Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les Kurdes lancent la bataille de Sinjar

Publié le par Daniel Sario

Les Kurdes lancent la bataille de Sinjar

Cette ville, théâtre de massacres des Yézidis en août 2014, est située sur une voie d’approvisionnement stratégique pour les djihadistes. Bagdad va lancer une offensive sur Ramadi. Par Hassane Zerrouky

Reprendre la ville de Sinjar sous contrôle de « l’État islamique » (« EI »), et couper la route, véritable voie d’approvisionnement stratégique, reliant Mossoul où se concentre le pouvoir djihadiste en Irak et Raqqa, le fief de « l’EI » en Syrie, tel est l’objectif de l’offensive lancée par les forces kurdes irakiennes de la région autonome du Kurdistan irakien. Quelque 7 500 combattants, soutenus par des raids aériens menés par les forces américaines et leurs alliés, se sont ainsi lancés à l’assaut de cette ville sous contrôle depuis août 2014 des djihadistes de «l’EI».

En août 2014, les forces kurdes irakiennes avaient été mises en déroute par les djihadistes de « l’EI », dont l’offensive en direction du pays kurde et d’Erbil avait été stoppée in extremis par l’intervention aérienne américaine. Les habitants de la région, principalement les Yézidis, pris au piège, et dont beaucoup ont été massacrés et leurs femmes réduites à l’état d’esclaves, n’ont dû leur salut qu’aux forces du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan turc), en froid d’ailleurs avec son cousin du PDK (Parti démocratique du Kurdistan irakien de Massoud Barzani, qui entretient de bons rapports avec Recep Tayyip Erdogan). D’où un certain ressentiment des Yézidis envers le PDK irakien. C’est grâce à un corridor ouvert par les unités du PKK turc que plusieurs milliers de Yézidis ont trouvé refuge sur les hauteurs du mont Sinjar, qui surplombe la région. Et c’est avec l’aide du PKK qu’ont été mises en place les unités de résistance du Sinjar, unités combattantes yézidies.

Concernant le déroulement de l’offensive « Free Sinjar », lancée hier matin, le général Ezzedine Saadoun a déclaré que « l’attaque a commencé à sept heures du matin et les combattants peshmergas ont avancé sur plusieurs axes pour libérer le centre du district de Sinjar » défendu, selon des sources américaines, par quelque 600 djihadistes. Et selon le conseil de sécurité de la région autonome du Kurdistan irakien, le but est d’« établir une zone tampon pour protéger la ville et ses habitants », ajoutant que « les avions de la coalition fourniront un soutien aérien étroit aux forces peshmergas dans cette opération ». « Les forces kurdes ont déjà réussi à reprendre de nombreux villages au nord de Sinjar », a affirmé pour sa part le général Hashem Seetayi, des peshmergas irakiens. « En prenant Sinjar, nous serons en mesure de couper cette ligne de communication, ce qui, nous croyons, affectera la capacité (de “l’EI”) à se réapprovisionner », a estimé le colonel américain Steve Warren, porte-parole de la coalition. Et cela représentera « une première étape cruciale dans l’éventuelle libération de Mossoul », a-t-il ajouté.

Pour sa part, l’armée irakienne est sur le point de lancer une offensive pour reprendre la ville de Ramadi, tombée aux mains de « l’EI » l’été dernier, presque au même moment que la ville syrienne de Palmyre. Après avoir pris une importante base militaire située à l’ouest de Ramadi et bouclé la ville, les forces irakiennes ont quasiment coupé les voies d’approvisionnement au sud et à l’ouest, pour empêcher « l’EI » d’envoyer des renforts défendre la ville. La semaine s’annonce donc cruciale pour les djihadistes de « l’EI », pris en étau par les forces kurdes, et menacés aussi par l’offensive que s’apprête à lancer l’armée irakienne sur Ramadi. Et ce, dans un contexte où « l’EI » est déjà confronté aux frappes russes et à une reprise des attaques de l’armée syrienne dans la région de Raqqa et de Palmyre, mais aussi à celles des YPG dans la région de Hassaké, frontière syro-turque.

Commenter cet article