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Grèce

Publié le par Daniel Sario

L'école d'Athènes par Raphaël

L'école d'Athènes par Raphaël

Dans la perspective d’élections législatives anticipées, la Commission européenne juge « agressive » la proposition de renégociation de la dette défendue par Syriza. Voilà qui agite et inquiète les milieux d’affaires internationaux et leurs mandataires de Bruxelles. Leur hantise est devenue la démocratie elle-même. Par Patrick Le Hyaric

 

La scène de la tragédie grecque montre une nouvelle fois avec éclat à quel point la lutte de l’oligarchie contre les peuples prend une nouvelle ampleur. Confronté à de puissantes mobilisations sociales, le pouvoir de droite, soutenu par les socialistes, pensait s’en tirer en provoquant une élection présidentielle anticipée et en présentant devant le Parlement un ancien commissaire européen, M. Stravos Dimas. Pour être élu, celui-ci doit recueillir aujourd’hui même 200 voix de députés ou 180 aux deux tours suivants prévus la semaine prochaine. À cette heure, il n’en aurait que 154. Voilà qui agite et inquiète au plus haut point les milieux d’affaires internationaux et leurs mandataires de la Commission de Bruxelles. Leur hantise est devenue la démocratie elle-même. En effet, si le candidat de droite n’est pas élu, la Constitution impose de convoquer des élections législatives au mois de février. Ce nouveau Parlement élirait un nouveau président pour la Grèce. Tout indique que dans un tel scénario le parti de Syriza pourrait devenir majoritaire.

Hypothèse insupportable pour tous ceux qui portent la responsabilité, en Grèce et dans les institutions européennes ou internationales, de la crise profonde et durable qui fait tant souffrir le pays. Ils se déchaînent ! Le nouveau président de la Commission européenne, M. Juncker, dont il n’est plus besoin de démontrer les liens avec la haute fi nance internationale, s’immisce grossièrement dans la vie politique intérieure grecque en maniant la peur et en appelant à voter à droite. Et Pierre Moscovici, décidément préposé aux basses oeuvres, a été dépêché sur place pour mener campagne. En violation de leur propre traité européen, on se croirait revenu aux sombres années 1950 sous la dictature des colonels, quand l’ambassade des États-Unis décidait de presque tout. La panique est sciemment organisée avec les ballottements erratiques des Bourses mondiales. On fait croire aux Grecs que les distributeurs de billets vont s’assécher. Et on les menace de ne pas verser les 7 milliards d’euros prévus au budget de la Grèce pour le mois de février, laissant ainsi croire que le pays court à la banqueroute. Les mêmes dirigeants européens qui hier voulaient sortir la Grèce de la zone euro accusent aujourd’hui Alexis Tsipras d’en avoir l’objectif alors qu’il défend depuis toujours le contraire. Sa victoire possible en Grèce changerait beaucoup de choses en Europe. Voilà pourquoi les couteaux sont sortis contre la démocratie. Voilà en quoi nous sommes tous concernés. Solidarité avec le peuple grec et Syriza.

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