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II est temps de stopper la casse sociale

Publié le par Daniel Sario

II est temps de stopper la casse sociale
Une campagne unitaire, à l’initiative de la Fondation Copernic et de syndicalistes du ministère du Travail, sera lancée lundi 9 novembre, salle Croizat, bourse du travail République, à 19 heures, avec les syndicalistes, les personnalités, les partis et élus, les salarié-e-s, qui se mobilisent ensemble pour défendre le droit du travail. Willy Pelletier Coordinateur général de la Fondation Copernic explique les objectifs de cette action "urgente" et "indispensable"

La question n’est plus de savoir si ce gouvernement est de droite. Quelle blague. Toutes les mesures qu’il adopte, la droite aurait pu les prendre. Certaines sortent des cartons de Sarkozy. Sous la droite, elles seraient passées moins facilement. Et plus le gouvernement vire à droite, plus la droite se droitise. Depuis que Hollande gouverne, peut-on citer une loi, rien qu’une, favorable aux salarié-e-s, aux chômeurs, aux précaires ? Sur l’emploi ? Sur de nouveaux droits ? Pour les retraites ? Les services publics ? Les aides sociales ? L’impôt ? L’égalité entre femmes et hommes ? Pas une ! Pas une seule. Ce président avait la finance pour ennemi ? Il s’en entoure, la couve, s’en délecte, la sert. Emmanuel Macron (de chez Rothschild) commande Bercy. Et avec quelle suffisance. À l’Élysée, Laurence Boone (de Merrill Lynch) dirige l’économie avec Jean-Pierre Jouyet (hier patron de l’Autorité des marchés financiers, ministre de Sarkozy). Avec le CICE, le pacte de responsabilité, la loi Macron, le plafonnement de l’ISF, etc., des milliards sont donnés aux patrons, aux actionnaires, aux banquiers. Sans contrepartie. Il y a moins d’emplois, moins pour vivre. L’insécurité économique s’aggrave, interdit d’exister.

Jusqu’où iront-ils ? Jusqu’à casser le droit du travail ? Davantage qu’il n’est ? Casser ce qui reste des protections face aux patrons. Individualiser plus encore le face-à-face avec eux. Pour augmenter les concurrences entre salariés. Les séparer, briser leurs groupes. Renforcer le rapport de subordination. Nous empêcher toute espèce de refus « ou bien c’est la porte ». N’être plus que « ressources humaines », des « coûts » ? Payés, déplacés, licenciés, restructurés, pressurés au bon vouloir des DRH et suivant les profits anticipés. Avec moins d’inspecteurs du travail, des contrôles empêchés, l’impunité organisée. Et un droit taillé sur mesure pour « la souplesse » de l’entreprise ? Jusqu’où ? C’est simple. Pour maximiser leurs bénéfices, ils veulent nous faire reculer le plus loin possible, jusqu’au XIXe siècle s’ils peuvent. Ils iront jusqu’à ce qu’on les empêche. Et maintenant il est temps. Les empêcher, stopper la casse sociale, enfin les arrêter : c’est tout l’enjeu de l’appel et de la campagne « Pour un droit du travail protecteur des salarié-e-s ». Nous ne la gagnerons qu’unis : syndicalistes, féministes, salarié-e-s, partis, associations, coude à coude. Forts de notre nombre. La loi arrive en janvier, organisons sans attendre des rencontres qui s’y opposent. Partout, vite.

Une civilisation s’en va. La civilisation des droits sociaux. Serons-nous à la hauteur de celles et ceux qui ont tant peiné, tant risqué, pour la conquérir et la léguer ? Serons-nous à la hauteur de leur passé de luttes ? Ou laissera-t-on s’effacer, emmurées dans l’oubli, les vies sacrifiées ? Sur le TCE, sur le CPE, nous les avons stoppés. L’offensive contre le droit du travail, cette nouvelle attaque contre les salariés, est le dernier round du quinquennat. Le gagner est possible. Gagner est urgent, indispensable.

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