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Un leurre si fugitif

Publié le par Daniel Sario

Par Patrick Apel-Muller

Les baisses d’impôts sur le revenu promises aux salariés sont bien inférieures aux cadeaux une nouvelle fois destinés au patronat et aux grandes fortunes, tandis que l’addition sera présentée aux services publics, ce patrimoine de ceux qui n’en ont pas, cette richesse qui revient à ceux qui en ont le plus besoin. Les grandes masses du budget 2016 dévoilées hier attestent que, jusqu’au terme de son quinquennat – le budget 2017 ne sera exécuté que pour quelques mois par l’actuel président –, François Hollande infligera l’austérité au pays. Même la protection sociale sera affectée et le budget de la Sécurité sociale rogné. L’injustice fiscale et sociale se conjuguent ainsi pour étouffer la croissance et alimenter le chômage.

Même les protestations très affectées d’attachement au dialogue social ne sont plus de mise puisque, malgré l’opposition de syndicats représentant la majorité des fonctionnaires, Manuel Valls impose le texte gouvernemental sur leurs carrières et leurs rémunérations, bloquées depuis cinq ans. Tout cela a le goût du Macron, même si des colorants de synthèse en masquent la couleur. La droite en est prise de vertige, réduite à une perpétuelle surenchère de libéralisme et avouant qu’elle ferait volontiers cause commune avec le sémillant banquier qui, au ministère de l’Économie, est chargé des plaisirs du Medef. Mais le tandem dirigeant qui, certes, préférerait qu’on dise tout bas ce qu’on désire si fort, s’attache lui-même à détruire le Code du travail, à réduire le rayon d’action des syndicats, à miner pièce après pièce les garanties sociales des salariés.

Et Jean-Christophe Cambadélis semble s’étonner que son référendum destiné à aligner toute la gauche derrière ce sinistre plan de marche ne fasse pas recette ! Heureusement ! Sans quoi, les progressistes verraient leur horizon bouché pour longtemps.

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