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Des parlementaires français reçus par Al Assad

Publié le par Daniel Sario

Des parlementaires français reçus par Al Assad
Le chaos régional pourrait expliquer cette initiative, alors que Paris dit refuser tout contact avec le président syrien. On apprenait dans la foulée , la libération de l’opposant démocrate et laïque syrien Louaï Hussein

Le ministère français des Affaires étrangères peut bien continuer à asséner que « la position de la France est constante : nous ne discutons pas avec Assad », il n’en reste pas moins qu’hier quatre parlementaires français en « mission personnelle » en Syrie ont rencontré à Damas le président syrien, Bachar Al Assad. La visite de cette délégation française (PS, UMP et UDI, tous membres de l’association d’amitiés parlementaires France-Syrie) est une première depuis la fermeture de l’ambassade de France en 2012. En privé, de nombreux diplomates européens estiment d’ailleurs que le moment est venu de rouvrir des canaux de communication avec Damas.

D’après l’agence de presse syrienne Sana, Assad a déclaré que la Syrie « encourage la coopération entre les États, manière la plus efficace de contrer l’expansion du terrorisme et de l’éliminer ». Chose impossible si, comme le fait Paris, aucun canal de communication ne se rouvre avec Damas. Ce qui semble indiquer en tout cas que la situation tant en Syrie et en Irak qu’au Yémen, à Bahreïn, en Égypte, au Nigeria, voire au Mali et surtout en Libye n’est pas étrangère à ce nouveau développement. L’« État islamique » représente aujourd’hui un danger encore plus grand qu’al-Qaida. Or, jusqu’à présent, les résultats de la coalition officiellement mise en place pour éradiquer cet « État islamique » restent faibles. Comme le fait remarquer Pierre-Jean Luizard (le Piège Daech. L’État islamique ou le retour de l’Histoire, La Découverte, février 2015), « la faiblesse majeure de cette coalition reste l’absence de projet politique pour une région en pleine recomposition. Et il semble évident que la force militaire ne pourra, à elle seule, venir à bout d’un ennemi déterminé et aux ressources importantes ».

Sur BFM TV, Jacques Myard (UMP, membre de la délégation) a souligné qu’il ne pensait pas qu’il soit possible de combattre l’organisation « État islamique » sans la Syrie. C’est sans doute, de manière officieuse, ce qui commence à se faire. Reste à savoir qui a donné un feu vert (ou orange) à ces parlementaires, dont l’initiative survient après quelques tentatives plus officieuses des services de renseignement français. Le même jour, on apprenait par ailleurs la libération à Damas de l’opposant démocrate et laïque Louaï Hussein, connu pour sa recherche d’une solution pacifique à la crise qui agite la Syrie.

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