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Instituer un Fonds social solidaire et écologique de développement européen

Publié le par Daniel Sario

 Instituer un Fonds social solidaire et écologique de développement européen
L'enjeu européen est désormais central comme le révèle le diktat imposé aux Grecs et qui suscite beaucoup de colère. Il faut aider à ce que cette colère ne se transforme pas en nihilisme, en désespoir instrumentalisables par les nationalistes, mais qu'elle devienne un vecteur de luttes convergentes pour changer en pratique les rapports de force en France et en Europe. Par Yves Dimicoli

Pour défendre et épanouir les nations européennes, il faudrait plus que jamais les démocratiser et les faire contribuer activement à d'audacieuses coopérations zonales et mondiales de co-développement. L'extrême-droite cherche à récupérer le sentiment national blessé par la mondialisation capitaliste et la faillite des élites européennes. Sa fausse radicalité et sa démagogie occultent les antagonismes de classe, encouragent le racisme et la xénophobie, font désespérer de toute possibilité de changer l'Europe, alors qu'il le faut impérativement. On voit, avec la dérive de l'économiste Jacques Sapir vers le FN, combien le souverainisme, fut-il de gauche, peut conduire aux pires dérapages.

Certes, les Grecs ont été contraints, pour l'heure, de mettre un genou à terre face à la collusion des dirigeants européens derrière les exigences du capital financier allemand. Mais ils refusent de « déposer les armes », comme l'a dit A. Tsipras. Dés lors, un double impératif doit être considéré :

  • Respecter la volonté majoritaire de ce peuple et des peuples européens de rester dans l'euro, au lieu d'affronter en ordre dispersé la spéculation mondiale et les défis du XXIème siècle ?
  • Inséparablement, aider à faire triompher leurs aspirations à en finir avec l'austérité pour une nouvelle expansion durable partagée.

Bousculer la Banque centrale européenne. Alors, on entend parler de « plan B », mais tout ce que proposent ceux qui, pour l'heure, s'en prévalent conduit à la sortie de la Grèce de l'euro, sans jamais laisser entrevoir une quelconque perspective réaliste d'expansion permettant à ce pays de s'arracher à l'austérité, au contraire ! En fait, il faut prendre à bras le corps l'enjeu fondamental de l'heure qui, de la région à la Nation et jusqu'à l' Europe, exige de lutter, de se rassembler pour que l'argent de tous les Européens soit utilisé à développer les humains et à protéger leur planète au lieu d'alimenter les marchés financiers. Dans l'immédiat, cela exige :

  • s'agissant de la Grèce, que l'argent qui doit leur être versé ne le soit pas au compte gouttes et que la question de la restructuration de leur dette publique soit traitée.
  • s'agissant de la France, que, dés les prochaines élections régionales nous portions, contre la politique d'austérité, l'exigence de la création de Fonds publics régionaux, bases pour une futur pôle financier public national, afin que les banques soient contraintes de financer les investissements des entreprises avec des crédits d'autant moins coûteux que ces investissements programmeraient plus d'emplois et de formation ;

Et, en même temps, il s'agit, pour les Grecs comme pour nous, d'agir pour bousculer la BCE jusqu'à l'obliger à utiliser autrement l' euro : les 60 milliards d'euros qu'elle injecte chaque mois dans le système financier doivent servir à l'emploi, la formation, les salaires, les services publics, la protection sociale, le redressement des potentiels productifs…

Car, quels sont les problèmes à traiter en Grèce, comme ailleurs en zone euro ? Il faut répondre aux besoins de développement économique et social durable, culturel et démocratique. Cela nécessite un puissant essor des dépenses sociales et de services publics, au lieu de l'enferment mortel dans le « pacte de stabilité » et l'austérité budgétaire. Qu'est-ce qui s'y oppose ? Ce n'est pas l'euro en soi. Celui-ci est un instrument de mobilisation de l'argent des européens sous la férule, en l'état, d'un système de pouvoirs au service de la domination des marchés financiers, organisé du local et du régional jusqu'aux niveaux nationaux et européen. Il est constitué de la BCE, de la Commission de Bruxelles, des gouvernements européens, des états-majors des multinationales et des banques, ainsi que des majorités politiques à leur service. Supprimer l'euro ne changerait en rien l'orientation de ce système de pouvoirs qu'il faut conquérir à tous les niveaux.

Sortir de l'euro permettrait-il d'améliorer les choses ? En aucune façon. La spéculation mondiale s'embraserait, les prélèvements financiers du capital s'envolerait, tandis que la course de chacun contre tous avec les dévaluations compétitives déclencherait une sorte de guerre civile entre européens. Comment peut-on croire que c'est en commençant par se taper les uns sur les autres que l'on arriverait, ensuite, à coopérer ?

Le véritable plan B : instituer un Fonds social solidaire et écologique de développement européen . Par contre, on laisserait passer l' opportunité historique de partager l'énorme capacité de création monétaire de la BCE, infiniment plus importante que celle de chaque banque centrale nationale, pour affronter ensemble, les gigantesques défis communs à venir. On s'interdirait de faire jonction avec les pays émergents pour s'émanciper de la domination écrasante du dollar avec une monnaie commune mondiale de coopération.

En fait, le véritable plan B sur lequel il faudrait commencer, sans tarder, à organiser le débat et l'action en coopération c'est celui que nous mettons en avant avec notre proposition, reprise par le PGE, de lutter pour que soit institué un Fonds social solidaire et écologique de développement européen. Géré démocratiquement avec des critères explicites de création d’emplois et de développement des services publics dans chaque pays, il serait financé par la BCE, comme l'y autorise le Traité de Lisbonne (article 123.2). Il émettrait des titres publics que la BCE achèterait avec une partie des 1.140 milliards d'euros qu'elle s'est engagée à créer, le 22 janvier dernier, pour stimuler l'économie européenne et, notamment, une grande expansion des services publics.

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