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Attentats de Paris : le point sur l'enquête

Publié le par Daniel Sario

Attentats de Paris : le point sur l'enquête

L'enquête sur les attentats de Paris qui ont fait 129 victimes et près de 400 blessés a permis d'identifier cinq des huits kamikazes ainsi qu'un rescapé activement recherché. Des opérations de police de grande ampleur sont menées en France, mais aussi en Belgique où l'attaque aurait été organisée.

Les frères Abdeslam. Ce nom premier nom occupe beaucoup les forces de l'ordre à Paris comme à Bruxelles ce lundi. Brahim Abdeslam est l'un des trois frères résidant en Belgique qui intéressent les enquêteurs. Agé 31 ans, ce Français résidant en Belgique, s'est fait exploser dans un restaurant du boulevard Voltaire. Mohamed Abdeslam, d'abord placé en garde à vue, a été relâché. Salah Abdeslam, 26 ans, est visé par un mandat d'arrêt international mais n'a pas encore été arrêté malgré une importante opération de police lundi à Molenbeek. Selon une source judiciaire, cet homme est le titulaire du contrat de location de la voiture dans laquelle les assaillants de la salle de concert du Bataclan sont arrivés sur place. Ce Français né à Bruxelles, présenté comme "dangereux" est décrit par les médias belges comme "l'ennemi public numéro un". Il reste pour l'heure introuvable malgré l'important dispositif policier déployé. L'enquête se concentre sur cette commune bruxelloise, où ont séjourné plusieurs suspects des attentats de Paris et qui est considérée comme une plaque tournante des djihadistes en Europe. Deux suspects ont été inculpés par la justice belge pour "attentat terroriste", mais on ne connaît pas leur identité. Des sources contradictoires en Belgique pensent que Salah Abdeslam pourrait être interpellé.

Abdelhamid Abaaoud, est un autre nom de plus en plus au coeur de l'enquête. Ce Belge de 28 ans, déjà considéré comme le cerveau des attaques déjouées en janvier à Verviers en Belgique et qui serait le commanditaire de la tragédie de vendredi. Soupçonné d'être un membre très actif du groupe « Etat islamique » et résidant en Syrie depuis 2013, Abaaoud a aussi séjourné à Molenbeek et était en contact avec au moins un des frères : Salah Abdeslam, dont il serait proche. Les deux hommes ont été incarcérés ensemble en 2010 en Belgique pour des affaires de braquage. Le nom d'Abaaoud est revenu aux oreilles de l'antiterrorisme français en août dernier. Un djihadiste français, Reda Hame, est interpellé à son retour de Syrie. Il a alors expliqué s’être entraîné pendant six jours dans un camp de Raqqa. Abaaoud lui aurait demandé, en lui fournissant outils et argent, de frapper la France, de choisir une cible « facile », telle une « salle de concert », pour « faire un maximum de victimes ».

Au stade de France. Outre Brahim Abdeslam, plusieurs autres kamikazes ont été identifiés. Bilal Hadfi, un Français de 20 ans résidant également en Belgique, s'est fait exploser près du stade de France. Un passeport syrien au nom d'Ahmad Al Mohammad, 25 ans, né en Syrie, a été retrouvé près du corps d'un autre kamikaze. Cet assaillant avait été contrôlé pas les autorités grecques début octobre, selon ses empreintes digitales. Sa trace avait été perdue en Croatie. Les enquêteurs ne savent toujours pas pourquoi cette attaque été déclenchée alors que les abords du stade étaient quasi déserts et pas après la rencontre, quand la foule sortait, ce qui aurait pu faire un carnage.

Au Bataclan. Dans la deuxième équipe, celle de la salle de concerts, trois assaillants sont morts au terme de l'assaut policier. Parmi eux, Samy Amimour, 28 ans, originaire de banlieue parisienne. L'homme était déjà mis en examen dans un dossier terroriste, après un projet de départ vers le Yémen. Parti en Syrie il y a deux ans, il était visé par un mandat d'arrêt international. Un autre membre du commando du Bataclan, un Français de 29 ans, Omar Ismaïl Mostefaï, a été également identifié. Dans la nuit de dimanche à lundi, des dizaines de perquisitions ont eu lieu dans 19 départements, notamment à Bobigny (Seine-Saint-Denis) où les enquêteurs se demandent si une partie du commando n'a pas transité.

La Syrie omniprésente. Samy Amimour avait séjourné en Syrie. Omar Mostefaï, fiché pour radicalisation en 2010, y a très vraisemblablement séjourné entre 2013 et 2014. Le même soupçon pèse sur Bilal Hadfi, kamikaze du stade de France. Quant à Abdelhamid Abaaoud, qui serait actuellement en Syrie, le fait qu'il soit le cerveau de l'opération est jugé sérieuse par les enquêteurs.

Déjà des dysfonctionnements sont à déplorer. Selon une source proche de l'enquête, Salah Abdeslam et Bilal Hadfi étaient dans les fichiers des Belges. Pourquoi n'ont-ils pas communiqué cette information à leurs voisins français? Des questions se posent aussi, désormais, sur le retour de Syrie d'Amimour. Comment cet homme ciblé par un mandat d'arrêt international a-t-il pu rentrer de Syrie sans être repéré ? L’état islamique a récemment appelé ses militants en Europe à frapper des pays voisins du leur, où ils sont moins susceptibles d'être repérés, la preuve. Les services antiterroristes européens doivent mieux communiquer et s'entraider.

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