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L'obole de François Hollande aux retraités

Publié le par Daniel Sario

L'obole de François Hollande aux retraités
Hier, pendant que le chef de l’Etat évoquait sa préférence pour le dialogue entre patrons et syndicats devant la conférence sociale, l’Union confédérale des retraités CGT rappelait que le gouvernement a décidé d’augmenter les pensions de 0,1% en octobre après 30 mois de blocage. Par Gérard Le Puill

La presse, unanime, a relevé la pique lancée par François Hollande contre la CGT, sans toutefois la nommer, dans son discours inaugural de la Conférence sociale pour l’emploi. « Il est commode de ne jamais s’engager à signer le moindre accord en espérant que d’autres le feront à leur place, tout en dénonçant les insuffisances du dialogue social » a dit le président de la République avant d’ajouter que cette conférence « place les présents et les absents devant leurs responsabilité».

Cette volonté de ringardiser la CGT après la décision de cette dernière de ne pas se prêter à un simulacre de concertation ne figurait pas dans le discours écrit du chef de l’Etat où l’on pouvait lire ceci : « Mais si le dialogue social vient à s’enrayer, soit par défaut de participation des acteurs - ils en ont le droit- soit par contestation de son utilité - ce qui serait faux- , alors ce n’est pas le dialogue social qui sera enrayé, c’est le modèle social qui sera défait. Et les premières victimes seront les salariés qui seront laissés à eux-mêmes sans représentants légitimes capables de les défendre : mais les entreprises elles-mêmes, et je les mets en garde si certains avaient cette idée à l’esprit. Les entreprises elles-mêmes, faute de dialogue social, faute de responsabilité sociale, faute d’un modèle partagé, seraient confrontées à des mouvements qu’elles ne pourraient plus maîtriser, à la confrontation, à la force, à la brutalité, au désespoir ».

Ces propos, typiquement révélateurs de la personnalité ambiguë de François Hollande, semblent faire référence à ce qui s’est passé récemment à Air France. Cela étant, pour que le dialogue social soit utile aux salariés il faut qu’il y ait «du grain à moudre », comme disait naguère André Bergeron, secrétaire général de Force Ouvrière. Or les patrons ne mettent rien sur la table des négociations et le gouvernement non plus.

Mobilisation des retraités le mardi 24 novembre. Alors que les pensions de retraite n’avaient connu aucune revalorisation depuis avril 2013, l’Union Confédérale des retraités CGT publiait hier, au moment où François Hollande incitait les patrons et les syndicats à négocier, un communiqué révélateur de l’hypocrisie du chef de l’Etat et de son gouvernement. Ce communiqué rappelait que l’annonce, par le gouvernement d’une revalorisation des retraites de base « à hauteur de 0,1% à dater du 1er octobre 2015 vient résonner comme une nouvelle provocation à l’égard des retraités. Ainsi, pour une pension de 1.000€ la hausse sera de 1€. C’est depuis avril 2013 que le gouvernement à décidé de geler le montant des pensions de retraite», poursuit le communiqué. Nous avons là un révélateur du quinquennat de François Hollande : une « revalorisation » 0,1% des pensions après 30 mois de blocage.

Ainsi, en osant annoncer une hausse aussi dérisoire, le chef de l’Etat et son gouvernement font de la provocation vis-à-vis des retraités, à commencer par les 13,7 millions de retraités du secteur privé qui ont cotisé à la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV). Certes, le communiqué de l’UCR-CGT prend soin de rappeler que les petites pensions avaient bénéficié d’une prime unique de 40€ pour toute l’année 2014, soit l’équivalent de trois baguettes de pain par mois. C’était déjà une misère et celle de cette année est encore pire. « C’est la raison pour laquelle l’UCR-CGT et 8 autres organisations appellent à faire du 24 novembre une nouvelle journée de mobilisations et de manifestions dans tout le pays », afin d’obtenir une véritable revalorisation des pensions. Pendant que François Hollande donne des leçons de syndicalisme à la CGT, son gouvernement n’en finit pas de prendre aux pauvres pour donner aux riches à travers de multiples mesures de défiscalisation qui ne parviennent même pas à créer de nouveaux emplois.

Note :

(1) On lira à ce sujet le dernier rapport du COR (Conseil d'Orientation des Retraites) qui révèle la dégradation du pouvoir d'achat des retraités http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf/doc-3012.pdf

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