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À la peine et à la traîne

Publié le par Daniel Sario

À la peine et à la traîne

Par Patrick Apel-Muller


Faute d’être audacieuse, la diplomatie hollandaise se voulait la meilleure élève du camp occidental, au premier rang de la classe de Barack Obama. Dit autrement, elle campait sur une ligne Maginot atlantiste, sans voir les mouvements de troupes, les innovations stratégiques, les nécessaires adaptations aux évolutions du monde contemporain. La voilà prise de cours en pleine Assemblée générale de l’ONU, par des initiatives russes et iraniennes qui dessinent la perspective d’une coalition internationale contre le prétendu « État islamique », par un président américain qui dit chiche et une chancelière allemande qui désavoue le président français en ne faisant plus du départ du dictateur Assad le préalable à des actions communes.

François Hollande peut faire des moulinets avec ses Rafale, il compte pour du beurre. Les missions aériennes sur la Syrie, au nom d’une extension abusive du concept de « légitime défense », ont d’abord une fonction, masquer l’inconsistance de la politique étrangère française qui s’est obstinée à isoler l’Iran, à faire monter la tension avec la Russie et à bloquer toute issue en Syrie si le tyran de Damas ne partait pas. À la peine, l’hôte de l’Élysée est désormais à la traîne.

Le gâchis est stupéfiant. Il n’était pas bien difficile pourtant de faire mieux que Nicolas Sarkozy, comptable du chaos libyen et de la soumission à l’Otan. Mais d’emblée, François Hollande a fléchi le genou devant Angela Merkel, a cédé devant la Maison-Blanche quitte à violer l’immunité aérienne du président bolivien Morales parce que les services spéciaux américains soupçonnaient la présence d’Edward Snowden dans l’avion, et s’est même dérobé au soutien que réclamait le peuple grec. L’alignement libéral est au fond un renoncement à la pleine souveraineté populaire et l’ambition de civiliser les échanges mondiaux. Une vraie politique internationale française reste à mettre au monde. Le président actuel n’en sera pas le père.

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