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Espagne : Rajoy joue à qui perd gagne

Publié le par Daniel Sario

El rey recibe a Rajoy en la Zarzuela - Foto EFE
El rey recibe a Rajoy en la Zarzuela - Foto EFE
Arturo Mas, le président de la Catalogne a décidé de transmettre le pouvoir régional au maire de Gérone Carles Puigdemont (1) pour éviter le "chaos" qu'auraient pu provoquer de nouvelles élections ce qui relance le processus d'indépendance. Mariano Rajoy, le président "en fonction" du gouvernement espagnol et leader du Parti populaire (droite), qui se voyait en échec avec le projet de "Pacte progressiste" du socialiste Pedro Sanchez pense désormais posséder une nouvelle chance d'obtenir un accord de gouvernement avec Ciudadanos et le PSOE.

Le palais de la Moncloa, siège du président du gouvernement espagnol, a accueilli l'imprévue résolution de la crise catalane comme un encouragement à l'ambition de Mariano Rajoy d'obtenir une nouvelle investiture. Le renoncement d'Arturo Mas va se traduire d'une façon inminente par une relance de l'agenda secessionniste d'une partie du nouveau gouvernement catalan, avec l'unique objectif de promulguer une déclaration unilatérale d'indépendance comme cela a été annoncé ces dernières heures.

La dérive catalane survient en plein milieu du calendrier post-électoral espagnol, à tel point que, des proches du gouvernement, au lieu de manifester leur préoccupation face à cette situation, ne dissimulent pas les effets positifs que cette évolution pourrait apporter au dessein de Mariano Rajoy de reconduire sa présidence.

La radicalité s'installe en Catalogne, phénomène qui se voyait déjà après les élections du 27 septembre 2015 quand le nouveau "Parlament" adopta une résolution d'indépendance, sitôt cassée par le droit Constitutionnel espagnol. A cette époque, la poussée du défi indépendantiste avait entraîné une réaction de fermeté du Gouvernement Rajoy lequel convoqua à la Moncloa les principaux leaders politiques, attitude qui se traduisit immédiatement par sa remontée dans tous les sondages.

Dans l'entourage de la Moncloa on considère que la situation, bien qu'aggravée, est aujourd'hui identique, mais laisse la porte ouverte à une possibilité pour Rajoy de raffler la mise en manifestant une ferme et intransigeante défense de la Loi et de la Constitution nationale face aux mesures que pourrait prendre le nouveau gouvernement catalan.

Mariano Rajoy gagne des espaces politiques avec cette relance souverainiste en Catalogne tandis que, toujours selon ce qui se dit à la Moncloa, Pedro Sanchez, le leader du PSOE, en perdrait puisqu'il ne pourra maintenant plus compter trouver des soutiens dans les rangs des indépendantistes catalans pour son projet d' "Union progressiste". Dès que les sécessionnistes élèveront la voie, Sanchez devra montrer de quel côté il est : avec les séparatistes ou avec la Constitution. Sa ligne de conduite se trouve ainsi complètement brisée par ce retournement de situation en Catalogne.

A partir de maintenant, Mariano Rajoy se saisira du Front catalan pour insister sur son projet d'obtenir un accord de gouvernement entre les trois forces parlementaires qui défendent la Constitution, l'unité de la Nation, la liberté et l'égalité de tous les Espagnols, sur tous les territoires nationaux. Rajoy va donc reprendre un scénario qui a toujours bien fonctionné et en fera l'axe de son discours d'investiture. Désormais son cheval de bataille devient la Catalogne et non plus la reprise économique. Pas certains que les espagnols acceptent ce dévoiement de leur vote du 20 décembre dernier.

Note :

(1) - Carles Puigdemont, 53 ans, maire de Gérone depuis 2011, appartient à la Convergence démocratique de Catalogne (droite centriste libérale). C'est un indépendantiste pur et dur.

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