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62% : le Non franc et massif du peuple grec

Publié le par Daniel Sario

Oxi. C’est un coup de tonnerre dans l’Europe de l’austérité. Le non lucide, courageux et puissant d’un peuple debout. Un non à l’austérité, pour de nouvelles négociations, pas un non à l’Europe. C’est un résultat sans appel, venant après une semaine de tous les dangers, où les peurs ont été exacerbées par cette partie de la presse grecque aux mains des puissances d’argent, où le chantage au Grexit de nombre de dirigeants européens refusait au peuple grec le droit de se prononcer en toute liberté, en un véritable déni de démocratie.

Eh bien, c’est une magnifique leçon de démocratie que la Grèce et ses dirigeants ont donnée à l’Europe et peut-être au-delà, où la situation est suivie de près, comme aux États-Unis même. On a parlé de « pari », d’Alexis Stipras, de coup de poker pour glisser aussitôt l’idée de poker menteur ; on a parlé de coup de force quand c’est l’Eurogroupe qui avait écarté de sa réunion, au mépris du droit, le ministre grec des Finances. Mais la réalité est plus simple.

Engagés dans des négociations difficiles, faisant l’objet de pressions toujours plus lourdes pour renouer avec les politiques d’austérité, face à des dirigeants européens déterminés à donner une leçon politique à la Grèce, à punir les Grecs, Alexis Stipras et son gouvernement ont choisi d’en appeler à la source de toute légitimité.

Le vote du peuple. Selon un sondage publié hier, 58 % des Français lui donnaient raison. Cette victoire éclatante de la démocratie nous fait d’autant plus regretter ce que l’on peut appeler la « mollesse » de François Hollande. La France aurait pu, aurait dû, faire entendre une autre voix, ferme, résolue. Il n’est pas trop tard.

Car, dès aujourd’hui, si ce non-là est un puissant point d’appui pour ouvrir de nouvelles négociations, de nouvelles pressions vont s’exercer sur le peuple, qui a fait hier la preuve de son courage et de sa dignité en montrant aussi qu’une autre conception de l’Europe est possible, est en marche. Le peuple grec va avoir plus que jamais besoin de nous. Son combat, nous le savons bien, est aussi le nôtre et celui de toutes les forces vraiment de gauche et démocratiques en Europe.

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