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Moins de saucisson, plus de sauterelles !

Publié le par Daniel Sario

Un hamburger de vers et sauterelles présenté en juin 2014 dans un restaurant de Washington. (Karen BLEIER/AFP PHOTO)
Un hamburger de vers et sauterelles présenté en juin 2014 dans un restaurant de Washington. (Karen BLEIER/AFP PHOTO)

Au moment où l’OMS affirme que la charcuterie est cancérogène, le Parlement européen donne un grand coup de pouce à la "novel food. Par Jean-Jacques Regibier

C’est peut-être un télescopage dû aux hasards de l’actualité. N’empêche. Au moment où l’OMS, confirmant les craintes de l’Institut national du Cancer, affirme que la charcuterie est cancérogène, le Parlement européen donne un grand coup de pouce à la "novel food" en adoptant une procédure simplifiée qui permettra d’autoriser plus rapidement ( 7 mois ) et plus facilement la vente de nouveaux aliments sur le marché européen. Lesquels ?

Il s’agit essentiellement d’aliments avec une structure moléculaire modifiée - renfermant par exemple des nanoparticules -, les micro-organismes, les champignons, les algues, les aliments obtenus à partir de cultures cellulaires ou tissulaires, et les insectes… En bref, des aliments qui sortent plutôt des usines de l’industrie agroalimentaires que des fermes ou des élevages.

Comme l’a fait remarquer la députée néerlandaise Anja Hazekamp ( Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique ) lors du débat au Parlement européen ce mercredi matin, "ces nouvelles règles sont surtout faites pour permettre aux grands groupes agroalimentaires de développer de nouvelles activités et d’augmenter leurs profits". La Commission européenne a fait valoir qu’il fallait encourager la production de nouveaux aliments, un secteur industriel en plein développement, et que l’ancienne réglementation d’autorisation de leur vente qui date de 1997, était devenue obsolète. Quid de la santé des consommateurs et du sacro-saint principe de précaution pourtant régulièrement brandi par l’Europe ?

"Tout le monde devrait savoir, répond José Bové ( Les Verts / Alliance libre européenne ) que plus de 80 produits déjà en vente sur le marché européen, contiennent des nanoparticules, sans que le consommateur le sache. Or les nanoparticules ont déjà été retirées du marché aux Etats-Unis parce qu’elles présentent un risque pour la santé, notamment parce qu’elles ont la propriété de traverser la paroi des cellules." Le député Vert réclame lui aussi l’interdiction de la commercialisation des nanoparticules en Europe.

Si le Parlement n’a pas obtenu la possibilité d’exercer son droit de veto chaque fois qu’un nouvel aliment sera autorisé à la vente, la Commission européenne promet qu’aucune autorisation ne sera donnée sans que les études scientifiques aient prouvé que l’aliment en question ne présentait aucun danger pour la santé des consommateurs.

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