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Départementales : défendre le social et l'alternative politique avec le Front de gauche

Publié le par Daniel Sario

Jean-Franck Cappellini, Nadine Despretz, Michèle Aversa et Thierry Bonnavenc, les candidats du PCF-Front de gauche dans le canton de Frontignan
Jean-Franck Cappellini, Nadine Despretz, Michèle Aversa et Thierry Bonnavenc, les candidats du PCF-Front de gauche dans le canton de Frontignan
Les politiques sociales constituent la moitié des dépenses des départements : 33,9 milliards d'euros. Ce sont elles qui sont menacées à la fois par ceux qui veulent supprimer les départements pour mettre en place des métropoles et par le Front national et la droite qui méprisent le social et n'y voit qu' "assistanat". Les candidats du Front de gauche offrent une défense et une alternative.

À la veille du scrutin pour l'élection des conseillers départementaux, seul un Français sur deux (49 %) déclarait un intérêt pour ce scrutin (1). Le taux d’abstention pourrait flirter avec les 60 % au soir du premier tour. 45 % des abstentionnistes n’iraient pas voter car ils n’ont «pas confiance dans les responsables politiques» et 29 % parce que «cela ne changera pas grand-chose à (leur) vie quotidienne».

Le FN s'alimente de la trahison et de l'abstention. Pour beaucoup d’électeurs qui ont choisi le candidat de gauche au second tour de l’élection présidentielle de 2012, «le changement c’est maintenant» résonne encore. Depuis, rien n’a changé et le crédit des paroles politiques, déjà bien entamé, en a pris un sérieux coup. La politique menée par le président socialiste et le fatalisme qu’il distille entraînent toute la gauche dans sa chute. Alors que 43,7 % des électeurs avaient choisi un candidat de gauche à l’élection présidentielle en 2012, ils n’étaient plus que 34 % aux élections européennes deux ans plus tard, et 9 millions de voix en moins. Pendant ce temps, le Front national retrouvait aux européennes 73 % des électeurs de Mme Le Pen à l’élection présidentielle, lui permettant d’arriver en tête et de s’autoproclamer «premier parti de France» avec moins de 10 % des suffrages des inscrits. Le scénario pourrait se répéter lors de ces élections départementales. Seuls 44 % des sympathisants de gauche déclaraient vouloir aller voter à une semaine du scrutin contre 55 % à droite.

Le révolver sur la tempe. Le retrait électoral d’une grande partie de la population risque donc de dessiner le scrutin et aura un impact concret réel. Ceux qui ont le plus intérêt au vote sont également ceux qui s’apprêtent à ne pas en user. Les classes populaires sont ainsi à la fois les plus abstentionnistes et les plus opposées à la disparition des départements (58 %), alors que les classes supérieures y sont favorables (62 %) (2). Or la couleur politique des élus amenés à siéger déterminera le maintien ou non de l’échelon départemental. La droite est favorable à sa suppression de longue date, quand l’alliance du Front de gauche et d’élus locaux de diverses sensibilités de gauche a permis de repousser la disparition immédiate des départements voulue par le premier ministre. De plus, les politiques sociales constituent de loin le plus gros poste (49 %) des dépenses des départements soumis par ailleurs à la pression de l’austérité budgétaire obligeant les exécutifs à faire des choix. Les dépenses sociales seront dans le collimateur de la droite et du FN, mais également d’élus socialistes acceptant la logique austéritaire. Ceux qui en ont le plus besoin risquent donc de subir la baisse des dépenses sociales sans s’être exprimés à ce sujet. Au total, ce sont en moyenne 1 000 euros par habitant et par an que les conseils départementaux auront à répartir, une somme loin d’être négligeable en période de crise.

L'impact pour une alternative politique à gauche. Le résultat des élections départementales aura également un impact politique important. Si la défaite est prévisible pour le Parti socialiste qui dirige 50 départements, son ampleur est inconnue. Dans ce contexte, les résultats des autres forces de gauche seront scrutés par le pouvoir. Après les élections européennes, le premier ministre, Manuel Valls, avait beau jeu de déclarer: « Il n’y a pas d’alternative à gauche », en pointant le score du FG (6,5%). Cette faiblesse de « l’alternative » justifiait ainsi un resserrement du gouvernement autour de son orientation la plus libérale. L’enjeu est donc de taille pour le FG, dont l’électorat est pourtant, selon certains sondages, pour l’heure, le moins mobilisé (39 %) (3). Si, au contraire, les élections départementales laissent apparaître l’émergence d’une « nouvelle gauche », comme l’espèrent les dirigeants du FG, des écologistes et des socialistes qui ont fait candidatures communes, le gouvernement n’aura plus les mains libres pour sa fuite en avant libérale. Le pire n’est jamais sûr et 70 % des abstentionnistes déclarent qu’ils peuvent changer d’avis ...

Les magouilles du ministère de l'Intérieur. Au soir du premier tour, les radios et les télévisions annonceront des résultats nationaux qui auront peu à voir avec la réalité. Le ministère de l’Intérieur a en effet choisi d’étiqueter les binômes candidats de manière à masquer les différentes configurations à gauche. Ainsi un binôme composé d’un candidat socialiste et d’un partenaire sera étiqueté «union de la gauche» alors qu’un binôme Front de gauche-EELV est étiqueté «divers gauche». Même procédure à droite avec l’UMP. Le FN, pour sa part, bénéficiera de sa couverture maximale du territoire grâce à sa stratégie de parachutage de candidats tous azimuts. Ainsi PS, UMP et FN pourront bénéficier d’un score aggloméré flatteur, quand il faudra faire le tri pour avoir le score du FG, d’EELV ou de leurs alliances.

Notes :

(1) Harris Interactive pour M6.

(2) Ifop pour « Ouest France».

(3) Ifop pour Europe 1.

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