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Nassrin Abdalla, commandante à Kobané : Nous libérons la région des terroristes de DAESH

Publié le par Daniel Sario

Nassrin Abdalla, commandante de l'YPJ et Asya Abdellah, co présidente du PYD
Nassrin Abdalla, commandante de l'YPJ et Asya Abdellah, co présidente du PYD
Interview exclusive. Nassrin Abdallah, la commandante des Unités populaires de défense des femmes à Kobané est rédactrice en chef de L'Humanité du mercredi 11 février, accompagnée d'Asya Abdallah, coprésidente du Parti de l’Union démocratique( PYD) du Kurdistan de Syrie. Toutes deux ont ont accordé une interview exclusive sur la situation actuelle de Kobané, leur rencontre avec le Président de la République et leurs programme politique . Réalisation : Abrahim Saravaki

Lundi 9 février, Nassrin Abdallah, commandante de l’Unité populaire de défense des femmes (YPJ) et Assia Abdallah, co-présidente du PYD (Parti de l’Union Démocratique) sont venues de Kobané pour tenir leur première conférence de presse en France, à la Mairie du Xe arrondissement de Paris. Humbles, l’une en tenue de combat avec son insigne vert du YPJ sur le bras gauche, l’autre en habits civils, on ne peut plus sobres. Et pourtant, ces deux femmes ont tenu tête pendant plus de quatre mois aux djihadistes de l’« Etat Islamique ». Prêtes à tout sacrifier pour leur combat, leur liberté et la démocratie, ces femmes et des centaines d’autres ont libéré Kobané le 26 janvier dernier. Des centaines de personnes, de tout âge, se pressaient dans la salle pour acclamer ces héroïnes : « Kobané libérée !» ou encore « Vive Rojava (Kurdistan en Syrie, ndlr) ! ».

Soutiens au peuple kurde. Des représentants de l’ensemble des partis de gauche étaient aussi présents pour accueillir, remercier et féliciter Nassrin et Assia Abdallah. À l’unisson, ils ont mis le doigt sur les combats qu’il restait encore à mener pour le peuple kurde. Lydia Samarbakhsh, responsable des relations internationales au PCF, ainsi que des représentants d’EELV , du Parti de Gauche, du PS, de l’UDI et du NPA ont tenu à affirmer leur soutien au peuple kurde, pressant le gouvernement français de se tenir à leurs côtés. Car la France comme l’Union Européenne considère encore aujourd’hui les PYD et PKK kurdes comme des organisations terroristes, et c’est justement le retrait de ces deux partis d’une telle liste que ces politiques ont exigé.« Il est temps de considérer le peuple kurde comme un peuple qui œuvre pour la paix au Moyen-Orient», a déclaré Lydia Samarbakhsh. Le sénateur Aymeri de Montesquiou (UDI) revient du Kurdistan. Là-bas, il a pu voir que « le courage est une vertu que les Kurdes illustrent on ne peut mieux », pensée que partage le député PS de Haute-Garonne, Gerard Bapt, qui « espère que le gouvernement français sera plus concrètement » aux côtés des forces kurdes. Comme la plupart des représentants politiques présents, Gérard Bapt est signataire de la pétition demandant le retrait du PYD et du PKK de la liste internationale des organisations terroristes.

Ne pas oublier Fidan Dogan, Sakine Cansiz et Leyla Soylemez. Alors que les forces turques empêchaient les renforts d’arriver à Kobané, le courage et la volonté des femmes au combat étaient symboliques de la force du mouvement tolérant et égalitaire qu’est le PYD. « Les femmes de Kobané sont un exemple de la détermination humaine», explique Assia Abdallah. « Ces femmes, qui ont laissé partir leurs enfants en Turquie et qui sont restées combattre l’ennemi lourdement armé, qui ont vu des enfants déchiquetés sous leurs yeux, elles n’ont jamais abandonné la résistance », continue-t-elle. Ne pas oublier Fidan Dogan, Sakine Cansiz et Leyla Soylemez. Deux ans après l’assassinat de ces trois activistes du PKK à Paris, justice n’a toujours pas été rendue. Car le combat contre le terrorisme et l’intégrisme est loin d’être fini, aussi bien au Moyen-Orient qu’en Europe où les islamistes multiplient les exactions. Aujourd’hui, les Kurdes du PYD demandent de l’aide, des armes « mais pas par amour pour les armes, par amour pour la paix », martèle Assia Abdallah. Il va falloir reconstruire Kobané bientôt. « Tout ce qui pouvait donner un sens à une vie y a été détruit », raconte-t-elle. Mais malgré tout, il y a encore une envie de vivre à Kobané, un désir de fraternité, d’union et de socialisme à visage humain. « Camarades », c’est le mot qui revient le plus dans les bouches d’Assia et Nassrin Abdallah. Et quand elles parlent de leur désir de construire un Rojava démocratique et social, ce mot-là prend tout son sens.

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