Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Syriza leur donne le tournis

Publié le par Daniel Sario

Syriza leur donne le tournis
Par Jean-Paul Piérot

Onze millions de Grecs donnent le tournis à toute l’oligarchie européenne, de Bruxelles, où siège la Commission, à Francfort, qui abrite les bureaux feutrés de la BCE. Ils hantent les nuits des hiérarques du FMI, qui avaient brandi la menace de l’asphyxie financière pour tenter de contraindre les députés d’élire un président présenté par un pouvoir discrédité. Pendant des semaines, une pression formidable fut exercée sur le Parlement par la sainte alliance de l’eurolibéralisme, pour qu’il prive le peuple d’une élection législative anticipée, seul moyen constitutionnel de sortir le pays du marasme où l’ont plongé conjointement la droite et le Pasok (parti socialiste).

Athènes, la patrie de Démosthène, réclamant la démocratie, c’est plus qu’en put supporter Angela Merkel, qui osa évoquer l’exclusion de la Grèce de la zone euro au cas où Syriza remporterait le scrutin ! Mais la chancelière allemande ne fut pas seule, loin s’en faut, pour soutenir, un peu lourdement, son ami politique Antonis Samaras. Le conservateur grec obtint également l’appui d’un socialiste français, Pierre Moscovici, devenu commissaire européen. Il n’est pas sûr que ces prises de position n’aient pas finalement été aussi contre-productives qu’une corde soutenant un pendu.

Tout se passe comme si plus les chantres de la politique austéritaire ont défilé à Athènes pour tenter de sauver la mise au gouvernement, plus la gauche grecque et son leader, Alexis Tsipras, ont accru leur capital de confiance auprès de la population. N’ayant pu convaincre que Syriza serait « anti-européenne » ou « populiste », certains essaient de faire bonne figure, de tenter par avance d’amortir l’impact d’un vote qu’ils redoutent pourtant. D’autres tentent de polluer la montée de la gauche, telle Marine Le Pen qui prétend « souhaiter sa victoire ». Une minable manœuvre pour tenter redorer le blason brun d’une extrême droite dont une partie est compromise par un soutien à la coalition sortante et une autre dans des actions criminelles. « L’espoir vient », proclame le slogan de Syriza. Pour la gauche, dans toute l’Europe.

Commenter cet article