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Les « 32 heures » contre le travail du dimanche

Publié le par Daniel Sario

Philippe Martinez, hier, avec les salariés parisiens du commerce. Photo : Pierre Pytkowicz
Philippe Martinez, hier, avec les salariés parisiens du commerce. Photo : Pierre Pytkowicz
Pour Philippe Martinez, le nouveau secrétaire général de la CGT, il faut aller vers la réduction du temps de travail à 32 heures. Il était hier aux côtés des salariés du commerce où il a précisé que "le progrès passe par la RTT et non par la loi Macron".

Des manifestants cernés par les enseignes de luxe parisiennes, comme Fauchon, Dior ou Ralph Lauren, en pleine « zone touristique » potentielle candidate à l’ouverture des magasins chaque dimanche de l’année, et à deux pas de l’Assemblée nationale. Les salariés du commerce et de la restauration ne se sont pas donné rendez-vous par hasard sur la place de la Madeleine, hier, à l’appel de leur fédération CGT, contre le projet de loi Macron toujours en cours d’examen par les députés. Ils n’étaient pas les seuls : des élus sont venus aussi les soutenir, tel Didier Le Reste (PCF-Front de gauche), qui a porté au nom de son groupe au Conseil de Paris, lundi, l’opposition à l’extension du travail du dimanche dans la capitale (voir l’Humanité d’hier). Mais le plus attendu était sans conteste le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, qui a focalisé l’attention des nombreux micros et caméras pour l’une de ses premières sorties publiques depuis son élection à la tête du syndicat, mardi dernier.

À l’extension du travail dominical et de nuit proposée par le ministre de l’Économie, le nouveau dirigeant de la CGT oppose la revendication d’une réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires et d’une hausse des salaires. « La loi Macron est le contraire de la modernité », car elle entend « obliger les salariés à travailler le dimanche et la nuit sans salaire majoré », a dénoncé Philippe Martinez. « S’ils veulent que les salariés consomment plus, il faut augmenter les salaires, il faut réduire le temps de travail » et « aller vers les 32 heures ». Pour ces salariés travaillant souvent en « horaires atypiques » et à temps partiel, les « 32 heures seraient une solution, avec un salaire décent reconnaissant (leurs) qualifications », a poursuivi le responsable de la Confédération.

Mais il a aussi répondu aux détracteurs de la CGT qui y voient une « solution passéiste » : « Il y a de l’argent pour financer des augmentations de salaires, pour permettre à tout le monde de travailler, a déclaré Philippe Martinez, il est caché dans les paradis fiscaux », à l’instar des 180 milliards d’euros soustraits au fisc par les clients de la banque HSBC avec la complicité de cette dernière, selon les révélations du Monde. Une somme qui représente à elle seule « deux fois le déficit public annuel de la France », a rappelé le dirigeant syndical. « La mobilisation doit continuer », a-t-il encore déclaré, en appelant tous les salariés, « ceux du public, ceux du privé », à « se retrouver » prochainement « dans la rue » lors d’une « journée nationale d’action interprofessionnelle » proposée par la CGT entre la fin du mois de mars et le début d’avril.

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