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Les grecs jugeront l'accord proposé par les créanciers

Publié le par Daniel Sario

Les grecs jugeront l'accord proposé par les créanciers
Le peuple grec se prononcera dimanche 5 juillet lors d’un referendum portant sur la question «Oui ou Non à l’accord proposé par les créanciers.» Marie-Laure Koucoutsi.

Le Premier ministre Alexis Tsipras est rentré en urgence à Athènes vendredi soir, interrompant les négociations de Bruxelles, après avoir dénoncé la proposition « d’une austérité humiliante, étouffante, antidémocratique » faite par les partenaires-créanciers, chefs d’état et technocrates de l’Eurogroupe, du FMI et de la Banque Centrale Européenne. « Elle piétine la souveraineté de la Grèce ainsi que les principes d’humanisme et de solidarité qui ont inspiré création de l’édifice européen. » Alexis Tsipras a convoqué immédiatement un Conseil de crise, transformé vers 23h30 en Conseil des Ministres exceptionnel.

Le Premier Ministre grec a ensuite prononcé une déclaration officielle invoquant l’âpreté et la durée des négociations, mais aussi la dignité du peuple grec et sa souveraineté nationale remises en jeu par la proposition des créanciers. «L’avenir de la jeunesse grecque est compromis par les mesures d’austérité proposées par les autorités de Bruxelles. » Il a conclu enfin que n’ayant pas de mandat électoral pour sortir de l’Union monétaire, il avait décidé avec l’unanimité de son Conseil de poser la question au peuple grec en referendum : accepter ou non l’accord des créanciers et ses conditions léonines, bien qu’il mette définitivement en péril la survie même du pays en violant les droits humains élémentaires. Tsipras s’est engagé à respecter la décision populaire pour donner ainsi l'exemple de la démocratie à cette Europe qui en a perdu le sens. « Nous prendrons cette décision de manière démocratique, pour nous, pour nos enfants, pour la dignité et la souveraineté de notre peuple.» Tsipras a annoncé qu’il allait demander aux institutions de prolonger encore quelques jours le pays, pour que les banques du pays fonctionnent jusqu’aux élections «et éviter une pression intolérable sur le droit du peuple grec à un choix démocratique ».

S’étant clairement déclaré pour un NON sonore, Tsipras est rentré préparer la journée de samedi qui s’annonce chargée. L’un après l’autre, les ministres ont déclaré aux caméras de la chaîne publique ERT qu’ils appelaient à voter pour le non, les conditions inacceptables faites par l’Eurogroupe et les créanciers ne laissant pas d’autre choix. L’agence Bloomberg a aussitôt fait savoir que les banques grecques resteraient ouvertes lundi. De fait, les distributeurs sont déserts. Les bureaux du FMI avaient annoncé hier soir qu’un retard du remboursement de 1,7 milliard d’Euros au FMI mardi prochain « ne signifierait rien d’autre qu’un retard de paiement » et non une faillite, démentant l’annonce faite précédemment par Mme Lagarde. Pour les Grecs, le NON est le symbole de la résistance populaire du pays au fascisme, puisque c’est cette réponse opposée à Mussolini le 28 octobre 1940, qui constitue le mot central de l’une des deux fêtes nationales. « Je suis sûr que votre réponse honorera l’histoire de notre pays. Rappelons ensemble à l’Europe qu’elle est la maison des peuples, qui nous appartient comme nous lui appartenons. Pour la souveraineté et la dignité de notre peuple ! » Tsipras, vendredi 26 juin 2015.

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