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Agissons pour le peuple grec !

Publié le par Daniel Sario

Par Patrick Apel-Muller

Quelques heures de flottement avaient accueilli le vote grec dans les chancelleries européennes. Certains penchaient pour une manœuvre d’enveloppement, un étouffement souriant, tandis que les autres en pinçaient pour la manière forte. Aucun ne s’était cependant rendu à la vérité des nuisances de l’austérité et nul n’envisageait de respecter la volonté de ce peuple, pas plus que celle des autres. Les dissonances ne se sont donc pas prolongées. Angela Merkel a fixé depuis plusieurs années le cadre exigu de la souveraineté concédée aux citoyens européens en avançant le dogme de la « marktkonforme demokratie » : « la démocratie conforme aux exigences des marchés ». Et les financiers entendent toujours vampiriser les budgets d’Athènes, dépecer ses services publics, se partager ses ressources et ses lieux d’histoire, pressurer encore une population meurtrie. Le bras armé de leur réaction avait son aire sur une tour de Francfort et une longue expérience de l’art d’assommer les peuples .

Les heures, les jours qui viennent autour de la réunion de l’Eurogroupe sont cruciaux, pas seulement pour Alexis Tsipras, mais pour les progressistes européens, pour les salariés français. S’y jouent le desserrement de l’étau qui broie la Grèce mais aussi les possibilités d’émancipation des autres pays du joug de l’austérité, le droit de décider de son destin. Chaque jour compte pour contraindre le gouvernement français à sortir de l’hypocrisie et à peser en faveur de l’allégement de la dette grecque, pour enclencher une autre logique que celle qui déverse des centaines de milliards d’euros à intérêts presque nuls en faveur des banques privées et qui impose l’usure à un État souverain. Si le dessein européen arbore la face hideuse de cette « marktkonforme demokratie », il est mort. Désormais la sympathie pour Syriza ne suffit plus ; une solidarité agissante s’impose. Elle peut bousculer la Sainte-Alliance des nantis. « Les tyrans ne sont grands seulement parce que nous sommes à genoux », écrivait en 1574 un jeune homme de dix-huit ans, Étienne de La Boétie.

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