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L'Union européenne à Cuba en donneuse de leçon?

Publié le par Daniel Sario

Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, va recevoir ce mardi, Federica Mogherini, la responsable de la diplomatie de l'Union européenne.
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, va recevoir ce mardi, Federica Mogherini, la responsable de la diplomatie de l'Union européenne.
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, va recevoir ce mardi, Federica Mogherini, la responsable de la diplomatie de l'Union européenne qui annonce sa volonté de "valoriser les bases de la participation démocratique et des droits de l'homme, civiques et politiques" en Amérique latine.

La responsable de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini se rend lundi en visite officielle à Cuba, au moment où le rapprochement entre les 28 et l'île entre dans sa phase la plus délicate. C'est le premier responsable européen d'un tel niveau à visiter Cuba depuis l'ouverture des négociations entre Bruxelles et La Havane en avril 2014. Mme Mogherini, la responsable de la diplomatie de l'Union européenne débarque en effet à Cuba peu après l'irruption de la question polémique des droits de l'Homme autour de la table des négociations, à l'initiative des Européens.

La Havane appelle au respect du principe de non ingérence. Les services de Mme Mogherini soulignent que cette visite survient "à un moment crucial" des pourparlers visant à renouer des relations officiellement suspendues depuis 2003. Lors de ce troisième round des pourparlers début mars, le négociateur de l'UE Christian Leffler avait alors relevé des "différences d'interprétation" à surmonter, alors que La Havane appelait au respect du "principe de non-ingérence" dans ses affaires internes. Il s'agit donc aujourd'hui d'éviter l'impasse avant le prochain round prévu en juin, où les droits de l'homme feront pour la première fois l'objet d'échanges entre négociateurs. Attendue lundi soir à La Havane, Mme Mogherini doit rencontrer mardi le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez et des membres de la société civile. M. Rodriguez est également attendu à Bruxelles ces prochaines semaines. L'exposé de la partie européenne sur les droits de l'Homme début mars "a marqué des différences de vision, ce qui rend (ce thème) épineux. Un échange de haut niveau pourrait renforcer le dialogue, mais je ne crois pas (...) que ce sera le seul sujet abordé", explique à l'AFP Eduardo Perera, de l'université de La Havane."Ce n'est pas un hasard si je me rends à Cuba pour faire le point sur un dialogue que je considère comme important et porteur d'avenir", a annoncé avant son départ Mme Mogherini, insistant sur sa volonté de "valoriser les bases de la participation démocratique et des droits de l'homme, civiques et politiques" en Amérique latine.

François Hollande annoncée le 11 mai à Cuba. Si le détail des négociations n'a jamais été dévoilé, l'UE assure "ne pas vouloir imposer de modèle" à Cuba et chercher "des équilibres qui puissent donner satisfaction à chacun". Les pourparlers visent à conclure un "Accord de dialogue politique et de coopération", qui fournirait un cadre facilitant les relations entre Cuba et l'UE. Les trois volets des discussions sont : coopération, dialogue politique et relations économiques. Cuba souhaite que l'UE abandonne sa "position commune" qui depuis 1996 conditionne la coopération européenne avec le régime communiste à des avancées démocratiques, notamment en matière de droits civiques et politiques. De son côté, Bruxelles dit vouloir être en mesure de dialoguer de manière plus fluide avec La Havane et demande que Cuba signe ou ratifie enfin plusieurs traités internationaux sur les droits de l'homme.
La visite de Mme Mogherini s'inscrit aussi en parallèle du rapprochement historique amorcé depuis décembre dernier entre Cuba et les Etats-Unis. Pour l'heure, responsables européens et américains écartent toute forme de compétition dans leur rapprochement avec l'île. Ils jugent même que leurs démarches respectives sont complémentaires, car elles vont dans le sens d'une amélioration de la situation à Cuba. Ces dernières années, de nombreux Etats européens ont malgré tout poursuivi leurs relations bilatérales avec l'île, et leur commerce avec Cuba a gagné en volume, faisant de l'UE le deuxième partenaire de l'île après le Venezuela, avec 2,6 millions d'euros en 2013, selon l'office européen de statistiques Eurostat. Une visite du président français François Hollande à Cuba a également été annoncée pour le 11 mai, la première d'un chef de l'Etat français dans l'île.

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