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Le Medef veut des contrats de travail "agiles"

Publié le par Daniel Sario

Pierre Gattaz toujours aussi revendicatif
Pierre Gattaz toujours aussi revendicatif
Le Medef et la CGPME proposent au gouvernement la création d'un contrat de travail plus flexible, qui permettrait de faciliter le licenciement des salariés. Les syndicats voient rouge

"Le marché du travail est bloqué en France. On a peur d'embaucher parce qu'on ne sait pas licencier", a lancé Pierre Gattaz, le président du Medef, à l'issue de son entretien avec Manuel Valls et la ministre du Travail, Myriam El Khomri. Dès dimanche, le Medef, a lancé l’offensive pour un contrat de travail "agile", dans lequel les causes de licenciement d'un salarié seraient davantage "clarifiées" en amont, afin de minimiser le "risque" juridique pour les chefs d'entreprise. Le patronat revedique, et lorsqu’on lui rappelle ses engagements du pacte de responsabilité, Pierre Gattaz répond que la création d'un million d'emplois était "un objectif, pas un engagement"... Pour embaucher davantage, il faut une "multimédication": baisse des charges, assouplissement du licenciement et plafonnement des indemnités prud'homales. Rien que ça.

Sur ce dernier point, le patronat semble avoir déjà gagné : le gouvernement veut en effet plafonner les indemnités décidées aux Prud'hommes en cas de licenciement abusif pour éviter les condamnations les plus lourdes. La ministre du travail a confirmé ce mardi matin qu’elle planchait sur un nouveau barème, au grand regret de l’intégralité des syndicats. Cette mesure était déjà prévue par la loi Macron, mais a été censurée par le Conseil constitutionnel car elle créait une distinction illégale en fonction de la taille des entreprises. Pour les autres exigences patronales, le gouvernement a renvoyé aux annonces qui seront faites par le président le 18 janvier, quand il annoncera son « plan d’urgence pour l’emploi », dans lequel il y aura, selon ce que l’on sait déjà, les 500.000 formations supplémentaires pour les chômeurs, la nouvelle prime à l'embauche pour les PME et des mesures en faveur de l'apprentissage.

Agile et fragile. "J'en ai assez des vieilles recettes du patronat", s’est énervé Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT, qu’on n’a pas l’habitude de voir aussi vindicatif. "Il est hors de question de toucher au contrat de travail, de faire peser sur les salariés la responsabilité du chômage. C'est une ligne jaune". "Ça n'est pas en facilitant le licenciement qu'on va créer de l'emploi", a renchéri Philippe Martinez, pour la CGT. Et Selon Jean-Claude Mailly, de FO, le contrat de travail "agile n'est qu'un contrat de travail fragile".

Les syndicats sont combatifs et s’opposent frontalement au patronat. Ils ne tombent pas cependant dans le piège de rester sur le terrain du Medef et avancent leur propositions pour le plan d’urgence sur l’emploi. La CGT a ainsi insisté sur la nécessité de "formation tout au long de la vie" et prôné une "mutualisation" des moyens avec une participation accrue des grandes entreprises. FO a défendu notamment un "soutien à l'investissement public", assurant avoir obtenu sur ce point des "réponses positives". Selon M. Mailly, François Hollande pourrait faire des annonces en ce sens mardi lors du bicentenaire de la Caisse des dépôts et consignations.
Quant à l'aide à l'embauche, la CFDT l'a liée à une révision du Pacte de responsabilité et de ses 40 milliards de baisse de coût du travail pour les entreprises. Le gouvernement a d'ailleurs annoncé une prochaine réunion avec les signataires de ce pacte. "Quand on a engagé 40 milliards (...), il est normal que chacun rende compte de ce qui a été engagé", a souligné le Premier ministre. Ce ne serait pas trop tôt…

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