Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

"Les huit d'Airbus" : la défense du droit de grève en Espagne, une affaire très politique

Publié le par Daniel Sario

"Les huit d'Airbus" : la défense du droit de grève en Espagne, une affaire très politique

Autour de 2.000 personnes ont répondu à l'invitation de la quasi totalité des organisations syndicales madrilènes. avec l'appui de tous les partis de gauche pour demander l'abrogation de l'article 315.3 du Code Pénal et l'amnistie des huit condamnés.

Par Jairo Vargas | Publico

MADRID.- Environ 2.000 personnes ont manifesté ce jeudi dans le centre de Madrid pour défendre le droit de grève, exiger la suppression de l'article 315.3 du Code Pénal et demander l'amnistie pour près de 300 syndicalistes inculpés par voie pénale et administrative pour avoir participé à des piquets de grève au cours de grèves générales et sectorielles

Le cortège, convoqué par la quasi totalité des syndicats madrilènes depuis les Commissions ouvrières (CCOO) et l'Union Générale du travail (UGT) jusqu'à la CGTou la CSIT, était mené par huit de ces inculpés, connus comme "les Huit d"Airbus", lequels se sont assis ce vendredi matin sur le banc des accusés pour l'ultime session de leur jugement. Le Ministère public requiert plus de huit ans de prison pour chacun de ces syndicalistes sous le coup de délit d'atteinte à l'autorité et blessures, en plus d'un autre pour atteinte à la liberté du travail, lequel est très précisément régulé par l'article du Code Penal dont ils demandent l'abrogation.

Bien qu'elle ne fut pas aussi importante qu'on pouvait l'espérer pour une convocation en faveur de la défense d''un des instruments majeurs de la lutte syndicale, la grève, la marche a pu compter sur l'appui de tous les partis de la gauche. Plusieurs députés socialistes du parlement madrilène défilaient en tête, ainsi que, plus en retrait, les députés de IU-UP, Alberto Garzón y Sol Sánchez, accompagnés par Cayo Lara, le coordinateur d'IU, Une importante délégation de Podemos était également présent.

Un soutien politique que José Alcázar, porte-parole des huit syndicalistes d'Airbus a valorisé. "En marge du nombre des personnes qui est venu, le plus important c'est l'unanimité syndicale à la convocation de cette manifestation et la présence des partis qui nous ont appuyé" a déclaré publiquement José Alcázar. Abondant dans ce sens, Alberto Garzón a placé la suppression de l'article incriminant des centaines de syndicalistes comme une "ligne rouge" pour que sa formation Izquierda Unida soutienne une quelconque investiture au Congrès (Parlement des députés).

Une condition également exprimée par Rafael Mayoral, le député de Podemos, qui fait du PSOE le dépositaire de cette responsabiliré. Les trois partis de la gauche espagnole sont favorables à une initiative parlementaire pour abroger cette loi, mais pour le moment il n'est pas sûr que cela arrive.

Le secrétaire général des Commissions ouvrières, Ignacio Fernández Toxo, osa espérer que "parmi les premières interventions" du nouveau Parlement c'est cette décision, "décision unanime" de supprimer l'article 315.3 du Code Pénal, qui devait être prise et a indiqué que le jugement contre "les Huit de Airbus" qui se termine vendredi supposera "un avant et un après" dans la lutte pour les libertés. La marche s'est terminée à la Puerta del Sol avec la lecture d'un manifeste par l'avocate du travail Cristina Almeid

Dernière minute

Le procureur du Ministère public a décidé d'acquitter deux des huit syndicalistes d'Airbus de toutes les charges qui pesaient sur eux et de réduire les demandes de peine requises contre les six autres. Des allègement très relatifs, puisqu'il ne ramène qu'à deux ans la peine pour délit d'entrave à la liberté du travail (au lieu de trois ans) et même s'il retire l'amende, il requiert contre les six accusés, un an de prison pour agression et six mois pour chacun des délits de coups et blessures.

Ce jugement et la loi qui le permet peuvent-ils servir d'exemple à ceux qui, en France, envisagent de criminaliser l'action syndicale ? Force est de constater qu'avec les affaires Air France et Good Years, le gouvernement de Manuel Valls est sur le chemin de l'Espagne.

Commenter cet article