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Russie : Washington passe à l’attaque

Publié le par Daniel Sario

Des soldats ukrainiens à proximité de la ville d'Artemivsk, dans les environs de Donetsk, le 1er février. (Photo Manu Brabo. AFP)
Des soldats ukrainiens à proximité de la ville d'Artemivsk, dans les environs de Donetsk, le 1er février. (Photo Manu Brabo. AFP)
Après les sanctions économiques contre Moscou, la Maison-Blanche pense envoyer des armes à l’Ukraine. Notamment des missiles antichars et des drones de reconnaissance. Par Stéphane Aubouard

Après les sorties agressives de la Maison-Blanche, la semaine dernière, promettant l’accentuation de nouvelles sanctions économiques à l’égard de Moscou, c’est au tour du Pentagone de jeter de l’huile sur le feu du foyer ukrainien. D’après le New York Times, le général Martin Dempsey, chef d’état-major interarmées des États-Unis, le plus haut gradé du pays, s’est dit « ouvert à de nouvelles discussions sur le sujet », de même que Susan Rice, l’actuelle conseillère de Barack Obama sur les questions de défense. De son côté, le commandant en chef de l’Otan, un autre général états-unien, Philip Breedlove, a annoncé qu’il était franchement favorable à l’envoi d’« aide létale » à l’armée ukrainienne. Un changement de stratégie radical. Jusqu’à présent, Washington s’était contenté d’envoyer des gilets pare-balles, de l’équipement médical ou encore des radars pour détecter des tirs de mortier. D’après le quotidien, les États-Unis étudieraient désormais la possibilité de fournir à l’armée ukrainienne des armes et des équipements défensifs. Notamment des missiles antichars et des drones de reconnaissance.

"La guerre froide est déclarée". Le New York Times évoque également la publication, ce lundi, d’un rapport «indépendant » – pourtant rédigé par huit anciens hauts responsables américains – budgétisant cet envoi d’armes létales à hauteur de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros). Un rapport qui corrobore l’actuelle publicité diplomatique de la Maison-Blanche. « Bien que nous restions concentrés sur la recherche d’une solution via les moyens diplomatiques, nous évaluons sans cesse d’autres options afin de créer un espace pour une solution négociée de la crise », a ainsi précisé Bernadette Meehan, porte-parole du Conseil de sécurité états-unien. Cette nouvelle intervention sur le champ miné ukrainien n’est pas réellement une surprise. En mai 2014, Barack Obama avait déjà envoyé un millier de militaires supplémentaires en Pologne et dans les pays baltes. Un geste destiné à montrer son engagement à ses alliés de l’Otan. Une compagnie de 150 hommes de la 173e brigade aéroportée de l’armée américaine, en Pologne, et environ 450 hommes en Estonie, en Lettonie et en Lituanie, pour des exercices. La vision de Mikhaïl Gorbatchev, en fin de semaine dernière – « l’Amérique s’est égarée dans les profondeurs de la jungle, et nous entraîne avec elle. La guerre froide est déclarée. Et je ne puis assurer que là, cela ne tourne pas en une véritable guerre » – prend de plus en plus corps. Côté séparatistes, la réponse ne s’est pas fait attendre avec un appel à la « mobilisation générale » qui pourrait permettre d’enrôler des milliers de combattants aux côtés de leur chef, Alexandre Zakhartchenko.

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