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Guéret, capitale des services publics

Publié le par Daniel Sario

Guéret, capitale des services publics
Les collectivités multiplient les cris d’alarme face à l’austérité qui menace les services rendus aux populations. Les 13 et 14 juin, dans la Creuse, elles convergeront avec les services publics nationaux.

A Guéret (Creuse), le week-end prochain, les services publics feront cause commune en convergeant dans une manifestation nationale, le samedi après-midi. Peut-être l’occasion de donner de la visibilité à la résistance à l’austérité qui menace les services locaux. À leur échelle, les grandes associations d’élus ont déjà sonné l’alarme. La plus importante d’entre elles, l’Association des maires de France (AMF), a décrété une « mobilisation nationale » : « Cette décision, sans précédent, vise à alerter solennellement (…) sur les lourdes conséquences de la baisse de 30 % de leurs dotations (moins 15,7 milliards d’euros d’ici à 2017) sur le tissu économique local et les services à la population », explique l’AMF. Selon l’association, un millier de villes se trouveraient d’ores et déjà dans une situation critique. Et le mouvement va s’accélérant : d’ici à 2017, la moitié des 36 000 communes pourraient se retrouver incapables de maintenir leurs investissements et de faire tourner leurs services au quotidien. « Si rien ne change, c’est la mort du service public local à un niveau que les gens n’imaginent même pas », prévient Philippe Laurent, maire (UDI) de Sceaux (Hauts-de-Seine).

Des élus de gauche qui refusent d’être les « plumés de l’austérité ». Des communes ont choisi de ne pas se laisser étrangler sans mot dire et ont pris la tête de la fronde avant tout le monde. À Saint-Germain-du-Puy (Cher, 5 000 habitants), le conseil municipal a décidé, début avril, d’interpeller le premier ministre sur la réduction de la dotation d’État de 118 000 euros pour 2015. Une somme qui représente la moitié du coût de fonctionnement de la bibliothèque municipale, ou le tiers de celui de la piscine. « C’est considérable, et c’est du jamais-vu », soulignent les élus, qui ont voté à l’unanimité une « motion contre l’austérité ». « Quand le budget communal est bien géré et les finances de la commune saines, dans un contexte économique et financier aussi défavorable aux collectivités territoriales, peut-on dépérir, voire mourir, en bonne santé ? La réponse est oui, hélas », déplore le maire, Maxime Camuzat (PCF).

En région parisienne, des collectivités se sont regroupées pour se faire entendre : c’est le cas, en Seine-Saint-Denis, d’élus de gauche (PCF, PG, Ensemble, EELV…) qui refusent d’être les « plumés de l’austérité ». À Montreuil, l’objectif contracté avec l’État de construction de 700 logements par an est menacé « car nous n’avons plus les moyens de construire les groupes scolaires indispensables pour accueillir ces nouvelles populations », prévenait le maire (PCF-Front de gauche), Patrice Bessac, lors d’une manifestation en décembre. À Saint-Denis, la ponction de l’État s’élève à « 22 millions d’euros, soit 10 % du budget annuel », « le prix d’un groupe scolaire de 20 classes avec centre de loisirs », compte le maire, Didier Paillard. À Stains, son homologue Azzedine Taïbi, qui a déclaré sa mairie en grève en novembre, liste les réalisations menacées par la coupe de 3 millions d’euros dans les dotations (soit 6 % du budget annuel) : « Notre centre municipal de santé, notre école de musique ou encore le théâtre municipal, la rénovation des écoles… »

Les collectivités demandent aussi de revoir le calcul des dotations. Ainsi à Guéret, qui accueille la manifestation de samedi : « J’ai des charges de centralité d’équipements et des services que les communes alentour, plus petites, ne peuvent proposer, décrypte pour la Montagne le député maire (PS) Michel Vergnier. J’ai fait évaluer cela à… 1 million d’euros par an. C’est un élément que l’État doit prendre en compte. »

Outre la manifestation nationale du samedi à 15 heures, à Guéret, à l’initiative de la convergence des services publics, les élus locaux et les agents territoriaux auront l’occasion de débattre de « la réforme territoriale et ses conséquences » sur les services publics locaux, le samedi à 11 heures, lors d’une table ronde avec des représentants de la CGT, la FSU et Solidaires, des élus et des usagers. L’austérité budgétaire n’est en effet pas le seul danger : la mise en cause des compétences des collectivités, notamment des villes et des départements, avec la création des métropoles et le regroupement des régions, menace aussi l’avenir des services publics et le devenir des agents.

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