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Gironde: ces morts qui interpellent la loi Macron

Publié le par Daniel Sario

L'autocar et le camion se sont percutés de plein fouet dans un virage serré à hauteur de Puisseguin © REUTERS/Regis Duvignau
L'autocar et le camion se sont percutés de plein fouet dans un virage serré à hauteur de Puisseguin © REUTERS/Regis Duvignau
Plus on transportera des voyageurs par autocar, plus il y aura des risques d’accidents de la route sans même parler des émissions de gaz à effet de serre en constante augmentation. Par Gérard le Puil

Une collision a donc fait 42 morts, dont la plupart brûlés vifs, entre un camion et un car qui se rendait de la Gironde au Pays Basque. Les deux véhicules roulaient sur une portion de route propice aux accidents. Voilà qui pose plusieurs questions qu’il faut bien aborder au delà de l’expression de l’émotion. Mais c’est pour être en phase avec cette émotion que Manuel Valls s’est précipité sur place ce vendredi accompagné du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et du secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies. Pour dire que « c’est un choc terrible pour la France ». C’est pour les mêmes raisons que François Hollande s’est dit, depuis Athènes, « plongé dans la tristesse», promettant, lui aussi, de se rendre sur place « le moment venu». On se demande bien pour quoi faire, si ce n’est de tenter de regagner quelques points dans les sondages en jouant sur la compassion. Pourtant il y aurait des choses à faire alors que 52% des Français estiment que l’état des routes s’est dégradé en France, surtout au niveau départemental et communal (Lire l'étude de la Sécurité routière sur l'état des routes).

Pépy a mis en place ses propres lignes de bus pour concurrencer ses propres trains. Cet accident intervient trois mois après que le gouvernement de Manuel Valls a fait adopter la loi Macron en obtenant l’accord du président de la République pour user de l’article49-3 de la Constitution. Cela pour faire passer un texte controversé que sa majorité parlementaire ne voulait pas voter. Adopté six mois avant la tenue de la conférence de Paris sur le climat, ce texte est utilisé pour multiplier les déplacements en cars sur les mêmes trajets que les TGV entre les grandes villes comme des lignes inter-cités et autres TER. Sous couvert d’introduire de la concurrence dans les transports, ces lignes de cars conduisent à accroître les émissions de gaz à effet de serre pour chaque voyage transporté. Ils contribuent de plus à réduire les clients de la SNCF surtout que son PDG n’a rien trouvé de mieux que de mettre en place ses propres lignes de bus pour concurrencer ses propres trains dans le but affiché de ne pas laisser tout le transport par cars aux entreprises privées. Les cars offrent enfin beaucoup moins de confort et de sécurité que le train.

Les gouvernements ont laissé le rail dans une situation de quasi abandon. Le gouvernement a fait adopter la loi Macron pour concurrencer la SNCF alors que faute de moyen pour assurer les rails du réseau secondaire, moins de 10% des quelques 20 millions de tonnes de céréales exportées par la France sont transportés jusqu’aux ports d’embarquement par le train. Et on pourrait multiplier les exemples pour quantités d’autres marchandises transportées désormais par la route faute d’avoir entretenu le réseau ferré en France. L’émotion provoquée par la mort cruelle des retraités de Gironde ne doit pas masquer la lourde responsabilité des gouvernements qui ont laissé le rail dans une situation de quasi abandon sur la majeure partie des voies secondaires.

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