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Comment se présente le second tour des régionales?

Publié le par Daniel Sario

 Comment se présente le second tour des régionales?

Deux jours après le premier tour des élections régionales, largement dominé par le Front national, les candidats en mesure de se présenter au second tour terminent leurs négociations. Ils doivent déposer les listes au plus tard mardi 8 décembre à 18 heures. Le point, mardi matin, sur la situation (1).

Arrivés en tête dans quatre régions (Normandie, Pays de la Loire, Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes) au premier tour, Les Républicains ont décidé, à l’issue de leur bureau politique qui s’est tenu lundi matin, de ne se retirer dans aucune région. Le président du parti, Nicolas Sarkozy, avait refusé dès dimanche soir tout retrait ou fusion de listes avec les socialistes pour le second tour. Une position contestée par ses alliés centristes, mais aussi par des figures de son propre parti, dont Nathalie Kosciusko-Morizet et l'ancien premier ministre de Jacques Chirac, Jean-Pierre Raffarin. Celui-ci a notamment appelé au retrait des listes de droite qui sont arrivées en troisième position lors du premier tour. C’est le cas dans deux régions : le Languedoc-Roussillon / Midi-Pyrénées et en Corse.

La stratégie du Parti socialiste, depuis dimanche soir, est de se retirer quand le total des voix de gauche, tous partis confondus, et en cas de report des voix en sa faveur, ne permettrait pas de battre le Front national lors d’un éventuel second tour. Le premier ministre socialiste Manuel Valls a appelé, lundi 7 décembre au journal télévisé de TF1, à voter pour les listes de droite face au Front national (FN) dans trois régions :

Dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, les partis de gauche totalisent 30,02 %, loin des 40,64 % obtenus par la liste conduite par Marine Le Pen au premier tour. La liste de gauche conduite par Pierre de Saintignon a été retirée, au profit de celle menée par Xavier Bertrand, devancée de quinze points par le Front national au premier tour.

Même scénario en Provence-Alpes-Côte d’Azur, où la décision a été prise de retirer la liste d’union de la gauche, conduite par Christophe Castaner. Les partis de gauche totalisent 29,3 % des voix, à plus de 10 points du FN représenté par Marion Maréchal-Le Pen (40,55 %). La liste menée par Christian Estrosi (LR) obtient 26,48 % des voix.

En Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, le premier secrétaire du PS et Manuel Valls ont souhaité que la liste socialiste, arrivée en troisième position, se retire. Mais la tête de liste, Jean-Pierre Masseret, a refusé d’obtempérer. Il y aura donc une triangulaire, mais en se maintenant, M. Masseret perd l’étiquette socialiste.

Les régions où la gauche a fusionné

■ En Ile-de-France, les têtes de liste socialistes, Claude Bartolone, écologiste, Emmanuelle Cosse, et du Front de gauche, Pierre Laurent (PCF), ont annoncé dès lundi à 17 heures, avoir trouvé « un accord en vue de la fusion de nos trois listes ». Le président de l’Assemblée nationale mènera donc la liste unique de gauche en vue du second tour des régionales, dimanche, face à la candidate de droite, Valérie Pécresse (arrivée en tête au premier tour avec 30,51 % des voix), et à celui du Front national, Wallerand de Saint-Just (18,41 %).

Dans les Pays de la Loire, les candidats du Parti socialiste (PS) et d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont annoncé, lundi dans la soirée, la fusion de leurs listes pour le second tour des régionales, malgré les profondes divergences sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Ils affronteront dans une triangulaire la liste de la droite et du centre menée par Bruno Retailleau (33,49 % des voix au premier tour) et le FN mené par Pascal Gannat (21,35 %). Le PS et ses alliés avait obtenu 25,75 % des suffrages au premier tour, et EELV 7,82 %.

■ En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Carole Delga (PS-PRG) et Gérard Onesta (EELV-PCF-FdG) ont trouvé un accord pour fusionner leurs listes en vue du second tour. Carole Delga est arrivée deuxième avec 24,4 % des voix au premier tour de l’élection. La liste EELV et du Front de gauche a obtenu 10,26 % et celle du dissident socialiste Philippe Saurel 5 %, contre 31,83 % pour le FN et 18,84 % pour la droite. Le candidat des Républicains, Dominique Reynié, arrivé en troisième position dimanche, avec 18,84 % des voix a décidé de se maintenir.

Les régions où la gauche peut gagner

■ En Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, la liste du président socialiste sortant, Alain Rousset, arrive en tête et le total des voix de gauche atteint près de 44 %, contre 30,54 % pour la droite en comptant les votes Debout la France, et 23,23 % pour le Front national.

■ En Centre-Val de Loire, le PS est arrivé troisième avec 24,31 % des voix, mais le total des voix de gauche est de 37,2 %, alors que le FN a obtenu 30,49 % des suffrages au premier tour. La liste de droite conduite par Philippe Vigier totalise, elle, 26,25 % des suffrages exprimés.

■ En Bretagne, En Bretagne, la liste de Jean-Yves Le Drian (PS) est arrivée largement en tête du premier tous avec près de 35 % des voix. Il fera face au second tour à Marc Le Fur (Les Républicains) qui a obtenu 23,46 % des voix, et Gilles Pennelle (FN ; 18,17 %). Il n’y aura en revanche pas de fusion entre les listes de M. Le Drian et de René Louail (EELV ; 6,7 %).

■ En Auvergne-Rhône-Alpes, même si la liste conduite par le candidat de gauche Jean-Jack Queyranne est arrivée en troisième position (23,93 %) au premier tour, derrière Les Républicains (31,73 %) et le FN (25,52 %), une alliance avec EELV et le PCF, dont les listes représentent au total 12,3 % des voix, permettrait au PS de devancer le Front national.

■ Même contexte en Normandie, où le PS arrive en troisième position (23,52 %) derrière la liste conduite par l’ancien ministre de la défense Hervé Morin (Union de la droite, 27,91 %) et celle menée par le frontiste Nicolas Bay (27,71 %). Le président sortant (PS) de la Haute-Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol peut compter sur les ralliements du PCF-Front de gauche et d’EELV qui, ensemble, pèsent un peu plus de 13 %.

Là où l’issue du scrutin est plus incertaine

■ En Bourgogne-Franche-Comté, tout dépendra du report des voix Debout la France. Les voix de la gauche, seules, ne pourront pas battre un FN renforcé par les voix des partisans de Nicolas Dupont-Aignan. Ce dernier a refusé lundi toute fusion et ne donne aucune consigne de vote pour le second tour.

■ En Corse, la liste divers gauche de Paul Giacobbi est arrivée en tête (18,42 %), mais les rivalités à gauche ne lui garantissent pas des reports suffisants. La droite est tout aussi divisée. La question est de savoir si les régionalistes et les indépendantistes vont être en mesure d’unir leurs forces pour s’emparer de l’exécutif.

Notes :

(1) Toutes les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés ont la possibilité de se présenter au second tour. Elles peuvent cependant se retirer pour « faire barrage » au Front national ou fusionner avec d’autres listes ayant obtenu au moins 5 % des voix.

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