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Le "trombinoscope" de la honte

Publié le par Daniel Sario

Mardi soir était organisée la remise des prix du "Trombinoscope", annuaire qui recense les acteurs de la vie politique. Mais la décision de sacrer Steeve Briois, maire FN d’Hénin-Beaumont, "élu local de l’année" a provoqué quelques remous. Les journalistes politiques du jury ont offert la plus belle des tribunes à ce très proche de Marine Le Pen. Mais s'agissait-il d'une bévue?

Après seulement 33 ans d’existence, le Trombinoscope, annuaire des personnalités politiques, créé en 1981, est-il déjà atteint de sénilité précoce ? La feuille, dirigée par (et vers, essentiellement) des journalistes parlementaires, a consacré le maire FN de Hénin-Beaumont, Steeve Briois, « élu local de l’année » 2014. Si ce n’est l’entre-soi journalistique, quelle fine analyse politique a conduit la crème des commentateurs – Arlette Chabot, Laurent Joffrin, Christophe Barbier et consorts – à une telle décision ? « Nous aurions pu désigner Marine Le Pen dans la catégorie de la révélation politique de l’année, mais nous ne l’avons pas fait. » Gilles Leclerc, le président de la chaîne parlementaire Public Sénat, qui devait remettre le prix à Briois hier soir, à l’hôtel de Lassay (à l’Assemblée nationale), justifie bien mal le choix de ses pairs, dans la Voix du Nord : « Le jury ne pouvait pas ignorer le fait de la montée du FN. » Comme si les directeurs de journaux, Laurent Joffrin, au Nouvel Observateur puis à Libération, Christophe Barbier à l’Express, n’avaient eux-mêmes accompagné cette « montée ».

Et bien avant 2014… Le parti communiste héninois, aux premières loges de l’action municipale, a manqué s’étrangler en apprenant la nouvelle. Le Trombinoscope a-t-il voulu récompenser l’expulsion de la Ligue des droits de l’homme, l’arrêté antimendicité visant les Roms (heureusement retoqué par la justice), sa décision de ne plus inviter le PCF aux commémorations ou ses menaces envers les syndicats ? s’interroge le conseiller municipal communiste David Noël. « Je n’ai pas choisi seul, c’est le jury qui a fait ce choix, comme l’ont fait les habitants d’Hénin-Beaumont », chouine Leclerc. Qui envisageait de se dédouaner à bon compte en demandant à Briois « où il était le 11 janvier ». Ou quand l’étiquette Charlie sert même à donner un semblant de dignité à la réunion des médiocres.

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