Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

André Chassaigne : "l'archaïsme, c'est le libéralisme, c'est Thatcher" !

Publié le par Daniel Sario

André Chassaigne : "l'archaïsme, c'est le libéralisme, c'est Thatcher" !
Le combat contre la loi Macron se poursuit à l'Assemblée nationale. Pour l’élu PCF-Front de gauche André Chassaigne, le travail de convergence à gauche contre le «parti pris libéral du gouvernement» doit se poursuivre même si tous les députés opposés à cette politique ne voteront pas la censure.

Quel sens prend l’utilisation du 49-3 dans le contexte de crise politique actuel ?

Le gouvernement a eu recours au 49-3, tout simplement parce qu’il ne disposait pas d’une majorité suffisante à gauche pour faire adopter le projet de loi dit Macron. Au lieu de reconnaître son échec et de tenir compte du fossé qui ne cesse de se creuser entre ses orientations et la population, il passe en force. C’est un véritable aveu de faiblesse du gouvernement qui ne peut rallier assez de voix à gauche à son parti pris libéral et ne dispose plus de majorité pour soutenir sa politique. C’est également l’expression d’un mépris pour la souveraineté nationale dans la mesure où les députés ne voteront pas un texte discuté pendant 200 heures. C’est un véritable déni de démocratie. Durant tout le débat sur le projet de loi Macron, un vent nouveau s’est levé au Parlement. Pour la première fois, des députés socialistes en nombre ont exprimé leur ­opposition déterminée. Des voix convergentes sont venues des différents bancs de la gauche. Par ce coup de force, le gouvernement a également voulu porter un coup d’arrêt à cette dynamique en faveur de l’alternative.

Pourquoi des députés Front de gauche ont décidé de voter la motion de censure présentée par la droite ?

C’est une décision majoritaire du groupe Front de gauche. Privés de vote, c’est le seul moyen dont nous disposons pour marquer notre opposition à la loi Macron. Il nous a manqué le temps nécessaire, et sans aucun doute aussi le nombre de députés nécessaires, pour obtenir les 58 signatures qui auraient permis de présenter une motion de censure de gauche. C’était notre volonté. Avec Isabelle Attard, nous lançons d’ailleurs un appel pour une censure de gauche. Car nous voterons la censure pas le texte de l’UMP. Notre position est diamétralement opposée à celle de la droite qui considère que la loi Macron ne va pas assez loin dans le domaine de la déréglementation, du libéralisme. Nous, nous voulons que le gouvernement soit renversé et remplacé par un gouvernement de gauche, c’est-à-dire un gouvernement progressiste qui mette en œuvre la politique pour laquelle les Français ont voté en 2012.

Au-delà de ce vote, quelles perspectives se dessinent pour le rassemblement à gauche des forces favorables à une autre politique ?

On peut comprendre que, dans ce contexte difficile, des députés opposés à la politique gouvernementale puissent avoir des difficultés à voter la censure. Mais ces positions ponctuellement différentes ne nuisent en aucun cas à ce qui a été engagé. Sur tous les textes de lois à venir, nous allons travailler à des convergences qui remettent en cause le parti pris libéral du gouvernement.

Que répondez-vous au gouvernement qui, avec la loi Macron et son passage en force, se targue d’incarner la « nouvelle politique » face à tous les archaïsmes ?

L’archaïsme est chez ceux qui, comme le gouvernement, mettent en œuvre les vieilles recettes néolibérales de Thatcher, Schröder et d’autres. Chez ceux qui utilisent le 49-3, une arme d’un autre temps qui figure parmi ce qu’il y a de plus rétrograde en termes de démocratie. La modernité est au contraire du côté de ceux qui considèrent qu’il est possible de mener en Europe des politiques progressistes et non pas de régression sociale.

Commenter cet article