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Les promesses du mouvement social

Publié le par Daniel Sario

Par Jean-Paul Pierot

Au lendemain des élections départementales, il semblait déprimé, chiffonné. Le mouvement social anti-austérité, qui ces derniers mois a fait des vagues ailleurs en Europe – de la Grèce à l’Espagne notamment –, était chez nous, à marée basse, décontenancé, désespéré par un exécutif faisant l’exact contraire de ce pour quoi le peuple de gauche l’avait élu en 2012, après cinq années de sarkozysme. Sans doute le récent coup de force de Manuel Valls garrottant le débat parlementaire avec le 49.3 pour imposer la loi Macron a-t-il dégradé encore davantage la confiance, contribuant fortement à cette impression de blocage politique, de paralysie de la société.

La journée de mobilisation syndicale contre l’austérité, à l’appel de la CGT, de FO, de la FSU et de Solidaires, apparaît comme une belle éclaircie et peut-être comme une promesse. Qui nous libère de cette atmosphère irrespirable et, à bien y réfléchir, inconcevable, dans laquelle une formation extrémiste, que tant de médias ont promue au rang de « premier parti de France », peut monter une polémique honteuse sur les crimes du nazisme et la trahison de Pétain, dont l’enjeu serait de rendre le FN plus « fréquentable ».

Les 300 000 ouvriers, employés, enseignants qui ont fait grève et marché côte à côte, réalisant du même coup la plus puissante journée de mobilisation depuis longtemps, ont délivré un message fort à l’adresse du gouvernement : « Maintenant, ça suffit. » Cela suffit de n’être pas entendus par un premier ministre qui, au soir d’une débâcle électorale, affirme qu’il ne faut pas modifier le cap qui nous mène droit dans le mur. Un message également à l’adresse du Medef et de Pierre Gattaz, l’homme qui murmure à l’oreille du gouvernement sa volonté de voir enterrer les CDI. Les salariés, quant à eux, pour se faire entendre, doivent donner de la voix. Ils ont commencé à le faire.

Le cortège parisien
Le cortège parisien

Pour la Cgt : "La mobilisation d’aujourd’hui doit désormais s’amplifier"

A l’appel des organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, plus de 300 000 salariés, actifs, jeunes et retraités, privés d’emploi, se sont réunis dans les 86 rassemblements et manifestations en Province et à la manifestation nationale à Paris. Plus de 120 000 manifestants ont convergé vers la capitale, informés tout au long de la journée des initiatives réussies, comme par exemple à Marseille 45 000, Bordeaux 10 000, Nancy et Nîmes 5 000, Digne 1 000. Témoin de la réussite de cette journée, une vieille dame, la Tour Eiffel, a dû fermer ses portes pour la 1re fois depuis le mouvement social de 2010, signe de la prise en compte massive de cette journée de grève partout dans le pays !

Les manifestants ont exprimé avec enthousiasme et détermination leurs exigences revendicatives en matière de salaire et de pension, d’emploi, d’amélioration des conditions de travail et de la protection sociale, mais aussi pour un développement des services publics qui réponde aux besoins des populations. Ils ont donc clairement affiché aujourd’hui leur opposition aux politiques d’austérité conduites par le gouvernement et inspirées par le patronat, Medef en tête. Gouvernement et patronat doivent entendre le message et les exigences sociales exprimées aujourd’hui.

Dans les entreprises et territoires, les différents conflits qui se sont déroulés ces dernières semaines ont tous le même objectif : mettre les revendications des salariés sur la table des négociations sur les lieux de travail. C’est ce qui a permis la dynamique pour ce 9 avril et pour le 1er mai à venir. Les différentes lois « Sécurisation de l’emploi » ou « Macron », les cadeaux faits au patronat à travers le pacte de responsabilité et le CICE constituent un ensemble de dispositions qui creusent les inégalités et fragilisent la situation des salariés, tandis qu’elles sécurisent les profits des actionnaires !

La mobilisation d’aujourd’hui doit désormais s’amplifier d’ici à la prochaine journée d’action du 1er Mai. Déjà, la CGT a pris à son compte l’appel de la CES de faire du 1er mai 2015, une journée de mobilisation pour réagir aux politiques désastreuses qui menacent de transformer la crise financière en une stagnation de long terme et un chômage structurel élevé. L’objectif sera aussi d’avancer des réponses conjuguant investissements et développement de l’emploi. Dans ce contexte, la CGT prend dès maintenant les dispositions nécessaires pour créer les conditions unitaires les plus favorables au rassemblement et à l’engagement des salariés actifs, retraités et privés d’emploi. Continuons dès demain, à construire les revendications avec les salariés dans les entreprises et établissements et portons les ensemble aux employeurs.

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