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Les Jeunes communistes, acteurs d’une «génération révolution »

Publié le par Daniel Sario

Les jeunes communistes héraultais en manif
Les jeunes communistes héraultais en manif
Le Mouvement jeunes communistes de France (MJCF) a tenu ce week-end son congrès à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) avec l’ambition de « rassembler » sa génération pour en finir avec les politiques de précarité et d’austérité qui la mènent dans l’impasse. Par Julia Hamlaoui


«Combats le capitalisme, construis ton avenir. » C’est par ces mots, inscrits sur une banderole au pied de la mairie de Gennevilliers (Hauts-de Seine), que les quelque 500 participants au congrès du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF), venus de près de 60 départements, ont été accueillis tout le week-end. Une façon d’annoncer la couleur de ces trois jours de travaux. « Cette crise, notre génération se la prend en pleine face », a rappelé Nordine Idir, secrétaire général du MJCF, en clôture du week-end, fustigeant les politiques libérales du gouvernement : « C’est sûr qu’avec maître Gattaz, ils sont généreux ; en même temps, ça ne leur coûte pas cher : c’est eux qui offrent et c’est nous qui payons. »

Dix batailles urgentes à mener contre les politiques libérales. La précarité dans toutes ses dimensions est ainsi au cœur de leur combat. « Plus de 25 % des jeunes sont au chômage. Ce résultat, c’est celui des politiques libérales et d’un capitalisme qui nous met dans l’impasse », rappelle en préambule la charte revendicative adoptée par le congrès dimanche matin. Une réalité vécue par nombre des jeunes congressistes : « Je ne peux rien prévoir sur le long terme. Avoir un appart ? C’est mort », témoigne Mélissandre, conseillère en assurance en CDD. Pour faire face, ce sont « dix batailles urgentes pour l’avenir de la jeunesse de France » qu’entendent animer les Jeunes communistes : « refus du travail du dimanche », « fin des exceptions au droit du travail pour les jeunes », « un CDI qui redevienne la norme », « des formations qui répondent aux besoins des jeunes », lutte contre le racisme, accès à la démocratie, aux transports, à la culture... La question aura également été au cœur du message du secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, samedi après-midi : « Les jeunes sont en première ligne de cette précarité qui les empêche de vivre. Mais elle affaiblit aussi tout le pays ; dans vos luttes, vous pourrez compter sur notre engagement à vos côtés », a-t-il lancé, invitant le MJCF « à participer avec (le PCF) à la préparation du Forum européen des alternatives qui se tiendra en France en mai ». De cette génération de précaires, les Jeunes communistes veulent faire une « génération révolution », selon l’intitulé de leur texte d’orientation adopté vendredi. Leur visée ? Le communisme, évidemment, mais aussi, comme cela avait été voté lors du dernier congrès en 2010, le «socialisme du XXIe siècle ».

Atteindre les 20 000 adhérents d’ici à trois ans. Mais il ne s’agit pas pour le MJCF de s’adresser aux seuls convaincus. « Les dominants font tout leur possible pour nous tenir divisés, éparpillés et donc impuissants. Notre tâche, si nous voulons révolutionner ce monde qui en a tant besoin, c’est de rassembler », a insisté Nordine Idir. Si le mouvement s’est fixé l’objectif d’atteindre les 20 000 adhérents d’ici à trois ans, l’enjeu du rassemblement est de taille à l’heure d’une abstention et d’un vote Front national toujours accrus. « On constate chaque jour que la politique n’est pas bien vue par les jeunes. Voir que la gauche mène la même politique que la droite n’est pas facile à digérer », note Julia, une lycéenne de la Vienne, convaincue que « la seule façon de faire bouger les choses, c’est de ne pas rester spectateur ». Permettre à tous de se mêler de politique, l’ambition semble partagée. « Les jeunes précaires subissent actuellement plein d’expressions du capitalisme. En se munissant de revendications concrètes et politiques, nous leur donnerons accès à la contestation du système », explique Léa, des Bouches-du-Rhône, citant un collectif de son département contre la fermeture des CAF ou encore les lycéens qui militent contre leur déclassement de ZEP. Une démarche qui irrigue aussi un autre pilier de l’engagement du MJCF : la solidarité internationale. Après les 30 000 signatures pour la reconnaissance de l’État palestinien par la France recueillies en 2014, le MJCF a décidé d’amplifier la lutte jusqu’à ce que cette reconnaissance devienne effective, mais aussi de poursuivre de front son action en faveur de la campagne Boycott désinvestissement sanction (BDS), et pour la libération de tous les prisonniers palestiniens dont Marwan Barghouti. Et Nordine Idir de conclure : « Non, le pire n’est pas certain. Non, si nous sommes attentifs aux préoccupations des jeunes, si nous les écoutons, nous pouvons faire de très grandes choses et inverser la vapeur. »

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