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Le socialiste Patxi López, élu président du Parlement espagnol

Publié le par Daniel Sario

Le socialiste Patxi López, élu président du Parlement espagnol
  • Le candidat du PSOE a rassemblé les voix de son parti (90) et ceux de Ciudadanos (40) face à Carolina Bescansa la candidate de Podemos et d'Izquierda unida (71)
  • Le Parti populaire (PP-droite) s'est abstenu ce qui annonce la constitution d'une coalition à trois et la réinvestiture de Mariano Rajoy.
  • Podemos dénonce la responsabilité du PSOE dans l'échec d'une aternative à Rajoy

Le socialiste Patxi López a été élu président du Congrès au terme du premier acte parlementaire d'une législature annonçée comme incertaine. Patxi López, surnommé "El lehendakari" (président du gouvernement basque), présidera les débats du Parlement le plus fragmenté de la période démocratique, comme le prouve le fait que le nouveau titulaire de la charge n'appartient pas au parti majoritaire de la Chambre basse, le Parti Populaire (PP-droite). Le Congrès s'est réunie dans un contexte marqué par le renouvellement d'une grande partie des députés, l'irruption de deux nouvelles formations politiques, Podemos et Ciudadanos, mais, surtout, un suspens largement entretenu autour des contours politiques du futur gouvernement.

Patxi López a été élu au second tour, à la majorité simple, avec 130 voix contre 71 à Carolina Bescansa, la députée de Podemos, présentée par le parti de Pablo Iglesia en réaction à l'accord, le premier de la législature, signé entre le PSOE et Ciudadanos (centre droit). Bien entendu cet accord pour être efficace sous-entendait que le Parti Populaire (PP-droite) retire sa candidature et laisse le champ libre à López, ce qui fonctionna comme sur des roulettes. Les 23 autres députés, principalement des indépendantistes galiciens, basques et catalans (17) ont également voté blanc.

L'accord précise que le PSOE aura deux postes à la Mesa (bureau) de l'Assemblée du gouvernement (le président compris), trois pour le Parti Populaire, trois pour Ciudadanos et deux pour Podemos (1). Mais, dans les couloirs de la Chambre, ce pacte va finir par devenir le centre des conversations. Ainsi, le président du gouvernement en fonctions, Mariano Rajoy (PP), le présente comme une sorte d'"essai" ou de "répétition générale" à ce qu'il sollicite pour son investiture en réclamant un consensus qui "dure quatre ans" afin de donner plus "de stabilité, de certidude et de sécurité" aux espagnols, mais aussi aux ... "marchés financiers".

Le leader de Ciudadanos, Albert Rivera (Ciudadanos) se voit avec cet accord comme "la passerelle" entre les "populaires" et le PSOE, tandis que pour Pedro Sanchez (PSOE) cet acccord est "le fruit de sa volonté de négocier" mais "sans qu'il faille établir de relation avec la formation du gouvernement", et en regrettant que Podemos n'ait pas voulu s'y joindre. Quant à Pablo Iglesia "déçu" et "triste", il reproche à Sánchez la signature d'un pacte de "vergüenza" (vergogne): "Si quelqu'un a pris ses distances avec la possibilité de changement c'est bien Pedro Sánchez". Et de dénoncer : "le PSOE fait partie du trio du bunker".

Après la présidence des Cortes, la prochaine étape de la nouvelle législature prévoit le début des consultations du Roi avec les leaders politiques et, dans la foulée, l'ouverture du débat d'investiture du nouveau gouvernement. Mais, ne peut-on pas déjà risquer un billet sur le nom de l'ex-futur résident du Palais de la Moncloa, avec 99,99% des chances de gagner ? Cela dit, et tandis que Patxi López se faisait adouber par la Chambre basse, la haute réélisait le Comte de Badarán, Pío García-Escudero Márquez, à sa présidence. Un belle journée pour la droite.

Notes :

1. Les quatre vice-présidences échoient, dans l'ordre, à Celia Villalobos (PP), Micalea Navarro, (PSOE), Gloria Elizo (Podemos) y Rosa María Romero (PP). Le bureau de l'Assemblée du gouvernement est complété par Alicia Sánchez Camacho (PP), José Ignacio Prendes (Ciudadanos), Patricia Reyes (Ciudadanos) et Marcelo Expósito (En Comú-Podem).

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