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Béziers : Ménard a toujours un train d'avance dans l'abjection

Publié le par Daniel Sario

Béziers : Ménard a toujours un train d'avance dans l'abjection

Les réfugiés sont dans la ligne de mire du maire de Béziers élu avec le soutien du Front national en mars 2014. Jeudi, le journal municipal de Béziers a publié un photomontage supposant un présumé envahissement de la ville par des migrants. Vendredi, Robert Ménard est venu accompagner de policiers dans des logements occupés par des réfugiés syriens pour leur expliquer qu'ils n'étaient «pas les bienvenus».

Le maire s'est rendu dans des logements du quartier de la Devèze. Accompagné de policiers armés et munis de gilets pare-balles, l'ancien patron de Reporters sans frontières est allé expliquer à ces familles qu'elles n'étaient «pas les bienvenues» dans sa ville.

Dans une vidéo diffusée sur le compte YouTube de la municipalité, Ménard débarque avec un traducteur et des adjoints dans les appartements. Il accuse les réfugiés d'occuper illégalement ces logements. «Vous volez l'électricité et l'eau», leur lance-t-il. Il leur demande de quitter sa ville. Selon le journal La Marseillaise, l'un des occupants des lieux a même été attrapé par la manche pour être viré manu militari.

Alors que la France s'est engagée à accueillir 24 000 migrants en deux ans, et quelques jours après le détournement d'une photo de réfugiés dans le journal municipal de la ville, Robert Ménard fait donc partie des maires qui refusent cet effort demandé par l'Elysée et par l'Union européenne. L'ancien journaliste avait déjà prévenu qu'il ne scolariserait pas les enfants des réfugiés.

Une déclaration d'Aimé Couquet (Conseiller municipal PCF) : “En déclarant dans Midi-Libre du 8 septembre “Non, pas d’autres réfugiés”, Robert Ménard rompt avec le fait que Béziers a toujours été une terre d’accueil. Je rappelle qu’en 1939, les Biterrois ont accueilli les réfugiés espagnols qui fuyaient la guerre d’Espagne et le régime fasciste de Franco. En 1940, l’ensemble du Biterrois a accueilli de nombreuses familles Belges qui fuyaient devant les hordes nazi de Hitler.

En 1962, Robert Ménard devrait s’en souvenir puisque lui et sa famille étaient concernés, la ville de Béziers et les villages environnant ont accueilli des centaines de familles de rapatriés d’Algérie quelle que soit leurs origines ou leurs religions. A Valras-Plage par exemple, le maire communiste d’alors, Emile Turco, a demandé aux propriétaires de résidences secondaires d’ouvrir leur villa ou leur appartement à ces familles. Cet appel a été largement entendu.

Robert Ménard a rapproché Béziers du village de Maloula en Syrie et maintenant qu’il faut passer à l’action, plus rien ! Le maire de Béziers va-t-il réfléchir et revenir sur cette décision contraire à tout esprit humaniste ? Je le souhaite. Je partage toutefois, l’idée que pour faire cesser ces migrations, il faut en éliminer les causes : les guerres et le sous-développement pour que les habitants de ces pays puissent vivre dignement chez eux. Ce n’est pas en allant bombarder en Syrie que le problème se règlera. Au contraire, nous voyons ce que cela a donné avec la Libye.”

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