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Le programme de gouvernement du PSOE, un savant mélange marqué à gauche mais souvent imprécis

Publié le par Daniel Sario

Pedro Sánchez, le leader du PSOE. Photo EFE
Pedro Sánchez, le leader du PSOE. Photo EFE

Le PSOE a rendu public ce lundi ce qu’il présente comme son programme de Gouvernement et de mandature mais qui synthétise en fait nombre de propositions de Podemos et d'Izquierda Unida. Ce document est complété par un catalogue de 40 mesures qui constituent la feuille de route d’un hypothétique gouvernement présidé par Pedro Sánchez.

Le catalogue des propositions et mesures du PSOE, avancées pour négocier l'investiture de Pedro Sánchez, bien que présenté comme un receuil de son programme électoral, constitue un clair clin d’œil aux autres partenaires éventuels de la gauche puisqu'il reprend les principales revendications de Podemos et de Izquierda Unida en matière de libertés, politiques sociales ou de relance économique.

Ainsi, le PSOE mise, entre autres choses, sur l’approbation du revenu minimum vital (IMV) pour lutter contre la pauvreté dans la jeunesse, un plan d’urgence sociale pour les plus défavorisés, le vote d’une loi pour la mort dans la dignité, le lancement de la Loi de Mémoire Historique, l’allongement de deux à cinq ans du régime d’incompatibilité des fonctions publiques et privés, afin d’éviter le « pantouflage » et les conflits d’intérêts ou, encore, l’adoption d’une complète réforme électorale.

Au chapitre économique, le PSOE maintient son engagement d‘encadrement du déficit (adopté par son ex-premier ministre Zapatero sur l’injonction de Bruxelles et de l’Allemagne) mais se déclare favorable à négocier avec Bruxelles la recherche d’une nouvelle piste pour sa réduction. De la même façon, le PSOE envisage d’abroger la réforme du travail (gouvernement Rajoy) et de chercher un nouveau Statut pour les travailleurs. Il assure aussi de la mise en place d’une réforme fiscale qui en finisse avec les amnisties fiscales. Les deux documents devront maintenant servir de base de discussions et de débats avec les forces politiques qui sont susceptibles de donner leur appui à l’investiture de Sánchez.

Le diable se nichant souvent dans les détails et l'enfer étant souvent pavé des meilleures intentions, on soulignera que la concrétisation de certaines de ces propositions et mesures devraient donner lieu à des débats très vifs. Ce n'est pas pour rien que Carolina Bescansa, la député de Podemos et numéro 2 de ce parti, souligne que ce programme contient "beaucoup d'imprécisions". "Le problème avec le PSOE c'est que ce n'est jamais ce qu'il dit mais ce qu'il fait" , et d'ajouter : " il est facile de signer un accord mais ce qui fait défaut c'est d'accorder les mécanismes nécessaires pour garantir le changement". En attendant l'ouverture des négociations, voici, ci-dessous, les grandes llignes des propositions socialistes qui devraient servir de base aux discussions.

Emploi, transition énergétique et crédit

Sur ce point le PSOE se prononce pour un plan drastique de créations d’emplois afin de réduire le chômage (Il est de 26% de la population active) vers le milieu de la législature (2018). Dans cet objectif, il envisage un retour à des politiques actives de l‘emploi, dirigées prioritairement en direction des jeunes et des chômeurs de longue durée. De la même manière, il annonce une Loi de Changement Climatique et de Transition énergétique, et garantit la fermeture des centrales nucléaires qui ont 40 ans d’existence.

Il propose également de réviser la Loi de la Seconde chance afin de faciliter son accès aux emprunteurs et aux très petites entreprises (Micropymes), et permettre l’annulation des saisies pour insolvabilité. Il appuie en outre la suppression de la « clause de taux d'intérêt révisable sécurisé » à l’origine des drames provoqués par la crise des surprimes.

Charte pour l’éducation et la culture

Comme il le promit durant la campagne électorale, le PSOE se prononce pour la suppression immédiate de la LOMCE et l’ouverture de négociations de nature à déboucher sur un grand pacte éducatif. Parmi les autres propositions dans ce domaine, il s’agit de reconnaître les bourses scolaires comme un droit, de refonder le Ministère de la Culture en fixant la part du budget culturel à 10% et de promouvoir en outre une nouvelle nomenclature des tarifs publics sur les frais de scolarité qui prennent en compte le niveau des revenus familiaux.

Lutte contre les inégalités

En plus des mesures déjà citée, le PSOE renouvelle son engagement d’augmenter le Salaire minimum interprofessionnel et de restituer les indemnités de licenciement pour les travailleurs de plus de 52 ans, rayés de ce droit par le Parti Populaire. De même, il défend la restauration de l’universalité de la Santé publique, la revitalisation de la Loi de Dépendance et le vote d’une loi d’urgence contre la pauvreté énergétique. Dans ce domaine, le PSOE s’engage sur un grand pacte politique et institutionnel contre la violence faîte aux femmes et l’approbation d’une loi sur l’égalité salariale.

Régénération démocratique

Là aussi il s’agit de restaurer la loi sur l’avortement et le droit des mineurs de 16 et 17 ans sans qu’il soit besoin de l’autorisation paternelle. De même, le PSOE récupère la vieille idée de José Luis Rodríguez Zapatero que personne n’a mené à bien, de produire une loi d’égalité de traitement et de non discrimination et veut également remettre sur la table le projet de loi sur la liberté religieuse et de conscience.

Le PSOE propose également une nouvelle loi concernant les partis politiques par laquelle le financement public serait liée au degré de démocratie interne (primaires, parité, limitation des mandats, etc ), une réforme du règlement du Parlement et une réforme du système électoral. Il demande, en outre, le durcissement du délit de financement illégal des partis politiques, la suppression de l’article du Code pénal sur l’exercice du droit de grève et les peines d’emprisonnement afférente. Logiquement, le PSOE demande la mise en place immédiate d’une commission de travail sur la réforme de la Constitution.

Au-delà de toutes ces mesures, le PSOE explique que c’est le moment d’offrir et d’exiger générosité, volonté de dialogue et écoute, « pour pouvoir donner aux citoyens un nouveau Gouvernement progressiste et réformateur au service de leurs besoins ».

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