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Tour de passe-passe dans un mouchoir

Publié le par Daniel Sario

Tour de passe-passe dans un mouchoir

Par Patrick Apel-Muller (l'Humanité)

Du souffle nous était promis et nous n’eûmes qu’un zéphyr. Le président de la République, hier, lors de sa conférence de presse, s’est contenté de quelques grands mots pour un tout petit geste, l’accueil de 24 000 réfugiés.

Pourquoi ce chiffre bien en retrait sur les principes du droit d’asile français et sur les capacités d’accueil d’un pays comme le nôtre ? Pourquoi n’avoir rien dit des moyens mobilisés par l’État pour les recevoir, si ce n’est parce que François Hollande ne mise que sur la générosité populaire et sur les efforts des communes ? L’émotion grandissante de l’opinion devant le drame des migrants a contraint le gouvernement à bouger mais en quelque sorte pour la forme, en persistant à fermer les yeux sur toutes les victimes que la guerre économique mondiale jette sur les routes de l’exil. Il faudra secouer davantage ce pouvoir pour qu’il se hausse à la hauteur des enjeux de l’humanité. Ce ne sont pas les frappes annoncées en Syrie, sans objectifs précis définis ni mandat de l’ONU, qui tariront les départs. Ni politique de développement – l’aide française est exsangue, saignée par la politique d’austérité –, ni initiatives internationales pour éteindre les foyers de guerre. Un mouchoir seulement pour essuyer quelques larmes.

Presque en catimini, François Hollande a jeté plusieurs bombes. La plus meurtrière vise le Code du travail qui, sous couvert de simplification, s’allégerait des protections des salariés et se plomberait de nouvelles « latitudes » octroyées au patronat. L’autre est accompagnée de confettis, la fameuse baisse des impôts. Il s’agit de réduire l’impôt le plus juste pour accroître les impôts locaux en supprimant les dotations publiques aux collectivités et en maintenant la TVA, si légère dans le budget des plus riches et si pesante sur les revenus des plus modestes. En fait, le mouchoir de la compassion cachait un tour de passe-passe.

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