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Convergence pour le service public

Publié le par Daniel Sario

Photo : Patrick Nussbaum
Photo : Patrick Nussbaum
Dans la foulée des actions régionales du 4 novembre dernier, c’est désormais en manifestation nationale que les salariés du secteur public comptent se faire entendre et peser dans le débat. Ce Jeudi, les cortèges parisiens des salariés du rail et de l’énergie convergeront pour dénoncer, unis, la casse des services publics. Par Marion d'Allard et Kevin Boucaud

Le gouvernement, par le vote de la réforme ferroviaire le 4 août dernier, par la loi de transition énergétique actuellement en examen, ainsi que par de nombreuses dispositions du projet de loi pour l’activité économique et l’égalité des chances économique, dite loi « Macron », s’est engagé sur la voie de la casse méthodique des services publics. L’urgence de la situation impose une réponse unitaire, intersyndicale et interprofessionnelle. Demain, les cheminots, à l’appel de la CGT et de SUD rail d’un côté, les salariés des industries minières, électriques et gazières, avec le soutien des salariés de la métallurgie à l’appel de la CGT et de FO de l’autre, se mobilisent pour une journée d’action nationale. Les deux cortèges, concomitants, convergeront en fin de parcours contre la politique de destruction des services publics. Car d’augmentations des prix en dégradations des services, de privatisations en suppressions de postes, l’énergie et les transports sont devenus laboratoires du libéralisme et de la loi du bas coût.

Alors que le passage devant le Sénat de la loi de transition énergétique est prévu début février, les syndicats dénoncent un texte « dont aucune mesure sur l’énergie ne participe à l’objectif de diminution de production de CO2 ». Une loi qui ne prend pas en compte la question du pétrole – largement liée à celle des transports – mais qui s’attache particulièrement à réformer la production d’électricité « pourtant décarbonnée à près de 85 % », souligne la CGT. « Comment expliquer les articles prévoyant l’ouverture à la concurrence des barrages hydrauliques ? La réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique (…) ? Ou encore la remise en cause des tarifs sociaux du gaz et de l’électricité remplacés par un chèque utilisable pour toutes les énergies, y compris le fioul (…) ? » poursuit le syndicat, qui conclut qu’« aucune de ces mesures ne concourt à la baisse des émissions de CO2 ».

« Nous nous attendons à une très forte mobilisation ». Dans la foulée des actions régionales du 4 novembre dernier, c’est désormais en manifestation nationale que les salariés du secteur comptent se faire entendre et peser dans le débat. « Nous nous attendons à une très forte mobilisation, les secteurs de province ont d’ores et déjà réservé bus et trains pour acheminer les salariés à Paris », explique Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la fédération CGT mines et énergies. La loi sur la « transition énergétique » touche également d’autres grandes entreprises comme Areva, Alstom, ou encore General Electric, dont les salariés participeront aux rassemblements. Dans le même temps, les cheminots subissent de plein fouet les premiers effets de la réforme ferroviaire votée cet été et contre laquelle la CGT et SUD rail ont mené bataille pendant des mois : fermetures de lignes, suppressions de postes et, pour ce qui est des usagers, augmentation de 2,7 % du prix des billets de train. La loi Macron en rajoute une couche en libéralisant le transport longue distance de voyageurs par autocars, une attaque de plus contre le service public ferroviaire, un contresens, aussi, en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mobilisés pour un véritable service public, les salariés du rail seront dans la rue demain aux côtés de ceux de l’énergie, comme un signal fort adressé au gouvernement.

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