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Après Palmyre, le chemin de Damas ?

Publié le par Daniel Sario

Après Palmyre, le chemin de Damas ?
Les milices islamistes qui déstabilisent cette région ne manquent pas de soutiens étrangers, notamment dans les hautes sphères des dynasties du Golfe, et en Turquie, membre de l’Otan... Par Jean-Paul Piérot.

Comment ont-ils pu laisser tomber Palmyre sous la coupe de Daesh ? La stupéfaction s’ajoute à l’inquiétude sur la résistance que semblent incapables d’opposer aux milices extrémistes aussi bien l’armée syrienne que la coalition aérienne conduite par les États-Unis et constituée depuis l’été dernier… pour stopper l’expansion des djihadistes des deux côtés de la vallée de l’Euphrate, en Syrie et en Irak. L’extraordinaire richesse archéologique de l’antique cité de la reine Zénobie en faisait une proie de choix pour des bandes obscurantistes, qui raffolent, en matière de communication, des scènes de massacres de masse et de la destruction d’œuvres d’art léguées par une très vieille civilisation. D’importantes concentrations des forces terroristes ont donc pu converger sur des centaines de kilomètres de pistes en plein désert sans être stoppées par des frappes aériennes.

La prise de Palmyre place Daesh sur le chemin de Damas, on ne pouvait craindre pire scénario. D’autant que cette redoutable défaite survient au lendemain de la chute de Ramadi, de l’autre côté de la frontière avec l’Irak, important chef-lieu de province abandonné aux extrémistes par l’armée régulière de Bagdad, dont les liens avec les Américains remontent à la guerre de Bush. Dans ce naufrage où sombrent la Syrie et l’Irak, seule Daesh marque des points, conquiert des positions, met la main sur les ressources gazières et pétrolifères, et semble sur la voie d’installer une sorte d’« État islamique » se réclamant du sunnisme, mais semant la terreur dans toutes les sphères de la société et toutes les communautés, sunnites compris. Or les milices islamistes qui déstabilisent cette région ne manquent pas de soutiens étrangers, notamment dans les hautes sphères des dynasties du Golfe, et en Turquie, membre de l’Otan, où les services de renseignements sont mis en cause dans la livraison d’armes à Daesh. Le danger est extrême. Face aux crimes de l’EI, la diplomatie internationale aura-t-elle le courage de se ressaisir et de donner à l’ONU les moyens de reprendre la main ? Il n’y a pas d’autre voie.

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