de campagne, attendent le nouveau président sur son bureau.

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