Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Espagne : les 16 mesures d'Izquierda Unida " pour appuyer un gouvernement progressiste"

Publié le par Daniel Sario

Cayo Lara et Alberto Garzón. Imagen de archivo. EFE
Cayo Lara et Alberto Garzón. Imagen de archivo. EFE

Izquierda Unida est disposé à appuyer l'investiture d'un gouvernement de coalition et même à faire partie d'un exécutif de coalition comme le propose Pablo Iglesias. Dans les deux cas, la formation que dirige Cayo Lara met en avant un accord programmatique tel que l'a exprimé son député Alberto Garzòn en de multiples occasions. La Présidence fédérale de IU a approuvé ce jeudi 16 mesures qu'elle met sur la table des négociations, à savoir notamment : annuler les réformes du Parti Populaire sur le travail, la modification de l'article 135 de la Constitution, l'augmentation de 20% du salaire minimum, dès cette année, et la création d'une banque publique.

L'organe de direction de Izquierda unida a approuvé cette décision à l'unanimité selon une note information présentée par le coordinateur fédéral, Cayo Lara. Sur celle-ci, il rappelle son refus d'une quelconque option qui passe par le Parti Populaire mais établit le cadre programmatique que IU mettra sur la table d'une future négociation pour une investiture. Sans citer personne, le document approuvé ouvre la porte au vote des deux députés de l'IU-UP en faveur de Pedro Sánchez, bien que les conditions d'aboutissement qu'il impose ne sont pas facilement assimilables par le PSOE, vu qu'ils induisent en grande partie une mise en cause du second gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero et de l'activité de Sánchez.comme député.

Ainsi, Izquierda Unida veut abolir les réformes du travail, aussi bien les deux du PP que celle que promu le PSOE. En plus, IU exige une "importante modification de l'article 135 de la Constitution" qui fut approuvée à l'été 2011 après un pacte entre le PSOE et le PP et qui introduisit dans le texte constitutionnel le contrôle du déficit du pays, après les pressions d'Angela Merkel et des institutions européennes. Pedro Sánchez vota en faveur de cette réforme, bien qu'il se dise aujourd'hui disposé à s'amender de cette "erreur". Izquierda Unida défend également le retour de la retraite à 65 ans avec 35 ans de cotisation. Un autre retour sur une décision d'un gouvernement du PSOE qui, à l'époque, compta un large appui tant au Parlement que parmi les partenaires sociaux. Les syndicats soutinrent en effet, majoritairement, cette mesure.

Une autre des mesures qui peut entraîner des frictions lors de la négociation, est la création d'une banque publique, une revendication historique de Izquierda Unida. En plus, IU souhaite qu'en 2016, le salaire minimum interprofessionnel (SMI) augmente "au moins de 20%" jusqu'à 786 euros, que soit approuvé un Plan d'urgence sociale et de l'emploi et supprimé la LOMCE (Réforme éducative renforçant l'élitisme) ainsi que la "loi mordaza" (loi du baillon). IU exige en outre l'abrogation de l'article 315.3 du Code pénal qui punit de trois ans de prison les "meneurs" de grève, et propose enfin la mise en oeuvre d'un plan drastique contre la violence sexiste et la suppression des lois discriminatoires

En plus, Cayo Lara, au nom d'IU, réclame la création d'une commission de négociation dans le cas d'une participation de Izquierda Unida à de futures négociations avec les autres forces politiques pour la formation d'un gouvernement, selon l'option soumise vendredi dernier par Iglesias. Le processus devra finalement être approuvé par "l'ensemble de l'organisation".

Commenter cet article