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Attentat d'Ankara : le gouvernement d'Erdogan dénoncé

Publié le par Daniel Sario

Manifestation à Bordeaux des exilés kurdes
Manifestation à Bordeaux des exilés kurdes
Au moins 95 personnes ont été tuées samedi dans le plus grave attentat jamais commis dans la capitale turque Ankara, qui a visé une manifestation pour la paix organisée par l'opposition prokurde à trois semaines des élections législatives anticipées.

Des scènes d’horreur en plein centre-ville d’Ankara. Le double attentat à la bombe a fait 95 morts et 246 blessés samedi, lors d'une manifestation rassemblant des militants de gauche et des sympathisants pro-Kurdes devant la principale gare ferroviaire de la ville. Ce dernier bilan en date a été fourni par les services du Premier ministre, Ahmet Davutoglu, qui précisent que 48 blessés se trouvent en soins intensifs.

À trois semaines des élections législatives anticipées du 1er novembre, c'est l'attentat le plus meurtrier jamais commis sur le sol turc. Le parti pro-Kurde HDP (Parti démocratique des peuples) avance pour sa part un bilan de 128 morts. En l’absence de revendication, le chef du gouvernement a pointé du doigt trois mouvements susceptibles, selon lui, d’en être l’auteur : le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le groupe Etat islamique (EI) et le Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C) d’extrême gauche. Une déclaration qui a semé davantage de colère. « Nous sommes confrontés à un Etat meurtrier qui s’est transformé en mafia », a déclaré le chef de file du parti HDP, Selahattin Demirtas.

Durant l’été, deux meetings du HDP avaient fait l’objet d’attaques meurtrières : à Diyarbakir, le 5 juin, puis et à Suruç, près de la frontière syrienne, le 20 juillet. Cette dernière attaque, qui avait fait 32 morts, avait été imputée par le gouvernement à l’Etat islamique, mais celui-ci ne l’a jamais revendiqué. « ce massacre doit être compris comme une conspiration du gouvernement AKP pour rester au pouvoir » ont indiqué les dirigeants du parti démocratique du peuple. De leurs côtés les responsables de l'Union des communautés du Kurdistan (KCK) qui chapeaute les mouvements de guerilla kurde qui mène le combat conbtre Daech et dont fait partie le PKK avaient annoncé la suspension de leurs activités à trois semaines des élections législatives. « Tenant compte des appels venus de Turquie et de l’étranger, notre mouvement a décrété une période d’inactivité pour nos forces de guérilla, sauf si nos militants et nos forces de guérilla étaient attaqués », avaient-ils fait savoir, en précisant : « Nous ne ferons rien qui puisse empêcher une élection équitable. ».

Lors du scrutin législatif du 7 juin, l’AKP a perdu la majorité absolue qu’il détenait depuis treize ans au Parlement, notamment en raison du bon score réalisé par le HDP. Après l’échec des négociations pour la formation d’un gouvernement de coalition, M. Erdogan a convoqué des élections législatives anticipées pour le 1er novembre. A Istanbul et dans plusieurs villes du sud-est du pays, des milliers de personnes ont manifesté contre le gouvernement. « Erdogan meurtrier », « la paix l’emportera » et « AKP assassin ! », scandaient les protestataires, accusant le président et son mouvement AKP (Parti de la justice et du développement) d’être responsables de la violence. Des manifestations prokurdes similaires se sont déroulées en Europe, notamment en France, en Allemagne ou en Suisse.

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