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Turquie : Un congrès du PKK pour construire la paix

Publié le par Daniel Sario

Manifestation de femmes kurdes. PCF
Manifestation de femmes kurdes. PCF
Abdullah Öcalan, leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a appelé samedi à la fin de la lutte armée en Turquie qui dure depuis 40 ans. Le gouvernement turc saura-t-il saisir cette proposition de paix ? Par Gaël De Santis

La lutte des Kurdes de Syrie à Kobané aura-t-elle des effets positifs en Turquie ? Les organisations kurdes, en première ligne contre l’« État islamique », ont en effet reçu une reconnaissance internationale et comptent la faire capitaliser en Turquie, où une guerre existe depuis 1984 dans l’est du pays. Samedi, à l’occasion du nouvel an kurde, Norouz, le dirigeant du Parti des travailleurs du Kurdistan, Abdullah Öcalan, a appelé sa formation à organiser un congrès afin d’en finir avec « quarante ans de lutte armée ». Pour Öcalan, « les guerres identitaires » sont le résultat de « la crise néolibérale causée par le capitalisme impérialiste et ses collaborateurs locaux ». « Le combat que mène notre mouvement, fondé il y a quarante ans, est jalonné de souffrances. Il n’a pas été mené en vain, mais il est devenu insoutenable », a-t-il écrit depuis l’île d’Imrali où il est emprisonné depuis 1999.

Le texte de son message a été lu à Diyarbakir, capitale du Kurdistan turc, devant des dizaines de milliers de sympathisants, par le chef du groupe parlementaire du Parti démocratique du peuple (HDP), Pervin Bulden. Cette demande de congrès, déjà exprimée fin février, intervient deux ans après une déclaration de cessez-le-feu par Abdullah Öcalan. À l’automne 2012, le gouvernement turc avait entamé des pourparlers directs avec le chef de la guérilla. Celle-ci ne demande plus l’indépendance, mais une forte autonomie pour les 15 millions de Kurdes que compte le pays. Öcalan a fait allusion, samedi, à une nouvelle ère pour ceux-ci « fondée sur une citoyenneté libre, égalitaire, constitutionnelle au sein de la République de Turquie ».

Reste à voir si le gouvernement turc saura saisir la balle au bond, alors que tout réchauffement des relations entre l’État et le PKK est attaqué par l’opposition nationaliste. Le 28 février, lors d’une conférence de presse commune historique, en présence de dirigeants du HDP et du gouvernement, un message d’Abdullah Öcalan avait été lu, appelant à faire taire les armes et demandant au gouvernement de se placer pour, entre autres, définir les « dimensions locales et nationales d’une solution démocratique » et garantir une « libre citoyenneté ». Ce processus de paix ouvre des fractures entre le président Recep Tayyip Erdogan et le gouvernement, qui a approuvé la création d’une commission travaillant à un processus de paix. « Suis-je supposé accepter ce texte au nom de la démocratie ? » a déclaré, samedi, le président. C’est la première fois qu’un désaccord est rendu public entre Erdogan et son premier ministre, Ahmet Davutoglu.

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